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Archive for November, 2008

Par Ftouh Souhail

Le contrôleur de l’Etat d’Israël, Micha Lindenstrauss et le responsable polonais des droits du citoyen ont tenu ensemble en Pologne cette semaine un congrès spécial pour signaler les 60 ans de la déclaration de l’ONU des Droits de l’Homme. Le principal intervenant était l’ancien président de la Cour suprême d’Israël, le professeur Aharon Barak.

Ce Congrès relève  pour nous un double intérêt ; il marque deux  éventements importants, à savoir, celui du  soixantième anniversaire de création de l’Organisation Onusienne mais aussi  le soixantième anniversaire de la résurrection d’Israël.

La participation  du professeur Aharon Barak, ancien  président de la Cour suprême d’Israël,  est un  signe hautement significatif  dans ce congrès pour signaler les 60 ans de la Déclaration de l’ONU des Droits de l’Homme. Soixante  années de lutte incessante pour bâtir la paix et l’avenir de nos nouvelles générations. Soixante ans de combat pour assurer la pérennité de l’existence  d’un Etat de droit.

On connaît l’attachement de la Cour suprême d’Israël à l’égard du respect de l’Etat de droit, même face au terrorisme, attitude qu’avait notamment tenu à souligner, à différentes reprises, le juge Aharon Barak, qui présida cette haute instance de 1995 à 2006.

Un arrêt rendu le 11 juin 2008 (Anonyme c. Etat d’Israël, – 6659/06) se situe dans ce droit fil. Curieusement, c’était la première fois que la Cour Suprême avait à se prononcer sur la constitutionnalité de la loi sur l’incarcération des combattants illégaux adoptée, par la Knesset, en mars 2002. Cette loi permet la détention de « combattants illégaux », définis comme étant des personnes qui participent soit directement soit indirectement à des actes hostiles à l’égard de l’Etat d’Israël ou qui sont membres d’une force se livrant à de tels actes. De ce fait ces personnes ne peuvent pas se prévaloir de l’article 4 de la Troisième convention de Genève de 1949 sur le statut des prisonniers de guerre.

Rappelons que selon cette disposition de droit international, sont, notamment, considérés comme prisonniers de guerre, et soumis au régime édicté par ladite convention, qui interdit leur emprisonnement :

1) les membres des forces armées d’une Partie au conflit, de même que les membres des milices et des corps de volontaires faisant partie de ces forces armées ;

2) les membres des autres milices et les membres des autres corps de volontaires, y compris ceux des mouvements de résistance organisés, appartenant à une Partie au conflit et agissant en dehors ou à l’intérieur de leur propre territoire, même si ce territoire est occupé, pourvu que ces milices ou corps de volontaires, y compris ces mouvements de résistance organisés, remplissent les conditions suivantes :

a) d’avoir à leur tête une personne responsable pour ses subordonnés
b) d’avoir un signe distinctif fixe et reconnaissable à distance
c) de porter ouvertement les armes
d) de se conformer, dans leurs opérations, aux lois et coutumes de la guerre

L’affaire concernait deux habitants de Gaza détenus en raison de leur association supposée avec le Hezbollah en janvier 2002 et janvier 2003. Examinant le contexte de la Loi, la Cour Suprême ne pouvait que constater que celle-ci entendait considérer comme « combattant illégal » une personne qui « appartient à une organisation terroriste qui agit conte la sécurité de l’Etat d’Israël ».

A l’argument selon lequel, le droit humanitaire international ne reconnaîtrait pas de catégorie spéciale de « combattant illégal », la Cour a rappelé qu’elle s’était déjà prononcée sur ce point dans l’affaire Comité public contre la torture en Israël c. gouvernement d’Israël, dans laquelle elle a considéré que le terme de « civil » est antinomique de « combattant ».

On sait que, par ailleurs, la Cour a, déjà, admis en diverses circonstances – ce qui n’était pas évident du fait de la situation particulière des Territoires, qui ne relevaient d’aucune souveraineté légitime avant 1967 – l’applicabilité de la Quatrième convention relative au statut des populations civiles résidant dans des territoires occupés.

Aussi, relève-t-elle que plusieurs articles de cette Convention permettent l’internement de civils, mais seulement lorsque c’est « absolument nécessaire » pour la sécurité de la puissance qui les détient, à la condition que cela résulte d’une procédure judiciaire ou administrative (article 42) et sous réserve d’un contrôle au moins biannuel de la nécessité de cette détention (article 43).

