Aujourd’hui on est proche de l’annonce du Tribunal de l’ONU qui risque de confirmer implication du Hezbollah et de la Syrie dans la mort de Rafic Hariri.
Selon le Wall Street Journal du lundi 8 novembre 2010, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), chargé d’enquêter sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik al-Hariri, s’oriente vers une mise en accusation du Hezbollah.
Le mouvement chiite s’attend à ce que le TSL accuse des membres du parti d’implication dans le meurtre. Imad Mugniyah serait un personnage clé dans l’assassinat, selon le Wall Street Journal. Les actes d’accusation contre Mugniyah et d’autres responsables du Hezbollah impliqués dans cet assassinat doivent être déposés le mois prochain.
La principale question est de savoir si le Hezbollah est prêt à accepter un acte d’accusation. Il est clair que, même s’il y a un rapport accusant le Hezbollah d’implication dans l’assassinat, rien ne sera fait à ce sujet. Mais pour le moment le Hezbollah n’est pas prêt à accepter un rapport affirmant sa culpabilité.
Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a exhorté les Libanais à boycotter le tribunal de l’ONU chargé d’enquêter sur l’assassinat du dirigeant Rafic Hariri, affirmant que toute coopération avec les enquêteurs serait une «agression» contre le mouvement chiite.
“Ceux qui sont impatients de voir publier l’acte d’accusation et qui pensent que nous allons permettre l’arrestation d’un seul de nos jihadistes se trompent”, a-t-il dit le 11 novembre 2010 à l’occasion de la “Journée du martyr”, qui commémore les combattants tués dans des combats avec l’armée israélienne.
«Nous avons atteint un point sensible et très dangereux qui touche à notre honneur et amour propre, et cela requiert de nous une position différente», a dit Hassan Nasrallah lors d’une allocution diffusée par la chaîne Al-Manar.
Le Hezbollah “va couper la main qui se tendra vers un seul d’entre eux”, a-t-il menacé, sous les applaudissements et les cris du public rassemblé dans un complexe de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du plus puissant mouvement militaire au Liban.
«J’appelle tous les Libanais, citoyens (…) et politiques, à boycotter ce tribunal et cesser toute coopération avec ses enquêteurs». «Toute coopération supplémentaire avec le tribunal équivaudrait à une attaque contre la résistance» (le Hezbollah, ndlr), a-t-il dit.
Selon Nasrallah, l’acte d’accusation du TSL est rédigé depuis 2006, et c’est le même qui a été publié dans Der Spiegel et Le Figaro (…) et j’en ai été informé en 2008», a-t-il affirmé.
Un bras de fer oppose le camp de Saad Hariri, premier ministre et fils de Rafic, à celui du Hezbollah, qui accuse le TSL d’être «politisé» et d’avoir basé son enquête sur de faux témoignages.
Le Hezbollah manifestera son mécontentement en déclenchant éventuellement une nouvelle guerre civile. Hassan Nasrallah, leader du mouvement terroriste shiite Hezbollah, a affirmé qu’en cas d’accusation de certains de ses partisans par le Tribunal International chargé d’enquêter sur l’assassinat du Premier ministre Rafik Hariri, il pourrait « ou bien ne rien faire, ou bien provoquer un changement politique majeur ».
Le chef d’état-major, Gabi Ashkenazi, a déclaré le 15 novembre 2010, que la publication des résultats de l’enquête sur la mort de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Al-Hariri pourrait entrainer une prise de contrôle du Liban par le Hezbollah.
À New York, l’envoyé spécial de l’ONU au Liban, Terje Roed Larsen, a affirmé qu’il était urgent de désarmer les groupes comme le Hezbollah, mettant en garde contre «un ouragan qui souffle» sur le Proche-Orient.
L’ambassadrice américaine à l’ONU, Susan Rice, a de son côté accusé l’Iran et la Syrie de continuer à armer le Hezbollah qui exerce, selon elle, une influence «destructrice et déstabilisante» dans la région.
Ftouh Souhail
