Ce jeudi 15 AVRIL 2010 Le Président israélien Mr Shimon Pérès était en visite à Paris, pour inaugurer en compagnie du maire de la capitale Bertrand Delanoë, une promenade au nom du fondateur de l’Etat juif, David Ben Gourion. Mercredi soir il a assisté à une soirée célébrant les 35 ans de coopération entre les instituts Pasteur et Weizman.

Tout comme L’Institut Pasteur (1), L’Institut Weizmann (situé à Rehovot en Israël) est mondialement renommée. Créé en 1934 par Chaim Weizmann, l’établissement s’appelait initialement « Institut de recherches Daniel Sieff ». Il fut agrandi et renommé « Institut des Sciences Weizmann » le 2 novembre 1949.

L’Institut Pasteur est une fondation privée à but non lucratif dont la mission est de contribuer à la prévention et au traitement des maladies, en priorité infectieuses, par la recherche, l’enseignement, et des actions de santé publique.

L’Institut Weizmann est un institut de recherche qui, par bien des aspects, ressemble à l’Institut Pasteur. C’est en effet sur le modèle de l’Institut Pasteur, où il avait séjourné peu avant la première guerre mondiale, que le chimiste Chaïm Weizmann créa l’institut qui, en 1950, devait prendre son nom.

Situé au cœur d’une orangeraie, à une vingtaine de kilomètres de Tel-Aviv et une cinquantaine de Jérusalem, cet institut est, par sa taille, le nombre de ses chercheurs, son budget, comparable à l’Institut Pasteur.

L’institut Weizmann compte aujourd’hui 2500 étudiants et propose des programmes en mathématiques, informatique, physique, chimie, et biologie, ainsi que de nombreux programmes interdisciplinaires.

Sa structure de financement est, elle aussi, similaire à celle de l’Institut Pasteur. Institut indépendant, il bénéficie d’une aide de l’État, d’un puissant réseau de donateurs, de ressources propres et de revenus industriels. Et comme l’Institut Pasteur, il est impliqué dans des enseignements de haut niveau.

Recherche, santé publique et enseignement : l’Institut Pasteur exerce depuis sa création, en 1888, ces trois grandes missions d’Intérêt public. Tout en restant fidèle à l’esprit humaniste de son fondateur Louis Pasteur, ce centre de recherche biomédicale s’est toujours situé à l’avant garde de la science, et a été la source de plusieurs disciplines majeures : berceau de la microbiologie, il a aussi contribué à poser les bases de l’immunologie et de la biologie moléculaire. Original par son statut de fondation privée, il l’est aussi par son implantation mondiale: Le réseau des Instituts Pasteur, situé sur les 5 continents et fort de 8500 collaborateurs fait de notre institution une structure unique au monde.

Même vocation pour L’institut Weizmann , ses équipes, comme celles de ses partenaires, ont une conviction qu’elles entendent communiquer : la recherche scientifique doit être préservée et encouragée en dépit des circonstances, même les plus dramatiques, parce qu’elle continue de représenter l’avenir de l’humanité. l’Institut Weizmann des Sciences, comme les autres centres de recherche de pointe qui lui sont associés, considère que c’est sa vocation, son devoir et sa mission que de prolonger toujours, et avec persévérance, ses efforts pour le mieux-être de tous les hommes. Aujourd’hui, près de cinquante ans après le décès du docteur Weizmann, l’Institut comprend 17 départements regroupés en cinq Facultés : Mathématiques et sciences informatiques, Physique, Chimie, Biochimie et Biologie, ainsi qu’un département associé à l’Ecole Supérieure de Feinberg.

A la différence de l’Institut Pasteur, ses activités concernent aussi la physique, les mathématiques et l’environnement, même si près des deux tiers de ses laboratoires s’intéressent essentiellement à la biologie, avec en particulier une « force de frappe » importante dans les domaines du cancer, de l’immunologie cellulaire et des neurosciences.

L’Institut Weizmann a acquis une notoriété internationale qui le situe parmi les plus prestigieux centres de recherche au monde. Sélectif, l’Institut Weizmann recrute parmi les meilleurs éléments des formations israéliennes. Ses chercheurs entretiennent des collaborations avec de nombreux laboratoires en dehors d’Israël, en particulier aux Etats-Unis en Allemagne et en France.

L’Institut Weizmann est en effet jumelé avec l’Institut Pasteur en France (Association Pasteur-Weizmann).L’intense collaboration scientifique entre l’Institut Pasteur et l’Institut Weizmann (Rehovot – Israël) s’est construite depuis de 35 ans sous l’impulsion du Conseil Pasteur-Weizmann qui,s’est élargie à l’échelle européenne par une association avec l’Institut Mario Negri pour la Recherche Pharmacologique (Milan) (2).