Mais, parce que la Cour considère que la détention administrative est une mesure inhabituelle et extrême, qui porte atteinte au droit constitutionnel de la liberté personnelle, elle demande à l’Etat de démontrer de manière claire et évidente qu’une menace certaine contre la sécurité en justifie l’usage. Il faut plus comme preuve qu’un seul élément tiré d’un événement isolé.

Mais l’Etat doit prouver que le détenu a pris une part réelle aux hostilités et les mesures de détention doivent périodiquement être réexaminées et pouvoir faire l’objet de recours. Selon la Loi, une détention ne peut se poursuivre indéfiniment et doit être examinée au cas par cas.

On ne peut que regretter que les  grands médias , si prompts à mettre en cause le comportement d’Israël et à l’accuser de bafouer le droit international, n’aient pas songé à faire écho à cette décision, dont nous avons trouvé la recension dans le Bulletin de la Société américaine pour le droit international (International Law in Brief du 18 juillet 2008).

 

Ftouh Souhail, Tunis

Juriste/Citoyen du monde

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Il est rare au Proche Orient  de voir un homme aussi enthousiaste et dont le parcours est aussi riche que Shimon Pères.

Le 18 novembre 2008 le Palais Buckingham a attribué au président d’Etat d’Israël, en visite en Grande-Bretagne à l’occasion des 60 ans de l’Etat d’Israël, le Knightood honour. Cette nouvelle distinction, est  l’une des plus élevées au Royaume de sa Majesté, elle était réservée jusqu’à il y a quelques années aux mérites militaires. Ce titre est conféré par la reine, à ceux et celles qui ont apporté une contribution importante aux relations entre leur pays et la Grande-Bretagne. Shimon Pérès rejoint ainsi des personnalités telles que François Mitterrand, Helmut Kohl, Rudolph Giuliani, Bill Gates et Salman Rushdie.

Shimon Pérès, chevalier de Sa Majesté la Reine d’Angleterre, est aussi un  ami de la Grande Bretagne, avec laquelle, tout au long de son immense carrière d’homme d’Etat, était attaché à tisser de puissants liens d’affection, de confiance et de solidarité (1).

Cette  distinction célèbre une fois de plus la  «grandeur de la vision» du président israélien. Déjà le monde lui a rendu hommage en  lui décernant en 1994  le titre le plus noble qui soit : le prix Nobel de la Paix. En 1998, il  a fondé  le « centre Pères pour la paix » qui décerne des titres de distinctions pour à ceux qui oeuvrent pour la paix dans le monde (2).

Shimon Pérès qui  est entré en fonction,  le 15 juillet 2007, comme le 9ème président de l’Etat d’Israël mène un combat inlassable consistant à promouvoir l’amélioration des relations entre les Juifs et les Arabes à l’intérieur comme à l’extérieur d’Israël, le développement des liens entre les Juifs de la diaspora et ceux d’Israël et  le rapprochement entre juifs religieux et laïcs.

Shimon Pérès multiplie aussi  les voyages officiels à l’étranger dans le but d’améliorer l’image d’Israël dans le monde et porte l’espérance d’un avenir meilleur pour les peuples la région.

A son habitude, le président Pérès, plein d’optimisme, parle de la paix entre Israël et ses voisins. Lors d’une cérémonie particulièrement émouvante à la Knesset  pour prêter  serment en juillet 2007 il annonce : « Le président n’est ni un gouverneur, ni un juge, ni un décisionnaire, mais il lui est permis de rêver. ». « Permettez-moi de rester optimiste… le printemps nous attend à la porte. Il arrive, il est là », ajouta-t-il.

La seule présence de Shimon Pérès sur la scène du Proche Orient nourrit la fraternité qui unit les peuples et participe à l’affirmation d’un héritage inextricablement commun dans la région.

Le 24 septembre 2008 Shimon Pères a invité à la tribune des Nations Unies des dirigeants arabes : "J’invite respectueusement tous les dirigeants à venir débattre de la paix à Jérusalem, qui est sainte pour nous tous et où nous prions le même seigneur en tant que descendance du même père", a dit le chef de l’Etat israélien, prix Nobel de la paix.

