La Province francophone du Canada a accueilli au début du mois de novembre le « Québec City Conference » un colloque annuel qui débat les évolutions récentes et les développements futurs du capital-risque en examinant le lien entre développement local et ce type d’investissements.

Une attention particulière est portée en Israel aux évolutions du capital-risque. Considéré comme le « père du capital-risque israélien », Yigal Erlich est connu du monde entier pour avoir monté le programme Yozma – une initiative qui a fait d’Israël le pays recevant le plus de capital-risque par habitant du monde.

Depuis quatre ans, Yigal Erlich est président d’honneur du Forum des politiques publiques sur le capital-risque et l’innovation, conférence qui réunit acteurs gouvernementaux et investisseurs dans le cadre du programme principal de la Québec City Conference.

Ce colloque se propose de réunir autour des débats portant sur le capital-risque et le développement local, des acteurs locaux, des universitaires et décideurs politiques de provenance de toute l’Europe , d’Amérique du Nord mais aussi d’Israel.

Le père du capital-risque israélien a participe cette année aux débats du Quebec City Conference, édition 2010 (1).

Comme le démontrent plusieurs enquêtes, les entreprises créées par le biais du capital-risque joue un rôle moteur dans la création d’emplois. Des investissements de ce type pourraient donc avoir également un impact positif dans les zones économiquement en déclin, tant au niveau de l’objectif de l’emploi que celui de développement local.


Photo fournie par la Quebec City Conference : Yigal Erlich en compagnie de l’organisateur de la Quebec City Conference, Christian Racicot.

Pour les capital-risqueurs, comme Yigal Erlich, ils tablent dans les années à venir sur des investissements encore plus élevées. Le capital risque consiste, pour les investisseurs à prendre des participations minoritaires et temporaires dans le capital d’entreprises naissantes ou très jeunes. Cela permet d’améliorer considérablement le financement des entreprises à fort potentiel de croissance en créant des conditions favorables pour l’octroi de prêts bancaires. En effet, l’entrée au capital d’investisseurs constitue un formidable effet de levier pour accéder au financement bancaire.

Il permet également aux entrepreneurs de profiter de conseils avisés de ces investisseurs, de leur expérience, de leur carnet d’adresses, etc. Il n’est d’ailleurs pas rare que les investisseurs occupent un siège au conseil d’administration assorti d’un poids non négligeable dans les prises de décisions.

Les capitalrisqueurs tirent essentiellement comme rémunération la plusvalue réalisée lors de la revente de leur participation. Er puisque les israéliens AIMENT le business, la plu¬part sont très débrouillards et ambitieux.

Le capital-risque permet aux jeunes entreprises innovantes en Israel, qui démarrent leur activité et ont un potentiel de croissance, d’augmenter leurs fonds propres. Le créateur d’entreprise obtient ainsi des fonds, sans demande de garantie, à un stade de développement où il est souvent difficile d’obtenir des prêts bancaires.

L’augmentation des fonds propres consolide la structure financière de l’entreprise sans l’endetter. Le créateur offre ainsi un gage de sécurité à ses créanciers. En effet, un banquier sera plutôt bien disposé à soutenir financièrement une entreprise ayant un bon niveau de fonds propres.

Auprès des « business angels », qui sont les anciens chefs d’entreprises, le créateur trouve un soutien financier, mais aussi des conseils d’experts dans l’organisation et la gestion quotidienne de leur affaire.
Les fonds de capital-risque se battent aujourd’hui pour acquérir des sociétés israéliennes dont les succès dans le high-tech ont fait de Tel-Aviv, et la région de Haifa de nouvelles Silicon Valley.

Pour rappel, le pays ne comptabilise que 7,15 millions d’habitants. Les autorités sont parvenues à mettre en place un climat de soutien et d’encouragement à l’innovation très efficace. Depuis 2003, le nombre de start-ups créées et soutenues ne cesse de croître. Les entrepreneurs high tech israéliens attirent massivement les capitaux étrangers.

La majorité des fonds levés (plus de 60%) proviennent de pays tiers.

Beaucoup estiment d’ailleurs que Le capital risque est à l’origine du succès de l’économie israélienne, qui n’a pas même connu de récession, dont le taux de croissance devrait dépasser, l’année prochaine, les 3 % et dont la réussite tient aux produits de haute technologie, la moitié des exportations du pays. Cette singularité, le pays la doit à la pratique du capital-risque qui est devenue une véritable culture dans le marché des affaires israéliens, riche par son innovation et ses 3 000 start-up.

L’investissement dans les sociétés technologiques israéliennes s’est considérablement développé ces dernières années.Selon le centre de recherche de l’Israel Venture Capital (IVC), les compagnies du secteur de l’internet attirent l’essentiel des investissements initiaux réalisés par les fonds de capital-risque israéliens dans les sociétés high-tech.

Avec 16 investissements initiaux, Gemini Israel Funds est l’investisseur israélien le plus actif dans les sociétés technologiques. Vertex Venture Capital prend la deuxième position, suivi par Pitango Venture Capital.

Grâce à l’activité du capital-risque, il y a aujourd’hui davantage de sociétés israéliennes cotées au Nasdaq que de sociétés européennes.

En 2009, les neufs principaux fonds israéliens ont totalisé 75 investissements initiaux, dont 43% dans des nouvelles star-tups. Rien qu’au deuxième trimestre 2009, les fonds de capital-risque ont injecté des moyens nouveaux dans 115 start-ups. Des exemples?

Prenons « Siano », active dans le développement de technologies pour les téléphones mobiles et qui vient de réunir 17 millions de dollars de capitaux nouveaux. La société est déjà présente en Corée du sud et au Japon.

« Galten » a réuni 10 millions de dollars pour financer un projet de culture de Jatropha au Ghana, dans le cadre d’un programme de mise au point d’une ligne de production de biodiesel.

« Modu » pour sa part, le fabricant du plus petit téléphone portable modulaire du monde, dit-on, a été choisi comme finaliste mondial lors du Mobile Innovation Global Award 2009. En lice dans la catégorie Most Innovative True Mobile Start-up, Modu a été choisi parmi quinze sociétés de téléphonie mobile émergentes du monde.

De ce point de vue, Israël ne connaît pas la crise. Au premier semestre 2010, les start-ups locales ont levé un total de 1 milliard de dollars US. Le chiffre est en progression de 28% par rapport au premier semestre de 2009 et frise le record des années 2000.

Si l’économie israélienne a retrouvé sa fécondité technologique et entrepreneuriale, c’est aussi parce-que dans ce pays on trouve la plus forte concentration d’ingénieurs, la plus forte au monde – 140 pour 10 000 habitants, deux fois plus que le Japon.

Ftouh Souhail

(1) www.quebeccityconference.com

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