Georges Frêche, né le 9 juillet 1938 à Puylaurens (Tarn) et mort, il y’a une semaine, à Montpellier (Hérault). De retour d’une mission économique de trois semaines en Bulgarie, en Crimée et en Chine, Georges Frêche meurt des suites d’une crise cardiaque le 24 octobre 2010, dans son bureau de l’Hôtel de Région, à Montpellier.
Plusieurs fois député de Hérault et maire de Montpellier de 1977 à 2004. Il préside la communauté d’agglomération de Montpellier à partir de 2002 et le conseil régional de Languedoc-Roussillon à partir de 2004, jusqu’à sa mort. La région Languedoc-Rousillon perd un grand président qui avait la confiance de ses électeurs.
Membre du Parti socialiste (PS) en France depuis sa création, Georges Frêche a souvent été en opposition avec les dirigeants du parti.
Il était un bâtisseur et un visionnaire pour sa région et sa ville. Georges Frêche président de la Région Languedoc-Roussillon a pris une décision courageuse en annonçant l’année dernière la venue à Sète de l’entreprise d’état israélienne Agrexco/Carmel.
L’installation dans le port de Sète d’une filiale d’Agrexco, une société israélienne spécialisée dans l’exportation de produits alimentaires est de nature à occasionner la création de 300 emplois dans la région. Depuis des décennies la situation de l’emploi est en effet dramatique dans la région.
En pleine campagne raciste de boycott d’Israël, le conseil régional Languedoc-Roussillon par la voix de Georges Frêche a œuvré pour implanter l’entreprise israélienne Agrexco à Sète ! Le président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche en personne, a lancé cette campagne de marketing pour la promotion de l’entreprise israélienne d’import/export AGREXCO (fruits et légumes et fleurs). Parmi les manifestants contre l’implantation d’Agrexco, on trouvait la maire de Montpellier, la socialiste anti-israéliénne Hélène Mandroux.
Georges Frêche a toujours lutté contre la campagne « antisioniste » de boycott à l’égard d’Israël. Il s’est opposé contre les courants de l’obscurantisme contemporain concrétiser par le Mouvement pro-palestinien qui veut mettre en place un embargo économique, culturel et universitaire sur Israël. Au programme : boycott, désinvestissements et sanctions. Cette « stratégie d’apartheid » trouve racine en amont, en 2001, lors de cette rencontre d’organisations non gouvernementales, bien connue depuis comme le sommet « contre le racisme » de Durban I.
Inaugurant le festival international de danse à Montpellier il a accueilli l’année derniére une troupe israélienne par ces mots « Montpellier est le poste avancé de Tsahal ».
Chaque année G. Frêche participe en Juin au parc de Grammont (Montpellier) à la dite « journée de Jérusalem » où il clame haut et fort « Jérusalem est une et indivisible et la capitale éternelle d’Israël ».
Le 24 juin 2007, lors d’une cérémonie à Montpellier (parc Grammont) organisée par le Centre culturel juif à l’occasion de la « Journée de Jérusalem », Georges Frêche, président du Conseil régional de Languedoc-Roussillon, président de la communauté d’agglomération de Montpellier et membre du conseil municipal de Montpellier, a fait un discours reproduit sur le site Internet Dailymotion, de soutien à Israël.
Voici quelques extraits de ses propos en italique :
« Moi je me souviens être allé à Tibériade lors de la guerre des Six jours (1967) et c’est là que je me suis fais un ami, je vais vous dire qui c’est : Nicolas Sarkozy. Eh oui, car on n’est pas du même bord, mais pour Israël on est du même bord ».
Dans ce même rassemblement, il s’est adressé aux israéliens en les félicitant de la construction de la barrière de sécurité. Cet ouvrage, il le rappeler a permit de limiter la liberté de mouvement des terroristes, et il protège désormais les israéliens des attaques meurtrières du Hamas, qui a pris le contrôle de la Bande de Gaza.
« (…) je voudrais vous dire que nous, pour le mur que vous érigez contre les attentats, à l’époque où tout le monde hurlait, nous avons ici à Montpellier soutenu la faction de ce mur parce que, bien sûr, je savais bien que ça faisait pas un plaisir fou aux Israéliens de faire un mur, mais c’était la seule façon d’éviter des dizaines de victimes innocentes semaine après semaine. Ce mur était justifié, tellement justifié qu’il a fait tomber de façon extraordinaire le nombre des attentats meurtriers en Israël. »
Et encore : « Nous avons toujours soutenu la construction du Mur que vous érigez.Il est tellement justifié… Finissez-le ! Même si dans 5 ou 10 ans vous pouvez faire la paix avec la Cisjordanie d’Abou Mazen »
Mr Frêche est aussi un partisan d’une attaque contre l’Iran qui est le sujet le plus urgent sur le Moyen-Orient.
« Les Iraniens sont de dangereux adversaires, ils sont en train de se doter de la bombe atomique, et c’est pour Israël un danger permanent et constant, auquel votre gouvernement est sensible. C’est une puissance dangereuse, un danger permanent et constant, et je comprendrais toutes mesure préventive éventuelle »
Georges Frêche a toujours eu une sympathie qu’il affiche pour l’Etat d’Israêl :
« Ici à Montpellier nous avons avec la terre d’israël des liens charnels. C’est un petit Etat qui n’a que quelques millions d’habitants au milieu de 200 millions d’Arabes qui ont toutes les terres qu’il faut pour assurer le développement. D’ailleurs, les seuls qui ont laissé les Palestiniens dans les camps, ce sont les Libanais ».
L’hommage sincère qui lui a été rendu par la communauté juive de Montpellier, une des plus ancienne sur le territoire français est aussi émouvant que justifié.
« Avec Georges Frêche, les Juifs de France et Israël ont perdu un véritable ami. Un de ceux qui, dans la vie politique française, ont su résister aux sirènes les incitant à prendre leurs distances avec cet Etat juif. » disait Luc Rosenzweig.
À noter aussi l’hommage du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) : « Georges Frêche était de tous les combats pour la coopération franco-israélienne. […] Très tôt, il avait compris et soutenu l’État d’Israël et sa demande de sécurité, dans le cadre de deux États, israélien et palestinien, vivant en paix côte à côte » (1).
Mr Georges Frêche fut aussi le professeur honoraire d’histoire de droit romain à l’université Montpellier 1, après des enseignements de l’histoire du droit, du droit romain et des idées politiques à l’UFR Droit et à l’UFR Sciences économiques.
Ses obsèques ont lieu dans la matinée du 27 octobre 2010, à la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier, où près de 5 000 personnes sont venues lui rendre un dernier hommage. Plusieurs dizaines d’élus de Languedoc. Georges Frêche fut inhumé « dans la plus stricte intimité », dans le caveau familial du cimetière de son village natal de Puylaurens, dans le Tarn.
Ftouh Souhail
(1) « Le CRIF aux obsèques de Georges Frêche » site du CRIF, 27 octobre 2010


