| More

Les arabes qui vilipendent Israël ont oublié la semaine derniére de commémorer le massacre de l’armée syrienne contre le soulèvement de Hama (20,000 morts) début 80.

Le massacre de Hama résulte de la répression, par le pouvoir syrien d’Hafez el-Assad, des insurgés de la ville de Hama en février 1982. On estime entre 10 000 et 35 000 le nombre de victimes. Le 2 février 1982, la population de Hama, à majorité sunnite, menée par 150 officiers s’insurge contre le pouvoir en place, suite à l’arrestation d’imams fondamentalistes. Les forces armées syriennes répliquent en assiégeant et bombardant 27 jours durant la ville et pratiquent la politique de la terre brûlée.

La répression a été décrite comme étant « l’acte isolé le plus meurtrier par un gouvernement arabe contre son propre peuple dans le Moyen-Orient moderne » (1).

Les forces de sécurité syriennes sont intervenues vendredi dernier à Hama pour disperser une manifestation en souvenir du massacre de plus de 10.000 personnes il y a trente ans dans cette ville du centre-ouest de la Syrie. Un manifestant a été tué par balles, rapporte l’opposition. Celle-ci avait prévu de manifester dans tout le pays après la grande prière du vendredi avec comme mot d’ordre “Hama, pardonne-nous!”.

Les militants pro-démocratie en Syrie ont appelé à manifester la veille pour marquer le 30e anniversaire du massacre commis par le régime syrien à Hama, un bastion de la contestation à nouveau sévèrement réprimé par le régime du président syrien Bashar al-Assad.

Entre temps le régime de Damas a bombardé ce vendredi des zones résidentielles à Homs, dont Al Khalidiya et Qoussour, faisant au moins 260 morts, des civils, et des centaines de blessés, dont des hommes, des femmes et des enfants», explique le groupe d’opposition dans un communiqué.
Le 30 janvier 100 personnes qui ont été tuées par les forces de sécurité fidèles au régime de Bachar el Assad, selon l’opposition syrienne. La plupart des victimes ont été signalées à Homs ainsi que dans les faubourgs de Damas où se sont déroulés de très violents combats, les partisans d’Assad tirant au canon sur les positions des rebelles

Des milliers de soldats appuyés par des chars encerclent plusieurs villes du nord de la Syrie alors que des milliers de personnes tentent de fuir vers la Turquie, indiquait les agences de presse, citant des témoins. Environ 2.000 nouveaux Syriens fuyant la répression sont arrivés en territoire turc, portant à quelque 8.800 le nombre de Syriens ayant fui en Turquie.

Cet inventaire macabre affiche un total de quelque 6000 morts causées par des conflits depuis onze mois. Pourquoi les milliers de morts syriens, les inconcevables cruautés perpétrées au dans ce pays n’a pas jeté les Zarabes dans les rues. Et maintenant que le printemps arabe se transforme en automne et hiver arabes, il ne me semble pas y avoir une réponse crédible du monde musulman à l’assassinat quotidien des civils de Syrie.

Les égyptins aussi ont vécu une semaine terrible.Des incidents tragiques se sont déroulés à Port-Said dans lesquels au moins 77 personnes ont trouvé la mort. Un incendie s’est déclaré le 1 février dans un stade de football du Caire après l’annulation par l’arbitre d’une rencontre opposant les équipes de Zamalek et d’Ismaili.

Ce bilan fait l’un des matches de football les plus meurtriers de l’histoire. Le nombre de blessés s’élèverait à 250, selon la police, mais à plus de 1.000 selon des témoins locaux. Des coups de feu ont été entendus sur la route menant de Port-Saïd au Caire. Le député Essam al-Erian dans un communiqué publié sur le site internet du Parti de la liberté et de la justice (Frères musulmans), a déclaré que l’Assemblée du peuple allait demander au ministre de l’Intérieur et aux responsables de la sécurité d'”assumer pleinement leurs responsabilités”.

Le Conseil suprême des forces armées égyptiennes a décrété trois jours de deuil suite à la tragédie qui a fait 77 morts et des centaines de blessés dans le stade de Port-Saïd, selon un communiqué officiel. En outre, le Conseil a annoncé avoir mis en place une commission chargée d’enquêter sur les circonstances de la tragédie et d’établir les instigateurs des troubles. La police égyptienne a interpellé 47 personnes soupçonnées d’avoir participé aux heurts ou de les avoir encouragés. Les Frères musulmans accusent les pro-Moubarak d’être à l’origine des incidents.

Ftouh Souhail

(1) Wright, Robin, Dreams and Shadows: the Future of the Middle East, Penguin Press, 2008, p. 243-244

Leave a Reply

*