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L’ex-président tchèque Vaclav Havel, longtemps éloigné de la vie publique à cause de sa maladie, est mort aujourd’hui à l’âge de 75 ans.

Il avait été opéré en mars pour une grave pneumonie, qui avait été suivie de nombreuses complications. Il souffrait aussi d’une bronchite chronique et de problèmes cardiaques.

Connu pour ses opinions anti-communistes, il fut un des artisan de la “Révolution de velours” contre le communisme de 1989 et chef de l’Etat tchécoslovaque puis tchèque de 1989 à 2003.

Icône de la dissidence anti-communiste, symbôle du renouveau de la démocratie en Europe de l’Est, Václav Havel a incarné la “Révolution de Velours” de 1989 qui a mis fin sans violence au régime totalitaire à Prague.

Le président tchèque Vaclav Klaus a rendu un hommage à son prédécesseur Vaclav Havel, un “symbole de l’Etat tchèque moderne”.

“Vaclav Havel est devenu un symbole de l’Etat tchèque moderne”, a souligné M. Klaus, dans une déclaration diffusée en direct par la télévision publique tchèque.

En Slovaquie, la Premier ministre Iveta Radicova a aussi rendu hommage à celui qui fut président de la Tchécoslovaquie avant sa partition en 1993, le qualifiant d'”autorité morale” et de “modèle à suivre”.

Le président du Parlement européen, le Polonais Jerzy Buzek, a salué dimanche la mémoire de l’ex-président tchèque le qualifiant de héros et de véritable homme d’Etat . Il a rendu hommage au « héros de la révolution de velours » et à « l’artisan de la réunification de l’Europe ».

Il “était et restera un héros”. “Il sera pleuré en République Tchèque et en Slovaquie, mais aussi sur tout le continent européen qu’il a contribué à réunifier”, a-t-il ajouté

Le président de l’Etat d’Israel Shimon Pérès a rendu hommage dimanche soir à l’ex-président tchèque Vaclav Havel décédé aujourd’hui. « Il s’agit d’une grande perte pour le monde libre. Vaclav Havel était un grand ami d’Israël », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu a transmis une lettre de condoléance à l’ambassadeur de la République tchèque en Israël, pour la mort de l’ancien président tchèque Vaclav Havel.

“Havel était une voix forte et courageuse contre le totalitarisme et une inspiration pour les dissidents qui luttent pour la paix où que ce soit”, a déclaré M. Netanyahu dans un message de condoléances. Il était aussi “un vrai ami d’Israël”, a-t-il ajouté.

”Havel était une voix courageuse et forte contre le totalitarisme et était une source d’inspiration pour tous les combattants de la liberté de par le monde”, a-t-il écrit dans une lettre transmise à l’ambassadeur tchèque. ”C’était un véritable ami d’Israël qui œuvrait avec d’autre dirigeants internationaux pour défendre Israël contre les tentatives de dé-légitimation du seul État juif. Son courage et sa foi dans la justice nous manqueront”, a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy a adressé hier ses condoléances au président tchèque Vaclav Klaus, après le décès de l’ancien président Vaclav Havel, “européen engagé”. “Homme de culture et écrivain de grand talent, Vaclav Havel incarnait un engagement infatigable en faveur de la démocratie et de la liberté”, écrit le président de la République française dans une lettre à son homologue tchèque.

Vaclav Havel, “âme de la révolution tchèque”, “était un pionnier de la réunification européenne”, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. “Sans lui, le réveil démocratique de l’Europe centrale et orientale n’aurait pas été possible”, a-t-il dit.

L’Europe a une dette profonde vis-à-vis de Vaclav Havel”, qui “a voué sa vie à la cause de la liberté humaine”, a déclaré le Premier ministre britannique David Cameron. “Pendant des années, le communisme a tenté de l’écraser, et d’éteindre sa voix. Mais Havel, le dramaturge et le dissident, ne pouvait être réduit au silence”, a-t-il rappelé.

“Havel a tiré le peuple tchèque de la tyrannie. Il a aidé à instaurer la liberté et la démocratie sur l’ensemble de notre continent”, a souligné M. Cameron.

Pour le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, “Vaclav Havel était l’un des grands Européens de notre époque”, et “sa voix en faveur de la liberté a tracé le chemin vers une Europe unie et libre”. “L’une des voix les plus importantes, les plus fortes et les plus courageuses de l’Europe moderne nous a quittés”, a déploré M. Bildt.

Pour Lech Walesa, chef historique du syndicat Solidarité et ancien président polonais, la voix de Vaclav Havel “manquera énormément à l’Europe”. “Il fut un grand orateur de la lutte pour la liberté, pour la démocratie et pour la libération du joug du communisme”, a-t-il déclaré.

