Le gouvernement israélien a approuvé, dimanche 28 juin 2026 , à l’unanimité, la reconnaissance du génocide arménien, un terme réfuté par Ankara, dans un contexte de vive tension avec la Turquie, a annoncé dans un communiqué le ministère des affaires étrangères.

« Décision historique : le gouvernement israélien a approuvé à l’unanimité la proposition du ministre Gideon Saar de reconnaître le génocide arménien », affirme ce communiqué. Cette décision doit encore être approuvée par le Parlement.

Les gouvernements israéliens successifs avaient jusqu’à présent évité de reconnaître officiellement le génocide arménien, notamment afin de préserver leurs relations avec la Turquie, autrefois l’un des plus proches partenaires stratégiques du pays dans la région. « Il n’est jamais trop tard pour faire ce qui est juste (…), c’est à la fois un devoir moral et un devoir historique », a déclaré M. Saar, selon un communiqué.

La Turquie, qui accuse régulièrement Israël de perpétrer un génocide dans la bande de Gaza – ce qu’il réfute –, rejette catégoriquement ce terme pour qualifier les massacres des Arméniens sous l’Empire ottoman pendant la première guerre mondiale, perpétré par l’Empire ottoman, qui a coûté la vie à 1,5 million d’Arméniens.

Ces dernières années, un nouvel obstacle à la reconnaissance du massacre est apparu, à savoir l’approfondissement des relations d’Israël avec l’Azerbaïdjan, nation riche en pétrole très liée à la Turquie, dotée d’une frontière avec l’Iran et porteuse d’un différend territorial sanglant avec l’Arménie.

Une telle reconnaissance mettra à rude épreuve les relations déjà tendues entre Israël et la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, fervent musulman nationaliste qui, par le passé, a, entre autres, accusé Israël de perpétrer un « génocide » contre les Palestiniens.

La Turquie s’offusque deja de l’existence d’une Place du génocide arménien à Haïfa depuis 2023. Cette ville du nord, qui abrite une forte communauté arménienne, etait la première municipalité israélienne à reconnaître les atrocités commises lors de la Première Guerre mondiale.

Située le long de l’avenue Ben Gurion à Haïfa, troisième plus grande ville d’Israël qui abrite plus de la moitié des quelque 15 000 Arméniens non juifs du pays, cette place du génocide arménien est le deuxième lieu choisi par une ville israélienne pour commémorer les atrocités.

Près de Tel Aviv, Petah Tikva a dévoilé en 2020 un monument aux victimes au sein de ce qu’il a plus tard baptisé parc Charles Aznavour, du nom du défunt chanteur français d’origine arménienne.

La Turquie a dépêché un ambassadeur en Israël en 2022, signe de la fin de quatre années de rupture partielle des relations diplomatiques, suite à la mort de Palestiniens tués par l’armée israélienne lors des émeutes de 2018. Les crises se sont succédées depuis l’arrivée au pouvoir d’Erdogan en 2003.

Le génocide arménien, perpétré lorsque la Turquie était un allié de l’Allemagne, a servi de modèle pour la Shoah. Si le monde en avait parlé en 1915, peut-être que le génocide juif aurait été évité.

Souhail Ftouh

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