Lors d’un déjeuner offert en son honneur jeudi 20 janvier 2011 à Tel-Aviv, les responsables du ministère de la Défense ont fait leurs adieux officiels au chef d’état-major sortant, le général Gabi Ashkenazy, qui doit quitter ses fonctions le 14 février prochain.

Ashkenazy les a remerciés pour leur soutien et leur collaboration et s’est dit confiant quant à son successeur, le général Yoav Galant, qui « possède toutes les qualités pour continuer à assurer la sécurité de l’Etat d’Israël ».

Ashkenazy est le 19e chef d’état major de l’armée israélienne. Le 21 janvier 2007, il est promu lieutenant général, et succède à Dan Haloutz comme chef d’état major de Tsahal.

Fils d’un survivant de la Shoah et d’une Juive syrienne ayant fui les persécutions antisémites dans son pays, le patron sortant de l’armée de l’Etat hébreu a passé toute sa jeunes à Hatzor, un village agricole pauvre où ses frères et lui se levaient au milieu de la nuit pour cueillir la production du verger familial.

« C’était un garçon déterminé. Il est grand et il avait de l’ascendant sur les autres gamins de son quartier.

C’était déjà un petit chef qui n’hésitait jamais à faire le coup de poing », raconte Elie Tzemakh, un ami d’enfance resté à Hatzor. A l’époque, les jeunes ambitieux qui désiraient s’extraire de leur misère n’avaient pas d’autre choix que de tenter la carrière militaire. Gabi Ashkenazi s’est donc inscrit au pensionnat militaire de Tel Aviv avant d’entrer dans la brigade Golani, la plus prestigieuse de Tsahal.

Volontaire dans les commandos de choc, il participe à la guerre du Kippour (1973) ainsi qu’à une série d’attaques contre les bases du Fatah installées au Liban. Le 3 juillet 1976, il prend également part à l’opération Entebbe, un raid aéroporté grâce auquel des otages israéliens retenus par des terroristes Palestiniens à l’aéroport ougandais ont été libérés.
« C’est un guerrier et ce n’est pas l’un des plus tendre, reconnaît le général de réserve Zvi Poleg, qui a effectué une partie de sa carrière à ses côtés.

A priori, il semble timide et effacé mais il est charismatique. Les hommes qu’il a commandés au Liban le respectaient parce qu’il préférait partager la tambouille sous la tente avec eux plutôt que de parader dans les salons tel-aviviens ».

Gravement blessé à la jambe durant l’opération Litani (la première invasion du Sud-Liban par Israël en 1978), il participe à la première guerre du Liban (1982) avant d’être promu à la tête de la brigade Golani. Il devient ensuite commandant du « front nord » (Liban, Syrie) et se propulse vers l’état-major où on lui confie les missions les plus sensibles. Entre autres, la coordination du retrait israélien au sud-Liban en mai 2000.

En juillet 2006, c’est lui qui a convaincu Ehoud Olmert et Amir Peretz qu’il faut briser le Hezbollah, de bombarder ses bases, avec quelques offensives terrestres dirigées par des officiers de l’état-major.

Gabi Ashkenazi n’a jamais caché son opposition à cette vision « américanisée » de la guerre. A ses yeux, l’aviation et les robots sont importants mais ils ne peuvent pas tout. L’armée doit rester l’émanation du peuple, les blindés sont aussi utiles que les F-16, les coups de main terrestres sont parfois plus efficaces que les bombardements aériens et les officiers doivent prendre la tête de leurs hommes durant l’assaut.

Le 27 décembre 2008, Gabi Ashkenazi à conduit l’Armée israélienne a lancé une opération défensive à Gaza (l’Opération Plomb Durci) en réponse aux attaques du Hamas et d’autres groupes terroristes soutenus par l’Iran, qui depuis des années ne cessent de tirer des roquettes, des mortiers et des missiles contre Israël.

Lors de l’Opération Plomb Durci, il était prioritaire pour Israël de démanteler l’infrastructure terroriste du Hamas tout en évitant de toucher la population civile. L’opération, dont le cessez-le-feu a été proclamé le 18 Janvier 2009, a été rendue plus difficile et plus dangereuse par l’usage systématique de la population civile comme bouclier humain par le Hamas. Enfin, l’opération défensive a réduit de 90% le nombre de tirs de roquettes, de missiles et de mortiers depuis Gaza contre Israël.

Le chef d’état-major Gaby Ashkenazy, qui s’apprête à quitter son poste, a tenu à faire personnellement ses adieux à toutes les unités qui ont opéré sous ses ordres. C’est dans ce cadre qu’il a participé le Mercredi 19/01/2011 à une cérémonie organisée en son honneur par l’Armée de l’Air qui a tenu à lui rendre hommage avant son départ pour la vie civile.

Le général Ashkenazi a débuté sa journée par un vol à bord d’un avion F-16I Soufa qui a décollé de la base aérienne de Ramon où servaient deux pilotes, Amihaï Itkiss et Emmanuel Lévy z’l, qui se sont écrasés accidentellement il y a deux mois dans la région.

Ashkenazy a évoqué le souvenir des victimes et a ensuite exprimé sa satisfaction d’avoir effectué ce vol. Il a affirmé que « le peuple d’Israël était doté de la meilleure armée de l’Air du monde ». Et d’ajouter : « Je pars avec le sentiment que nous avons sur qui compter ».

Les corps des armées, les autorités et le Peuple d’Israel ont adressé leurs sincères remerciements pour le sens du devoir, du civisme et de l’honneur de Monsieur G. Ashkenazy, et ils ont présentés leurs félicitations pour ses excellents services rendus à la Nation!

Ftouh Souhail

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