Le Conseil Pasteur-Weizmann, créé en 1975, a pour objectif de promouvoir une collaboration active entre deux instituts de haut niveau dans le domaine de la recherche en santé publique, en particulier (mais pas exclusivement) sur le cancer. Pour cela, le Conseil Pasteur-Weizmann collecte des fonds auprès du public et les répartit, à parts égales entre l’Institut Pasteur et l’Institut Weizmann. Les fonds collectés par Pasteur-Weizmann permettent de subventionner plusieurs types d’actions.

 » Le Conseil Pasteur-Weizmann est le symbole même d’une concertation au plus haut niveau entre scientifiques pour l’amour de la science et pour le bien de l’homme, au-delà des frontières  » a estime Simone Veil

Grâce à « Pasteur-Weizmann » les collaborations s’étendent désormais sur plusieurs domaines de recherches entre chercheurs français et israéliens. Weizmann s’est donné comme objectif de promouvoir la coopération scientifique entre la France, l’Europe et Israël. Les relations scientifiques entre les savants de l’Institut Weizmann des Sciences et leurs collègues français et européens sont très importantes pour le développement d’une science dont la dimension est devenue telle qu’elle ne peut se concevoir en dehors d’une étroite collaboration internationale. En Europe, Weizmann a implanté des délégations en province, notamment à Marseille, à Montpellier, à Strasbourg, à Lyon, à Bordeaux, Nîmes, à Nice et Grenoble. Dans la Principauté de Monaco, Milan, Rome, Genève, Lausanne, Madrid et Barcelone.

L’Institut Pasteur de Paris possède aussi un vaste réseau international (RIIP) présent dans une dizaine de villes et pays. Aujourd’hui, l’Institut Pasteur compte parmi les meilleurs centres de recherche mondiaux ; il est composé de 100 unités de recherche et de près de 2 700 personnes. On dénombre 500 scientifiques permanents, et 600 de passage chaque année, originaires de 70 pays différents. L’Institut est aussi un réseau mondial de 24 instituts hors de France qui se consacrent aux problèmes médicaux dans les pays en voie de développement ; il comprend aussi un centre d’étude diplômant et une unité de ciblage épidémiologique.

L’Institut Pasteur de Paris héberge 19 centres nationaux de référence (CNR) sur des maladies ou pathogènes particuliers (grippe, rage, Listeria, …) ainsi que 7 centres collaborateurs de l’OMS (CCOMS). En plus de servir de centre épidémiologique, l’Institut a une action de conseil auprès du gouvernement français et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations unies. Les scientifiques de l’Institut aident aussi à surveiller les épidémies et à contrôler les éruptions de maladies infectieuses dans le monde entier. Ces activités ont créé une collaboration rapprochée entre L’Institut et les Centers for Disease Control and Prevention (Centres de contrôle et de prévention des maladies) aux États-Unis.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les chercheurs de Pasteur se sont essentiellement concentrés sur la biologie moléculaire. Leurs réussites ont été reconnues en 1965, lorsque le prix Nobel a été attribué collectivement à François Jacob, Jacques Monod et André Lwoff pour leurs travaux sur la régulation des virus. En 1985, le premier vaccin humain obtenu par génie génétique à partir de cellules animales, le vaccin contre l’hépatite B, a été développé par Pierre Tiollais et ses collaborateurs.

Pendant plus d’un siècle, l’Institut Pasteur a été à la pointe de la lutte contre les maladies infectieuses. Cette organisation internationale de recherche, basée à Paris, a été la première à isoler en 1983 le VIH, virus qui provoque le SIDA. Au fil des années, il a été à l’origine de découvertes révolutionnaires qui ont permis à la médecine de contrôler des maladies virulentes, telles que la diphtérie, le tétanos, la tuberculose, la poliomyélite, la grippe, la fièvre jaune et la peste épidémique, le SIDA.(3)

Depuis sa fondation, l’Institut Pasteur a réuni des scientifiques de nombreuses disciplines différentes pour des études supérieures. Aujourd’hui, approximativement 300 étudiants diplômés et 500 stagiaires postdoctoraux de 40 pays différents participent à des programmes d’études supérieures à l’Institut. Il y a des pharmaciens et des vétérinaires, aussi bien que des médecins, des chimistes et d’autres scientifiques. Depuis 1908, huit scientifiques de l’Institut ont été récompensés par un prix Nobel de médecine ou de physiologie.

Même chose à L’Institut Weizmann ; deux de ses membres ont obtenu le prix Turing (considéré comme l’équivalent du prix Nobel pour les sciences informatiques). Ada Yonath, Prix Nobel de chimie en 2009, y a fondé le premier laboratoire de cristallographie en 1970.

