Les leaders palestiniens doivent se réunir la semaine prochaine afin de discuter de la conduite à adopter après l’échec des négociations.
D’après le journal « Haaretz » qui cite une source proche de l’OLP, ce « Plan B » prévoit de se passer du processus de paix voulu par les États-Unis et de chercher une reconnaissance de l’État palestinien par l’Assemblée Générale des Nations Unies. Toujours selon cette source, cette option est jugée « de plus en plus réaliste » et surtout plus efficace que les négociations avec les Israéliens.
Ce vendredi 3 décembre, les Palestiniens ont annoncé publiquement l’échec de la médiation de Washington.
« L’administration américaine nous a informés qu’Israël n’avait pas accepté un moratoire sur la colonisation », a déclaré un responsable palestinien sous le couvert de l’anonymat. Aucune confirmation n’a été apportée de source diplomatique américaine.
« Nous n’avons pas encore obtenu de réponse américaine définitive au sujet des discussions avec Israël » a néanmoins tempéré le porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, à l’issue d’une rencontre entre M. Abbas et le consul américain à Jérusalem, Daniel Rubinstein.
Mais le négociateur palestinien Saëb Erakat a estimé que « Nous n’avons pas besoin qu’on nous donne une réponse puisque la réponse du gouvernement de Netanyahou a été l’annonce de la construction de 625 logements dans la colonie de Pisgat Zeev, de 130 autres dans la colonie de Gilo et avant cela d’une liaison ferroviaire entre la colonie d’Ariel et Tel-Aviv ».
Le dirigeant palestinien a également attaqué le Premier ministre Binyamin Netanyahou qui, selon lui, « protège les habitants des implantations et donne ainsi des gages aux extrémistes ».
Mahmoud Abbas n’exclut pas de demander prochainement la reconnaissance de l’Onu. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a déploré cette semaine à l’issue de sa rencontre avec le consul américain, Daniel Rubinstein les « mesures unilatérales d’Israël qui continue à construire dans les implantations » et n’a pas exclu de demander d’ici quelques mois la reconnaissance officielle de l’Etat palestinien par l’Onu. Aucune date précise n’aurait été fixée.
Le négociateur palestinien, Saeb Erekat, a déclaré que « la réponse de la communauté internationale à l’annonce des constructions à Jérusalem doit être la reconnaissance d’un État palestinien. » . La décision unilatérale d’Israël est un appel à toutes les nations du monde à reconnaître un État palestinien » a t-il estimé.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a aussi demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies sur la colonisation israélienne dans les territoires occupés, a déclaré son porte-parole Nabil Abou Roudeina.
D’après des sources diplomatiques à l’Onu, le représentant permanent de l’Autorité palestinienne au sein de l’organisation, Riyad Mansour, aurait eu un entretien téléphonique avec l’ambassadeur britannique au Conseil de sécurité. Il lui aurait alors fait part de l’intention de l’AP de convoquer le Conseil « pour un débat urgent sur les implantations ».
Les palestiniens exercent en effet un chantage politique sur Israel. Les représentants palestiniens continuent de clamer que les négociations de paix sont inutiles tant que les constructions se poursuivront en Judée Samarie. Le président palestinien Mahmoud Abbas a même reçu le soutien des instances dirigeantes du Ftah pour suspendre les négociations de paix avec Israël.
Les palestiniens se montrent même arrogants et provocants. Dans une interview au quotidien italien « Corriere della serra », le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Salam Fayyad, a déclaré que le « peuple palestinien fêtera l’avènement de la Palestine en été prochain ». Fayyad a estimé que « l’été 2011 marquera le terme de l’occupation israélienne ».
Dans un autre article qu’il écrit dans le prestigieux magazine américain « Foreign policy », le Premier ministre de l’AP, Salam Fayyad s’est montré plutôt optimiste en estimant que les Palestiniens ont mis fin au « sentiment de désespoir » qui les animait jusqu’à présent.
Le mois dernier, le vice-ministre des Affaires Étrangères Dany Ayalon était l’invité de journalistes israéliens et il a donné son point de vue sur plusieurs points.
Concernant les menaces d’Abou Mazen d’une « déclaration unilatérale d’un Etat palestinien », il a déclaré « qu’il s’agissait d’une menace tout à fait fantaisiste destinée uniquement à accroître encore un peu plus la pression sur Israël ». « Cela prouve que les Palestiniens n’ont aucunement l’intention de mettre fin au conflit avec Israël », a-t-il précisé.
Concernant le gel de la construction, Ayalon a dit : « Il était impératif qu’Israël tienne sa parole en reprenant la construction au terme du délai, car c’est une question de crédibilité aux yeux des citoyens israéliens comme aux yeux du monde entier. Nous sommes favorables au processus de paix, mais pas au prix de nos intérêts nationaux et sécuritaires ».
Ftouh Souhail
