Soixante deux ans après l’indépendance d’Israël, des juifs font encore l’objet de discriminations et ils se trouvent sur le chemin de l’exil. En avril 2010 La Grande Bretagne a accepté de recevoir 30 familles yéménites juives comme « réfugiés politiques », ayant des parents anglais, ce qui est exceptionnel. En juillet dernier, ce sont au total 60 Juifs yéménites qui ont été réinstallés aux Etats-Unis.
Les quelques centaines de Juifs qui restent au Yémen sont aujourd’hui harassés et menacés par les jihadistes d’al Qaeda. La violence envers la petite communauté juive a commencé l’an dernier et s’est intensifié, quand l’un de ses membres des plus éminents, a été abattu devant sa maison. Un maître d’école juif a été assassiné en décembre 2009 .La plupart des Juifs se sont réfugiés dans la capitale Sanaa ou dans les grandes villes. L’hostilité de la population locale contre les Juifs aurait considérablement augmenté suite à l’opération antiterroriste menée par Tsahal dans la bande de Gaza.
Au mois de juillet 2009 David Pétraeus a été envoyé au Yémen pour rencontrer et encourager le président Ali Abdullah Saleh afin qu’il soit plus attentif et répressif concernant les agissements d’Al-Qaïda dans son pays.
En Octobre 2009 Barack Obama a écrit une lettre au président Saleh du Yémen, dans laquelle il lui indique que la sécurité est vitale pour la région et les Etats-Unis.
Le département d’Etat américain a déjà pris le « risque » de se faire accuser de « favoritisme » à l’égard de ces Juifs du Yémen. En ayant décidé une opération de sauvetage, il y’a quelques mois, les USA ont cherché à éviter un embarras international pour un allié arabe en difficulté, qui a une communauté sur son sol persécutée en raison de sa religion
Nombre d’autres familles juives, également persécutées, aimeraient bien aussi trouver asile aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne. L’évacuation de ces Juifs yéménites, qui sont considérés par les historiens comme une des plus anciennes communautés de la diaspora juive, est une des préoccupations majeures pour Israël, concernant cette péninsule arabique de 23 millions d’habitants.
Dans la péninsule arabique, l’expulsion des juifs par la violence et l’intimidation est la norme. Dès le début du XX° siècle, l’exclusion avait durement frappé les Juifs yéménites (16 000 émigrèrent de 1919 à 1948). La mise en pratique de la loi islamique prônant l’islamisation forcée des orphelins poussa définitivement les Juifs du Yémen sur les voies de l’exode qui les conduisirent vers Israël.
En février dernier, la Knesset, a validé le projet de loi des « réfugiés juifs » qui ont quitté les pays arabo-musulmans. Selon la nouvelle disposition « Est considéré comme réfugié juif tout citoyen israélien qui a quitté l’un de ces pays entre autres en raison de discrimination et de poursuites ethnico-religieuses. Toute négociation pour la paix au Moyen-Orient devra inclure la demande israélienne de dédommagement pour les réfugiés »
Ftouh Souhail, Tunis