Beaucoup de vaccins sont aujourd’hui conçus à l’Institut Weizman de Rehovot en Israël. Scanners et imagerie par résonance magnétique nucléaire d’IRM sont ici développés. Antibiotiques et autres médicaments font l’objet de recherches pointilleuses. Weizman réunit les meilleurs chercheurs en Israël.

L’Institut Weizmann est un phare de la recherche médicale et en santé publique. L’excellence du niveau de la médecine israélienne, notamment dans certaines disciplines très spécialisées, revient aux efforts déployés dans ce centre.Les 10 priorités dans le domaine de la santé pour les chercheurs de l’Institut Weizmann sont :

o 1- les cancers
o 2- les maladies cardio-vasculaires
o 3- la maladie d’Alzheimer
o 4- La sclérose en plaque
o 5- Les myopathies
o 6- la maladie de Parkinson
o 7- la leucémie
o 8- le glaucome
o 9- le sida
o 10- les infections virales

Pour la recherche sur le cancer, l’Institut Weizmann des Sciences à Rehovot est l’une des plus florissantes au monde. Pour l’élaboration de nouvelles méthodes de diagnostics de la maladie et au développement de nouveaux traitements anti-cancer, les résultats sont particulièrement probants.

Des chercheurs de l’Institut Weizmann ont réussi à neutraliser l’aptitude des cellules cancéreuses du colon à pénétrer dans le flux sanguin et à se propager dans le corps entier. La découverte, publiée dans The Journal of cell biology, éveille l’espoir de pouvoir produire des médicaments qui empêcheraient ou préviendraient le développement des cellules cancéreuses du colon. Le cancer du colon en Occident est le deuxième cancer le plus mortel chez les hommes et le troisième chez les femmes. Les chercheurs de l’Institut Weizmann ont réussi à arrêter in vitro les propriétés métastatiques des cellules du cancer du côlon.

Début Avril 2010, une recherche effectuée à l’Institut Weizmann a donné d’importantes informations sur le développement des cancers. Notamment le cancer de la prostate, très fréquents dans le sexe masculin. Il n’existe actuellement aucun examen d’imagerie susceptible de détecter l’anormalité.

Une équipe de chercheurs de l’institut Weizmann sous la direction du professeur A. Breskin à développé un nouvel outil de diagnostic non-invasif du cancer de la prostate, basé sur une détermination précise de la concentration en zinc et sa concentration dans la prostate. Il est déjà connu que la concentration de zinc dans les tissus cancéreux de la prostate est approximativement cinq fois inférieure à sa concentration physiologique. La détection de la concentration en zinc dans la prostate in vivo a une importance significative pour un diagnostic précoce de ce type de cancer. Cette nouvelle technique améliore la spécificité et la sensibilité des méthodes actuelles de diagnostic, ce qui réduit les risques de faux-positifs et de faux-négatifs et peut être utilisée en complément du dosage sanguin afin de corroborer ou d’infirmer les résultats obtenus. Elle peut également être utilisée pour faciliter la biopsie du tissu cancéreux, dans lesquels la concentration en zinc est faible.

Récemment aussi une équipe de chercheurs de l’Institut Weizmann des Sciences et du Centre Médical Sheba ont identifié un gène causant une tachycardie ventriculaire polymorphique (PVT), une affection cardiaque mortelle. Caractérisée par une pulsation cardiaque irrégulière et rapide, des attaques, et dans certains cas, la mort soudaine ; la PVT frappe tout particulièrement les jeunes enfants. L’équipe a découvert que la maladie est causée par la mutation d’un gène connu sous le nom de Calsequestrin 2 (CASQ2), qui joue un rôle vital dans la contraction et la relaxation du cœur. La mutation altère la capacité de la protéine du CASQ2 à attirer et relâcher les ions calcium

Publié dans l’American Journal of Human Genetics, la recherche a été menée par Hadas Lahat, étudiante en doctorat, sous le contrôle de ses directeurs de thèse, le Prof. Michael Eldar, Directeur de l’Institut du Cœur du Centre Médical Sheba, le Dr Elon Pras de l’Institut Danek Gartner de Génétique Humaine du Centre Médical Sheba, le Dr Avidan, le Dr Tsviya Olender, le Dr Edna Ben-Asher, et le Prof. Doron LANCET du Département de Génétique Moléculaire de l’Institut Weizmann.