Lors du débat général de la 63e Assemblée générale des Nations Unies, il a suggéré "une paix immédiate avec le Liban" et appelé  le président syrien Bachar al-Assad à "suivre l’exemple réussi du  président Sadate de l’Egypte et du roi Hussein de Jordanie", en acceptant une rencontre avec les dirigeants israéliens.  

M. Pères a souligné « que les frontières de la  région devraient s’ouvrir pour faire place à des zones économiques ouvertes, qui encourageraient le tourisme, les industries de  pointe et l’éducation supérieure comme les meilleurs outils pour  faire face aux menaces à l’environnement et aux crises mondiales ». L’invitation porte en elle "un message d’amour, de coexistence et de paix", a-t-il ajouté

Le 13 Novembre 2008 Shimon Pérès, a salué, l’initiative de paix saoudienne» (qui est selon lui «devenue dans les faits l’initiative de paix arabe»), au cours d’un discours prononcé à New York, dans le cadre de la rencontre interreligieuse, organisée par l’Arabie Saoudite (3).

Il a appelé les responsables du monde arabo-musulman à se «préparer à l’ouverture d’une ère nouvelle, pacifique, et de normalisation avec l’Etat juif». «Nous ne pouvons rien changer au passé», a estimé le Président, «mais nous pouvons façonner l’avenir, aujourd’hui plus que jamais, à la lumière du plan de paix arabe, qui trace les contours d’un futur porteur d’espoir, et de sécurité, pour tous les peuples de la région».

Pérès , qui participait à ce dîner organisé par l’ONU en présence de nombreux leaders du monde arabe , a considéré que «l’époque actuelle» porte en elle de nombreuses «promesses » : «Aujourd’hui, nous progressons dans les pourparlers avec l’Autorité palestinienne et nous examinons les possibilités d’une paix véritable avec la Syrie», a-t-il indiqué, «mais dans cette région du monde, il y a aussi des gens qui veulent perpétuer la haine, et qui œuvrent a creuser encore plus profondément les fossés qui séparent les populations, or pour les combattre, les politiciens n’ont qu’une seule chose à faire, qui est de brandir le drapeau de la réconciliation, de la paix».

Je me permets ici de rendre un Hommage à Monsieur Shimon Pères, Prix Nobel de la paix et chevalier de Sa Majesté la Reine d’Angleterre, qui continu à mener un combat inlassable pour la réconciliation des peuples. Son enfance en Pologne a fait de lui qu’il soit le dirigeant le plus courageux du Proche Orient, qui ne renonce jamais aux dialogue et à la paix. Souhaitons qu’il arrive à ramener la paix. 

 

Ftouh Souhail, Tunis

Citoyen du Monde

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Par Ftouh Souhail

Les élections américaines ont certainement dominé le plus grand espace médiatique durant le mois de novembre 2008. Mais cela ne peut nous faire oublier que ce mois de novembre coïncide aussi avec une grande date de mémoire, celle du 70e anniversaire de la Nuit de Cristal.

La "Nuit de Cristal" (Kristallnacht) est le nom donné au violent pogrom qui eut lieu les 9 et 10 novembre 1938, dans toute l’Allemagne et les territoires annexés (Autriche, Tchécoslovaquie).

Ce pogrom fut particulièrement violent à Berlin et à Vienne, où vivaient les deux communautés juives les plus importantes du Reich. La plupart des synagogues de Berlin furent détruites par les flammes et de nombreux magasins et habitations appartenant à des Juifs furent pillés et saccagés. Des dizaines de Juifs furent tués. A Vienne, la plupart des synagogues et des maisons de prière de la ville furent détruites ou brûlées sous les yeux de la population.

La nuit du 9 au 10 novembre 1938, qui marque une étape dans la politique nazie en matière de violence et de persécutions antisémites resulte d’un laxisme des autorités européenne envers la monté du Reich, un laxisme similaire à celui que nous vivons aujourd’hui avec les menaces génocidaires quasi-quotidiennes venant de Téhéran.

