Selon Israelvalley.com, le site d’affaires israélien, la Tunisie vient de refuser le visa d’entrée à deux sportifs israéliens. Il s’agit de deux judokas, Arik Zeevi et Alice Shlessinger, qui devaient participer une compétition, dans le cadre des Grands-prix organisés par la Fédération Mondiale de Judo.

Le site précise qu’il s’agit « d’une compétition officielle et, dans ce cas précis, un test grandeur nature en vue du prochain championnat d’Europe ». Le président de la Fédération israélienne, Adi Koaz, a décidé, ajoute le site israélien, d’en appeler au président de la Fédération mondiale, Marius Vizer  » C’est là une décision d’autant plus inadmissible que, non seulement elle porte atteinte à l’esprit de compétition et au calendrier établi par la Fédération mondiale de Judo, mais néantise Israël. »

Cette interdiction d’entrer formulée par la Tunisie aux judokas israéliens coïncide avec les préparations du pèlerinage de la Ghriba (au sud du pays). Il n’y a pas eu de raison que les sportifs israéliens soient victimes de cet ostracisme antisémite, qui ne veut pas dire son nom, alors que des milliers de touristes juifs arriveront au pays dans quelques jours. (Le pèlerinage de la Ghriba 2010, est prévu le 30 avril 1 et 2 mai prochain.)

Quand le sport se mêle de politique c’est devient inadmissible !! Et malheureusement c’est la merveilleuse tolérance des pays arabes qui est ici en question ! On la voit encore à l’oeuvre. Refuser un sportif parce qu’il est juif cela rappelle des choses du passé. C’est du racisme pur et simple.

Le boycott sportif à l’encontre de sportifs juifs, doit être condamner sans réserve. C’est comme si on vous refusait l’entrée dans un pays sous prétexte que vous êtes catholique ou protestant ou bouddhiste.

Cette décision discriminatoire risque aussi de porter atteinte au difficile dialogue judéo-musulman !
Il’ y’a quelques jours seulement on parlait à Tunis du « dialogue interreligieux et la dignité humaine». C’était le thème de la table ronde organisée, 16 avril 2010, à la Bibliothèque nationale de Tunis, par la « Chaire Ben Ali » pour le dialogue des civilisations et des religions, en collaboration avec l’ambassade de Pologne en Tunisie et l’évêché de Tunis. En présence de plusieurs hommes de religion, de lettres et d’intellectuels tunisiens et étrangers, M. M’hamed Hassine Fantar, titulaire de la « Chaire Ben Ali », a mis en exergue l’importance que revêt cette tribune académique qui célébrera cette année son 10e anniversaire, et qui veille à conforter le dialogue des cultures et des religions pour le bien de l’Homme !

Dans cette table ronde on a aussi parlé longuement de « la dignité humaine qui repose entre autres sur le respect de l’autre, quelles que soient sa religion, sa race, ou sa civilisation et que seul le dialogue peut favoriser la compréhension et la meilleure acceptation de l’autre ».
Aujourd’hui on pourrait se demander comment est t-il possible que la compréhension et le dialogue soient possible si le sport est mêlé de cette façon à la politique ? On peut aussi se demander légitimement si ce genre de conférence n’est qu’un « luxe intellectuel » ? Et que le dialogue des civilisations et des religions n’est t-il vraisemblablement qu’un vain mot à la lumière de ce qui se passe sur le terrain ?

Il’ y’a quelques jours nous avons parlé d’un parti fasciste tunisien qui veut empêcher le pèlerinage à la synagogue de la Ghriba (2). Le mercredi 14 avril 2010, une masse de politiciens antisémites ont carrément exhorté le pouvoir à l’interdiction de l’entrer des pèlerins juifs israéliens en Tunisie, qui viennent comme chaque année se recueillir à la synagogue de laGhriba, la plus ancienne en Afrique, située sur l’île de Djerba du sud du pays. Même si cette revendication n’est pas envisageable, l’interdiction des deux judokas israéliens à entrer au pays constitue déjà une démarche dans le mauvais sens.

D’ailleurs l’un des deux joueurs israéliens du Judoka, Arik Zeevi, est d’origine tunisienne. Son père William Zeevi, comptait mettre à profit ce déplacement pour conduire son fils sur les lieux où vécurent ses ancêtres. Mais voilà que la politique et le sport s’en mêlent pour satisfaire les plus radicaux.

Qu’on soit juif ou israélien, interdire la pratique d’un sport, ou l’entrée dans n’importe quel pays sous prétexte qu’il est juif ou israélien, est à note avis de l’anti-sémitisme pur et dur. C’est tout simplement un scandale. Comment peu ont faire cela à deux sportifs israéliens ?

Cette mesure discriminatoire à l’encontre des sportifs israéliens constitue une première en Tunisie. Elle risque fort de porter préjudice à l’image du pays (qui se veut moderne et ouvert à l’international). La Tunisie risque aussi de se voir infliger une lourde amende comme le fut cas pour les Emirats arabes unis (EAU) avec l’Israélienne Shahar Peer (21 ans, 19e joueuse mondiale) qui s’est vu refuser un visa d’entrée aux Emirats arabes unis pour disputer le tournoi de Tennis du Dubaï, le 14 Février 2009.

La publicité faite à sa mésaventure a permit à la joueuse de tennis de saisir le Comité International. D’ailleurs des sanctions étaient prise par la commission mondiale du tennis à l’encontre de Dubaï, et un blâme était formulé. Le circuit féminin de tennis WTA a infligé une amende de 300.000 dollars aux organisateurs du tournoi de Dubaï, auquel l’Israélienne Shahar Peer n’a pas pu participer en raison du refus, par les Emirats arabes unis, de lui accorder un visa.

La WTA a précisé dans son communiqué que cette amende (d’un montant de 234.000 euros au cours actuel), assortie d’autres mesures contraignantes, était d’un montant record. Elle a été infligée au tournoi de Dubaï au motif de « manquement aux règles du circuit ». (3)

Des sanctions similaires sont d’ailleurs prévues de la part del la Fédération Mondiale de Judo contre la fédération tunisienne. Le président de la Fédération israélienne, Adi Koaz, a déjà décidé d’en appeler au président de la Fédération mondiale, Marius Vizer, pour prendre les mesures adéquates.

La Tunisie pourrait être privée à l’avenir de participer au prochain championnat d’Europe. Enfin il est fort regrettable que la fédération internationale de Judo, n’est pas jugeait utile de supprimer purement et simplement ce tournoi, compte tenu de refus de la Tunisie d’accordait deux visas pour entrer dans ce pays. J’espère que les remous provoqués par cette décision, vont faire réfléchir, à l’avenir, les pays qui touchent à l’esprit des compétitions.

Ftouh Souhail, Tunis

(1) Source: http://www.israelvalley.com/news/2010/04/22/27252/israel-sports-monde-arabe-le-visa-d-entree-en-tunisie-refuse-a-deux-judokas-israeliens

(2) Lire sur Drzz info :http://www.drzz.info/article-tunisie-un-parti-fasciste-veut-empecher-le-pelerinage-juif-48715202.html

(3) AFP , le 21 février 2009 « Les décisions que nous avons prises aujourd’hui ont pour but de redresser les torts subis par Shahar Peer, victime d’une politique injuste et discriminatoire de la part des Emirats arabes unis », a fait valoir Larry Scott, patron de la WTA, dans un communiqué.

0 0 votes
Évaluation de l'article