En Février 2010, des chercheurs de l’Institut Weizmann ont mis au point (une première mondiale) une nouvelle valve aortique mécanique artificielle pour le traitement de l’insuffisance de la valve aortique. En anatomie, les valves cardiaques séparent les différentes cavités et empêchant le sang de refluer. Des chercheurs de l’Institut Weizmann, diriges par le Pr. Boris Levin, ont mis au point une nouvelle valve artificielle pour le traitement de l’insuffisance de la valve aortique. Cette nouvelle procédure, très peu invasive, implique l’insertion intra-artérielle d’une soupape auxiliaire entre la valve défaillante et le ventricule gauche.

L’Institut Weizman est devenu l’un des instituts scientifiques les plus reconnus au monde pour faire progresser la recherche médicale. Son programme de recherche, qui aujourd’hui comporte plus d’un millier de projets couvrant l’éventail des sciences contemporaines, va de l’étude de l’environnement aux nouveaux remèdes et matériaux, à la génétique et au cancer sous tous ses aspects, à la quête de sources d’énergies de substitution et de particules de matières les plus élémentaires. Plus de 2500 scientifiques, post-doctorants et doctorants y travaillent.

En 2006, l’Institut Weizmann des Sciences avait été classé 2ème université du monde pour la recherche universitaire (Sondage 2006 du magazine The Scientist, catégorie dans le cadre de la troisième édition de son étude annuelle « Best Places to Work in Academia »).

En novembre 2008 le magazine « The Scientist » a encore nommé deux instituts israéliens dans un classement sur les meilleurs endroits pour la science (hors Etats-Unis, qui ont un classement spécifique). C’est ainsi que l’Institut Weizmann de Rehovot et l’Université Hébraïque de Jérusalem arrivent respectivement 1er et 2nd du classement. (4)

En novembre 2009, le célèbre classement de Shanghai (Academic Ratings of World Universities) a aussi sélectionné l’Institut Weizmann dans le top des meilleurs Institutions scientifiques dans le monde.

Israël (moins grand qu’un département français) peut justement s’enorgueillir de posséder l’Institut Weizmann à l’instar de la France avec l’Institut Pasteur. Il est aujourd’hui parmi les fleurons de l’Etat l’hébreu et son aura, où scintillent les perles de cet esprit juif en quête perpétuelle de connaissance et de découvertes, fait rêver les scientifiques et les étudiants au-delà des frontières de la Terre promise.

Ftouh Souhail, Tunis

(1) L’Institut Pasteur a été fondé en 1887 par Louis Pasteur. Son fondateur et premier directeur qui, en 1885, a mis au point le premier vaccin contre la rage. Il a été fondé le 4 juin 1887, grâce à une souscription nationale et inauguré le 14 novembre 1888. Louis Pasteur fut autant impliqué par la recherche fondamentale que par ses applications pratiques. Dès que son institut fut créé, Pasteur y réunit des scientifiques de différentes spécialités. En tant qu’organisation privée à but non lucratif, l’Institut Pasteur est dirigé par un comité indépendant de directeurs, actuellement présidé par François Ailleret. Le directeur général de l’Institut Pasteur est Alice Dautry. Financé par de nombreuses sources, l’Institut assure son autonomie et garantit l’indépendance de ses scientifiques. Les fonds de l’Institut viennent, entre autres, des subventions du gouvernement français, des honoraires de consultation, des droits de licence, des revenus de différents contrats et de dons privés.

(2) Anne Dejean (Institut Pasteur – unité de Recombinaison et Expression génétique), Enrico Garattini (Institut Negri) et Hadassah Degani (Institut Weizmann) vont intégrer les expertises complémentaires de leurs laboratoires dans un programme commun de recherches sur le cancer. Cette collaboration, située au niveau pré-clinique, vise à comprendre les mécanismes moléculaires responsables de l’effet pharmacologique de l’acide rétinoïque, et à développer des analogues de cette molécule qui seront ensuite testés aux niveaux pré-clinique et, éventuellement, clinique.

(3) En plus de l’isolement des virus VIH-1 et VIH-2 dans un passé récent, les chercheurs de l’Institut Pasteur ont développé un test pour la détection précoce du cancer du côlon, un vaccin contre l’hépatite B grâce au génie génétique et un test de diagnostic rapide pour la détection de la bactérie Helicobacter pylori qui est impliquée dans la formation des ulcères de l’estomac. D’autres recherches en cours concernent l’étude du cancer et plus particulièrement la détermination du rôle des oncogènes, l’identification des marqueurs tumoraux pour des tests de diagnostic et le développement de nouveaux traitements. Un domaine d’intérêt particulier est l’étude des virus des papillomes humains (VPH) et leur rôle dans les cancers génitaux. Les chercheurs sont actuellement concentrés sur le développement de différents vaccins contre de nombreuses maladies, incluant le SIDA, la malaria, la dengue et la bactérie du Shigella.

(4) Voir le classement par instituts et Voir le classement par pays

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