Après l’échec de la Conférence d’Évian (juillet 1938) et la signature des accords de Munich (septembre 1938), les nazis se sentent libres d’agir. Aussi, du 9 novembre au 10 novembre 1938 en Allemagne mais aussi en Autriche se déroule un pogrom durant lequel 267 synagogues sont pillées et incendiées, 7 500 magasins sont pillés, leurs vitres brisées, d’où le nom donné par les nazis de « Nuit de Cristal ». Près d’une centaine de Juifs sont assassinés, et des centaines d’autres blessés. Environ 30 000 Juifs sont arrêtés dont 11 000 sont internés à Dachau, et près de 10 000 à Buchenwald.

Cette terreur, organisée par le pouvoir, est présentée comme une explosion spontanée de violence populaire en réaction à l’assassinat à Paris, le 7 novembre 1938, du conseiller de l’Ambassade allemande E. vom Rath, par un Juif polonais réfugié d’Allemagne, H. Grynszpan.

En provoquant cette manifestation de violence antisémite, les nazis veulent accélérer l’émigration des Juifs, jugée trop lente en dépit de la politique de persécution mise en oeuvre depuis février 1933.

Lorsque les Juifs décident de quitter l’Autriche et l’Allemagne, nombre d’entre eux ne trouvent pas de pays d’accueil, et ce, malgré l’émotion et les condamnations de l’opinion publique provoquées par la « Nuit de Cristal » dans le monde entier. Bientôt, avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, tous les Juifs d’Europe connaîtront le même sort.

Le 9 novembre 2008, qui a marqué le 70e anniversaire de la Nuit de Cristal, est passé inaperçu dans les grands médias. C’est pourtant une date cruciale, qui marque le point culminant de la vague d’antisémitisme qui submergea l’Allemagne dès l’arrivée au pouvoir de Hitler en janvier 1933.

Ce terrible pogrom, perpétré en Allemagne et en Autriche (sous le IIIe Reich) entre le 9 et le 10 novembre 1938, devrait être enseigné à tous les enfants du monde, une commémoration pour ne pas oublier la Nuit de Cristal….. On doit d’ailleurs se demander combien ils restent de survivants pour témoigner sur ce triste anniversaire ?

Commémorer la Nuit de Cristal est un rendez-vous permettant de renouveler l’engagement à l’opposition de toute forme de judéophobie et d’antisémitisme. Cet événement tragique n’était qu’un signe avant-coureur de la Shoah qui allait s’abattre sur les Juifs d’Europe.

Il faut absolument se remémorer des événements pareils afin qu’ils ne tombent jamais dans l’oubli dans le reste du monde juif ou non juif. Il faut que cela serve aux uns et aux autres, car tout peut encore se répéter. Il faut s’attendre à tout et n’importe quoi désormais, puisque nous vivons une époque où l’inculture des uns (islamistes, entre autres), le déni des autres (fumistes de gauchistes et de soi-disant intellos) s’allient pour faire régner un anti-sémitisme flagrant.

Accrochez-vous à vos kippas et Shalom à tous et toutes.

Ftouh Souhail, Tunis

Citoyen du Monde

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Par Ftouh Souhail

Souvent diffamé et outré, ici nous présentons le vrai visage du vote juif aux Etats-Unis. Il s’agit de la maturité de l’électorat juif qui est peu reconnue par les grands médias qui préfèrent plutôt désinformer et la présenter d’une façon négative à chaque rendez-vous électoral.

Si les citoyens juifs américains sont des électeurs très mûrs c’est d’abord parce qu’ils sont de très bons citoyens et votent assidûment (1) dans des États clefs pour les primaires. Pour l’élection générale, ils pèsent peu face aux autres communautés.

Comme nous l’avons vu dans un précédent article (2) les Juifs américains constituent, en effet, un peu moins de 2 % de la population des États-Unis. Mais, comme ils sont plus âgés que la moyenne, le pourcentage des Juifs est plus élevé au sein de la population adulte. Et, surtout, ils sont connus pour participer davantage aux élections que les Américains en général; dans un pays où l’abstentionnisme est traditionnellement important (aux présidentielles de 2004, moins de 57 % des inscrits ont pris part au scrutin).

La maturité de l’électorat juif n’émane pas seulement de son positionnement dans la population adulte et l’assiduité de sa présence pour exercer ce droit constitutionnel. Cette maturité se manifeste aussi par l’attachement des électeurs juifs aux questions qui intéressent tous les américains. Les considérations confessionnelles n’ont aucune influence sur le vote des juifs américains, il y est question de politique générale plutôt que de judéité.

