Au 17eme jour d’une révolte sans précédent contre le régime du leader libyen, la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé sa décision d’ouvrir une enquête sur « les crimes contre l’humanité » commis en Libye. Lors de la séance ce jeudi, le Procureur Luis Moreno Ocampo a présenté un rapport préliminaire sur ce sujet, accablant le colonel Mouammar Khadafi pour les répressions violentes exercées contre la population libyenne.

Le « Roi du désert » est visé directement cette fois par La Cour pénale internationale dans les violences commises depuis le début des manifestations. Rappelons que le bloc arabe, avec le soutien des pays alignés a été toujours contre la CJI.

La Cour pénale internationale (CPI) a décider le 4 mars 2009 d’émettre un mandat d’arrêt à l’encontre du président soudanais Omar Hassan al Béchir, accusé d’être à l’origine d’un génocide au Darfour.

Jamais avare d’une déclaration choc, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, président en exercice de l’Union africaine, avait accusé 24 février 2009 des « forces étrangères », dont l’Etat d’Israël, d’attiser le conflit du Darfour. « Pourquoi devons-nous tenir le président Bachir ou le gouvernement soudanais pour responsables alors que le problème du Darfour a été causé par des parties étrangères et que Tel Aviv (Israël), par exemple, est derrière la crise du Darfour? » a lancé Mouammar Kadhafi.

Kadhafi devrait aujourd’hui répondre à ses crimes contre son peuple. Les violences perpétrées à l’encontre des manifestants et les attaques systématiques lancées à grande échelle contre les civils ont déjà fait plus de 1000 morts. Le nombre de blessés approche les 4.000 personnes. Selon les témoins oculaires, les hommes de Kadhafi ont utilisé des avions de guerre pour disperser une manifestation dans la capitale du pays, Tripoli.

Ces méthodes utilisées par les autorités libyennes pour disperser les manifestants peuvent être assimilées à un crime contre l’humanité, a déclaré mardi le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navanethem Pillay.

Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi se comporte comme rien ne s’est passé.

Il a nommé deux nouveaux ministres à l’Intérieur et la Justice après le ralliement de leurs anciens titulaires à l’insurrection. Ahmad al-Qmoudi a été désigné ministre de la Justice à la place de Moustapha Abdel Jalil, qui a démissionné de son poste le 15 février. Massoud Abdel Hafiz remplace Abdel Fatah Younès à la tête du ministère de l’Intérieur.

La communauté internationale a décidé suspendue La Libye du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. L’assemblée générale des Nations unies a voté mardi la suspension de la Libye du Conseil des droits de l’homme de l’ONU en raison de la répression violente menée par Mouammar Kadhafi.

Mouammar Kadhafi a déployé ses forces à la frontière ouest de la Libye, ce qui fait craindre de nouvelles violences dans le pays. Le dirigeant libyen ne semble pas prendre la mesure de l’opposition qui s’est formée contre lui ces dernières semaines, tant dans la communauté internationale que parmi la population.

L’exil du président Kadhafi est une « possibilité » pour mettre fin à la révolte sans précédent qui secoue la Libye, a estimé lundi le porte-parole de la Maison Blanche. Lors d’une courte conférence de presse, Jay Carney s’est toutefois refusé à « spéculer » sur la possibilité de voir les Etats-Unis contribuer à un tel exil.

« L’exil serait tout à fait une possibilité pour produire le changement » réclamé par les manifestants descendus depuis deux semaines dans les rues du pays, a-t-il déclaré, en répétant que le colonel Kadhafi devait « s’écarter » du pouvoir, comme l’avait dit pour la première fois samedi le président américain Barack Obama.

L’opposition libyenne a annoncé quant elle la création d’un conseil militaire à Benghazi, dans l’est, embryon d’une future armée. Un conseil militaire a été créé à cet effet pour préparer « la période de l’après Kadhafi » selon Salwa Bughaighi, une responsable de l’opposition à Benghazi, à 1.000 km à l’est de Tripoli. Ce conseil doit à terme faire la liaison avec des organisations similaires dans les autres villes « libérées » du pays.

Les leaders du soulèvement contre le régime du dictateur libyen envisagent aussi de s’adresser aux forces onusiennes pour qu’elles bombardent les camps des forces pro-Kadhafi, affirme le mercredi 2 mars le New York Times. L’armée révolutionnaire se prépare à l’assaut final contre Tripoli alors que Kadhafi est prêt à un combat sanglant.

L’Onu pourrait se prononcer pour l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne en Libye si le Conseil national formé par l’opposition en fait la demande officielle, a déclaré mercredi un diplomate libyen sur l’antenne d’Al Djazira. L’organisation est sur le point « d’être convaincue » de l’utilité d’une telle mesure, a poursuivi Ibrahim Dabbachi, ambassadeur adjoint aux Nations unies qui fut l’un des premiers diplomates libyen à faire défection après le soulèvement contre Mouammar Kadhafi.

Aujourd’hui ‘Occident demeure, partagé sur la pertinence d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye et réticent à une intervention militaire, malgré le déploiement de forces maritimes et aériennes américaines dans la région. Cherchant une issue à la crise, la communauté internationale envisage une interdiction de l’espace aérien au-dessus de la Libye, afin d’empêcher l’aviation de tirer sur les civils. Mais la France et la Chine ont exprimé leurs réserves sur cette mesure défendue par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.

D’autres part les deux navires de guerre américains dépêchés en Méditerranée sont arrivés dans le canal de Suez, a indiqué un responsable de l’Autorité du canal.

Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’Union européenne se réuniront le 11 mars à Bruxelles pour un sommet extraordinaire consacré à la crise en Libye et en Afrique du Nord, a annoncé à l’AFP un diplomate européen.

Ftouh Souhail , Tunis

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