Václav Havel est né le 5 octobre 1936 à Prague.C’est d’abord un acteur, dramaturge, essayiste tchèque. Après son service militaire, il avait travaillé comme éclairagiste au théâtre. C’est la qu’il rencontre Olga, comédienne, qui deviendra son épouse.

Sa parole dissidente prend le dessus. Le grand nom qu’il s’est fait dans les années 1960, grâce à son œuvre dramatique, et à la censure que lui imposent le régime politique, font que, dans les années 1970, Havel entre résolument dans la dissidence, pour rédiger un vibrant plaidoyer politique en faveur des droits de l’Homme.

Après l’invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques en 1968, qui marque la fin du processus de libéralisation du Printemps de Prague, Václav Havel n’a pas abandonné ses convictions, dont il trouvait inspiration dans les écrits de Jan Pato?ka et Martin Heidegge.

Comme de nombreux dissidents tchèques de son époque. Il a été président du Cercle des écrivains indépendants, puis membre actif au sein du club des Sans-parti engagés

Son engagement lui coûte une censure de ses pièces : en 1974, il travaille dans une brasserie. Par la suite, Václav Havel commence à être connu par la communauté internationale comme un représentant de l’opposition intellectuelle tchécoslovaque.

Il a rédigé une lettre ouverte en 1975 au président tchécoslovaque Gustáv Husák, dans laquelle il dénonce la situation critique de la société et la responsabilité du régime politique, connaît un large retentissement. En 1977, il est l’un des co-fondateurs, et l’un des trois porte-paroles de la Charte 77, une organisation de défense des droits de l’homme en Tchécoslovaquie.

Son action le mène en prison à trois reprises, où il passe près de cinq ans, entre 1977 .C’est alors qu’il écrit en 1978 un remarquable essai : « Le Pouvoir des sans-pouvoir », dans lequel il analyse l’essence de l’oppression totalitaire des communistes. Il décrit les mécanismes utilisés par le régime communiste dont le but est, selon lui, de créer une société sans pouvoir, résignée, composée d’individus craintifs et moralement corrompus. Derrière cette analyse, il démontre la force de la résistance morale et de la vie. Son essai a un impact non seulement chez les dissidents tchécoslovaques, mais aussi dans les mouvements d’opposition des autres pays « socialistes ».

En novembre 1989, à cause de ses séjours en prison, Václav Havel est un dissident très connu de l’opinion publique et est spontanément placé par la foule à la tête du mouvement « forum civique », une association unie des mouvements d’opposition et d’initiative démocratique.

Václav Havel est l’un des très rares hommes d’État à avoir accédé au pouvoir sans l’avoir voulu. Après la démission du président Gustáv Husák, Havel est alors élu président intérimaire de la Tchécoslovaquie, par l’Assemblée fédérale. Le nouveau président n’envisageait pas du tout l’accès à ce poste les jours précédant la chute du régime et dût se faire un peu prier. Il finit par accepter cette fonction à titre intérimaire : aussi, son mandat devait expirer 40 jours après les premières élections parlementaires libres qui devaient suivre. Mais comme Havel l’a lui-même rappelé : « l’intérim a duré 13 ans » : les parlementaires élus démocratiquement le reconduisent à la présidence de la république en juillet 1990.

L’une des premières décisions du président Havel au printemps 1990, fut de nommer comme ambassadeur à Moscou, le fils de l’ancien secrétaire général du Parti communiste tchécoslovaque, Rudolf Slánský, pendu en 1952, sur pression de Staline, le dissident Rudolf Slánský fils. La presse de Prague qualifia cette décision de meilleur exemple de l’humour tchèque.

Comme président de la République fédérale tchèque et slovaque, il rencontre très vite tous les chefs des États européens, ainsi que les présidents des États-Unis, de l’URSS et de nombreux autres pays. Il devient vite l’une des figures les plus importantes de l’Europe.

En politique intérieure, Václav Havel a conduit les changements démocratiques dans l’administration du pays et dans la démocratisation de la société. Il est reconnu comme un président non partisan et comme une autorité essentielle sur la scène politique ainsi que dans les relations entre Tchèques et Slovaques. En janvier 1993, Václav Havel est élu premier président de la République tchèque indépendante.

La cérémonie d’adieu à l’ancien président tchèque Vaclav Havel, artisan de la « Révolution de velours » de 1989, aura lieu vendredi à midi à la cathédrale Saint-Guy au Château de Prague, a annoncé lundi le porte-parole de la présidence tchèque, Radim Ochvat.

Que son Âme bénite, repose en paix. Que le sacrifice de cet immense combattant pour la liberté illumine le reste du monde .

God bless the Czech Republic

Ftouh Souhail

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