Au moment où les Arabes américains marquent leur enthousiasme sur le seul fait de la croyance religieuse du sénateur Barak Obama, le 15 janvier 2008, les dirigeants de dix des principales organisations juives américaines, représentant pratiquement tout l’establishment juif américain y compris ses divers courants religieux, publiaient une « lettre ouverte à la communauté juive ». Les auteurs de la lettre ouverte rappelaient que « les électeurs juifs, comme tous les électeurs, doivent soutenir celui des candidats dont ils considèrent qu’il sera le meilleur président » (3).

On remarque le style très mature de cette lettre, où le mot « musulman » ne figure pas. Les dirigeants juifs ne voulaient évidemment pas évoquer la question religieuse dans la course présidentielle. Ils ne voulaient pas non plus porter un jugement sur la foi musulmane de Barack Obama – ce qui eût été pour le moins déplacé – ni laisser entendre qu’il y aurait quelque chose de dangereux ou de déshonorant, pour un candidat, à être musulman.

Cela nous montre incontestablement la maturité et le haut degré de citoyenneté des électeurs juifs américains, des qualités qui manquent cruellement aux Arabes américains qui n’ont aucune tradition démocratique ni aucun sens de citoyenneté.

Contrairement aux 150 millions d’électeurs aux Etats-Unis, la communauté musulmane américaine vote pour la religion d’un candidat. Elle lui importe peu le programme d’un candidat ou d’un parti. Ce qui explique d’ailleurs sa mobilisation douteuse pour Obama.

L’électorat juif aux Etats-Unis, qui porte en lui une tradition démocratique millénaire, cherche avant tout l’intérêt commun du pays (D’AILLEURS à travers sa longue histoire la diaspora juive était respectueuse des coutumes des pays de résidence) c’est pour cela que les électeurs juifs américains n’ont pas avancé la question religieuse du candidat Barack Hussein Obama comme un argument électoral. Le démographe Ira Sheskin, de l’Université Juive de Miami, a estimé que « Son deuxième nom n’a eu aucune influence sur le vote des juifs ».

La « citoyenneté », une valeur inconnue pour les Arabes américains, demeure le seul argument défendu par l’électorat juif. D’ailleurs si la plupart des Juifs américains sont très attachés à Israël, ils ne considèrent pas que ce soit là un sujet de débat dans la campagne présidentielle.

Alors que pour les Arabes américains Obama est avant tout « un bon président pour le monde arabe » (4).

Les Juifs américains sont avant tout des électeurs loyaux, fidèles et d’une maturité exemplaire . Ils n’ont jamais avancé l’argument qu’un tel ou tel président serait bon ou mauvais pour Israël. Israël n’est pas un sujet de campagne aux élections américaines.

D’ailleurs selon le sondage annuel (de septembre 2008) commandité par l’American Jewish Committee (AJC), une des principales organisations juives américaines, lorsque l’on demande aux Juifs quel sujet, selon eux, devrait être principalement évoqué dans le cadre de la campagne électorale, leurs réponses recoupent les sujets d’intérêt de l’ensemble des Américains. Une nette majorité (54 %) souhaite que l’on débatte d’abord de l’économie ; ensuite vient la question spécifiquement américaine de l’assurance santé (11 %); puis viennent la guerre en Irak (6 %) et les problèmes relatifs à l’énergie (5 %) et au terrorisme (5 % également). Israël n’apparaît qu’ensuite sur la liste, avec 3 % des réponses.
Faut-il en conclure que les Juifs américains n’accordent qu’une attention lointaine à l’État d’Israël? Ce serait une erreur. Dans le même sondage, quand on les interroge sur leur degré de proximité avec Israël, les deux tiers des Juifs (67 %) disent qu’ils en sont proches (dont 29 % sont « très proches »).

Si Israël n’est pas parmi les sujets prioritaires dont ils souhaitent que les Américains débattent aujourd’hui, cela tient manifestement à ce qu’ils perçoivent dans l’opinion publique nationale un large consensus à ce propos. On observe que, lorsqu’on leur demande qui, des démocrates ou des républicains, a la meilleure attitude au sujet du « soutien à Israël », 52 % des Juifs américains répondent « les démocrates », contre 32 % qui répondent « les républicains ».

