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Des juifs tunisiens spoliés et poussés à l’exil à l’été 1961 (crise de Bizerte)

Au bout de 64 ans, les Juifs chassés des pays arabes trouvent enfin un petit réconfort.
Le ministère israélien des Affaires étrangères va lancer une campagne d’information internationale sur les réfugiés juifs des pays arabes. Le ministère explique que 850.000 juifs des pays arabes ont perdu leurs biens, et à qui il faut rendre une justice historique.

Le ministère souligne que ce dossier n’a quasiment pas été évoqué jusqu’à présent, alors que les réfugiés palestiniens ont pérennisé leur statut de réfugiés. Le vice-ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon estime que la Ligue arabe doit prendre une responsabilité historique dans le rôle central qu’elle a joué dans la naissance des réfugiés palestiniens et juifs.

A la suite du conflit israélo-arabe de 1947, l’Histoire n’aura retenu que le cas des palestiniens ayant fui leurs maisons pour se réfugier à Gaza, en Jordanie ou au Liban. C’est d’ailleurs cet abcès de fixation, volontairement maintenu et non résolu par les pays « frères arabes », qui a occulté l’histoire de plus d’un million de juifs contraints de quitter la patrie qui les avait hébergés pendant plusieurs siècles.

A l’époque de l’indépendance de l’Etat d’Israël, plus de 900.000 Juifs vivaient dans les pays arabes. Près de 650.000 d’entre eux émigrèrent vers Israël à partir de la fin des années quarante (plus de 70% des Juifs originaires des pays arabes). Aujourd’hui, la majorité écrasante des communautés juives en pays arabes n’existent plus.

Dans de nombreux cas, les gouvernements des pays arabes poussèrent leurs populations juives à l’exode dans le cadre de campagnes d’expulsion orchestrées et articulées par les échelons les plus élevés de la classe politique de ces pays arabes. Ces campagnes comportaient des mesures variées, notamment une législation discriminatoire, la confiscation de la citoyenneté, des limites posées à la liberté de mouvements des Juifs au sein et en dehors des pays arabes, des arrestations et mesures d’emprisonnement arbitraires, l’exclusion de certaines professions et des limites importantes dans le cadre du monde des affaires.

Il n’y a pratiquement plus ou peu de juifs dans certains pays ”dits arabes”: tout ce beau peuple chasse de sa terre qui l’a vu naître depuis des millénaires, a trouvé refuge en Israël et ailleurs et il s’est adapté, là où il vit, il s’est intégré mais ne peut oublier ses racines ! Les vestiges qu’il a laissés ont pratiquement disparu, effacés ou presque à jamais par les autorités locales:c’est comme si le juif n’a jamais existé ! Les Juifs des pays arabo-musulmans, n’étaient pas pourtant sur le terrain du conflit armé, ni ne constituaient une puissance menaçant les États arabes où ils résidaient.

Ce problème des réfugiés juifs des pays musulmans a été souvent occulté, tant par les politiques Israéliens que par les réfugiés eux-mêmes. Par ailleurs, il serait intéressant de savoir si le terme de réfugié est valable pour les descendants des 900.000 juifs des pays musulmans expulsés, fils, petit fils, car nous savons bien que ceux qu’on nomment “palestinien” sont très forts à ce jeu là.

Depuis 1948, on a compté plus de 150 résolutions de l’Onu traitant spécifiquement des réfugiés palestiniens, et aucune ne fait référence à la détresse des 900 000 Juifs chassés des pays arabes ! Aucun des pays arabes impliqués n’ont reconnu, ni exprimé un quelconque regret, pour avoir infligé des souffrances et des malheurs à ces Juifs des pays arabes, et, encore moins, ils n’ont manifesté une quelconque responsabilité.

Si le drame de la Shoah des Juifs d’Europe a pris toute considération, celui des Juifs chassés des pays arabes est resté un drame oublié. La question du jour sera l’indemnisation des réfugiés juifs victimes de rackets, de spoliations, de dénaturalisations, d’expulsions, de crimes…

Après des années d’oubli, Israël s’est enfin réveillé pour réclamer justice à tous ces juifs ayant dû fuir les pays arabes et musulmans après l’indépendance du Pays dans le cadre de cette « Nakba juive ». Il temps de corriger cette injustice historique.

Cette question doit être soulevée au même titre que l’intérêt portée jusqu’ici pour la question « des réfugiés palestiniens ». Il faut espérer que les responsabilités des pays de la Ligue arabe , dans le drame de réfugiés juifs, seront engagées comme un préalable à toute solution de paix au Proche Orient. C’est la raison pour laquelle l’argument palestinien du “droit au retour” ne peut être valable.

Ftouh Souhail

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