Les députés israéliens ont retrouvé cette semaine les bancs de la Knesset; la session d’été se prolongera pendant trois mois environ, pour s’achever le 22 juillet prochain. Deux grands dossiers économiques attendent les parlementaires: la loi de finances pour les deux années à venir et la réforme des procédures d’attribution de permis de construire.
En Israel, La Knesset et la Cour suprême n’entretiennent pas d’excellentes relations mais les présidents de ces deux institutions, le député Ruby Rivline et la juge Dorit Beinish, ont tenu malgré tout à se rencontrer mercredi pour inaugurer un nouvel itinéraire de visites tracé pour les écoliers et pour le public israélien de façon générale. Ceux qui le suivront pourront ainsi en savoir un peu plus sur le rôle des systèmes exécutif et législatif d’Israël et sur les liens, parfois complexes, qui unissent ces deux institutions.
Pour cette première tournée, Rivline et Beinish étaient accompagnés de lycéens d’une classe de Première d’une école de Petah Tikva.
Le président de la Knesset a expliqué à son auditoire que grâce à sa présence sur place, il pourrait mieux comprendre la séparation entre les différentes instances du pouvoir. Il a ajouté: « Dans tout régime démocratique, il peut exister des tensions entre les différents services et c’est ce qui permet d’appliquer la démocratie dans toute sa force ».
Pour illustrer ses propos, Rivline a rappelé que deux lois, adoptées récemment par le parlement israélien, avaient finalement été invalidées par la Cour suprême.
La première concernait les arrestations de suspects, impliqués dans des délits d’ordre sécuritaire. La Knesset avait décidé qu’on pouvait prolonger leur détention mais la Haute Cour de Justice a finalement annulé cet amendement.
Autre exemple: le tribunal a refusé il y a quelques semaines à peine une loi permettant la création de prisons privées en Israël.
La juge Beinish a tenu à préciser pour sa part « qu’il ne s’agissait pas de lutte entre les deux instances mais plutôt de tensions tout à fait légitimes et naturelles, existant dans toutes les démocraties ». Elle a souligné que cela s’inscrivait dans le cadre de la répartition des rôles, faisant partie intégrante de tout système démocratique. Toutefois, Rivline et Beinish ont déclaré qu’ils soutenaient les démarches entreprises en vue de normaliser les liens entre la Knesset et la Cour suprême.
Ftouh Souhail, Tunis