Voilà une bonne douche froide pour les antisémites de tout poils qui, au lieu de critiquer l’électorat juif, auraient pu apprendre d’abord des leçons de base dans la démocratie. D’ailleurs les électeurs juifs, ont beaucoup à apprendre aux électeurs arabes en général, et aux électeurs arabes américains en particulier, sur la notion de « citoyenneté ».

Quoi qu’il en soit, l’étendue de cette mobilisation arabe pour Obama et tous les commentaires de la communauté musulmane américaine représentée au Parti démocrate, témoignait de l’ampleur du problème : les Arabes américains s’identifient à la religion d’un candidat. Le 4 novembre 2008, l’argument « de Barack Obama musulman » était le principal motif du vote au sein de la communauté musulmane qui a choisi massivement OBAMA.

Dur, Dur lorsqu’on n’est pas habitué à la « citoyenneté » !!!

Ftouh Souhail, Tunis
Citoyen du Monde
(1) Voir notre article : « 4 novembre 2008, une Confirmation des Préférences politiques des Juifs américains »

(2) Voir notre article : Le Mythe d’un «lobby israélien»

(3) Voici la liste des organisations dont les représentants ont signé cette lettre ouverte: Jewish Council for Public Affairs ( le représentant les diverses organisations juives), United Jewish Communities (la fédération des organisations de services communautaires), Anti-Defamation League (la principale organisation de lutte contre l’antisémitisme), American Jewish Congress, American Jewish Committee, National Council of Jewish Women, Simon Wiesenthal Center, Religious Action Center of Reform Judaism (judaïsme libéral), United Synagogue of Conservative Judaism (judaïsme massorti), Union of Orthodox Jewish Congregations of America.

(4) Cette idée simpliste fut défendue aux Etats Unis , durant toute la compagne électorale, par une multitude d’organisations détestables : Le Muslim Public Service Network, Le Council on American Islamic Relations (CAIR), Le United Muslim Movement, la Muslim American Society, l’American Task Force on Palestine et le North American Islamic Trust une organisation financée par l’Arabie saoudite.

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Comme chaque élection Américaine, le vote juif a occupé dans les discours et les commentaires une place démesurée. Les cercles de la Presse antisémite continuent de parler d’un fantasme selon lequel un « pouvoir juif » régenterait la vie politique nationale américaine et met en garde contre les méfaits du « lobby israélien ».

Après tout, les Juifs américains constituent moins de 2 % de la population américaine. Pourquoi attirent-ils plus sûrement l’intérêt de la presse et des lecteurs ?

C’est aujourd’hui un fait que les Juifs intéressent beaucoup de gens. Les antisémites, les philosémites et les propagateurs demeurent encore des prisonniers de cette obsession pathologique de la puissance juive, de la conspiration juive, du complot juif, etc.

Il y a sur ce thème beaucoup de préjugés, pour ne pas dire des fantasmes. J’ai constaté, comme bien de spécialistes sont aujourd’hui animés par l’anti-américanisme et l’antisémitisme, qui vont d’ailleurs souvent ensemble. On entend souvent dire que «l’Amérique est juive», que «les Juifs dominent complètement les États-Unis», que « tous les Juifs sont américains, et tous les Américains sont juifs ». L’année 2008 était d’autant plus favorable à ce genre de fantasmes du fait du déroulent des élections présidentielles aux États-Unis.

Le jargon journalistique est même conçu pour inculquer les vieilles antiennes reprises aujourd’hui par la propagande islamiste soutenue par les alter mondialistes et l’ultra-gauche. Au lieu d’aider surtout le Monde arabe qui baigne dans l’ignorance et la fatidique propagande antijuive, certains pseudos intellectuels occidentaux continuent à polluer les esprits par leur rhétorique antisémite.

On peut tomber par exemple dans les quotidiens arabes sur des articles antisémites qui prennent comme référence le livre de James Petras « The Power of Israël in the United States » (1) ou le Livre de Mearsheimer et Walt qui ont tout simplement réactualisé l’argumentaire des Protocoles des Sages de Sion. À les en croire, tout s’explique par l’intervention des Juifs. Les Juifs sont les maîtres de l’Amérique et ils peuvent exercer une pression déterminante sur le président des États-Unis (2).

Ces universitaires américains ont bien de la chance de se faire éditer, mais il faut dire que actuellement, il est de bon ton de montrer qu’on n’aime pas les juifs, ca fait vendre.

D’abord il faut rappeler à ces enturbannés que les Américains, véritablement , ne désignent pas leur président au scrutin universel direct. Donc il n’ y’a pas lieu de dire que les juifs américains décident un choix pour un Président. Dans presque tous les États (sauf deux, le Maine et le Nebraska), les sièges de Grands électeurs sont attribués non pas proportionnellement aux suffrages des citoyens mais en bloc: le candidat arrivé en tête rafle tous les sièges de grands électeurs. C’est ce que les Américains appellent le système du winner takes all, « le gagnant emporte tout ».

Le système américain est très complexe pour que le soit disant vote de la minorité juive puisse avoir un poids quelconque. Il est des États où l’un des deux grands partis jouit traditionnellement d’une nette prédominance. Ce sont les États dits «bleus» (démocrates) ou «rouges» (républicains).Ici donc les minorités ethniques ne jouent pas.

D’autres États, en revanche, surnommés les swing states, « les États à bascule », pencheront à la dernière minute d’un côté ou de l’autre. Dans ces États, le système du winner takes all a pour conséquence qu’un léger déplacement des voix peut faire basculer la totalité des grands électeurs et, par là, déterminer le choix du président des Etats-Unis (3).

Tout le monde se souvient de l’élection présidentielle de novembre 2000, où l’issue de la compétition entre George W. Bush et Al Gore dépendait en fin de compte des résultats d’un seul État, la Floride. À l’intérieur de cet État le résultat était si serré (du fait, notamment, d’erreurs techniques à Palm Beach) qu’il a fallu deux nouveaux décomptes des voix, et un feuilleton juridique qui dura un mois, pour que George Bush soit déclaré vainqueur en Floride et par voie de conséquence au plan national, bien qu’il ait reçu moins de suffrages populaires que son adversaire (4).

Vu que le scrutin universel direct ne désigne pas le candidat heureux à la Maison Blanche, il est donc malhonnête et absurde d’insister cyniquement sur le choix électoral de la minorité juive américaine. Après tout, les Juifs américains constituent moins de 2 % de la population américaine. Démographiquement parlant, il n’y a là rien de bien surprenant. Devant la population noire qui représente 13% de la population américaine, la population juive est minuscule.

De plus la répartition géographique des juifs américains ne peut pas aider l’électorat juif à avoir plus de poids. Quatre États américains – les États de New York, du New Jersey, de Californie et de Floride – contiennent ensemble plus de la moitié de la population juive américaine. En Floride par exemple, les Juifs ne représentent que 4 % de la population.

Après avoir brisé le mythe sur le vote de la minorité juive, il faut maintenant parler d’un autre volet concernant la propagande antisémite autour d’un « lobby juif ».

Ici les apôtres de la propagande vous diront que « les Juifs dominent complètement les États-Unis » à travers l’AIPAC. Il s’agit en effet d’une véritable Mystification de L’AIPAC.

L’American Israel Public Affairs Committee est une organisation fondée en 1953. Revendiquant quelque cent mille adhérents dans l’ensemble des Etats-Unis, il est dérisoire de prétendre qu’elle influence les décisions de la Maison Blanche

En fait, il ne s’agit pas d’un «lobby» au sens strict du terme, puisque l’AIPAC ne prend pas ses ordres auprès du gouvernement israélien; Il est même de notoriété publique qu’en plusieurs circonstances les dirigeants de l’AIPAC ont été en froid avec le gouvernement de Jérusalem, à qui ils reprochaient des positions jugées  « trop à gauche e.Nous avons d’ailleurs l’exemple du gouvernent Olmert qui est de loin le plus pro palestinien dans l’histoire d’Israël.

Cependant, l’image «droitière» de l’AIPAC doit elle aussi être fortement nuancée, car cette organisation comprend des membres de toutes tendances politiques. Ainsi, Steve Grossman, qui fut le président de l’AIPAC entre 1992 et 1996 (il présida ensuite le Comité national du parti démocrate, et est aujourd’hui l’un des principaux soutiens juifs de Barack Obama), dénonce comme « ridicule » la description de l’AIPAC comme étant une organisation de droite: « Un grand nombre de personnes ayant joué un rôle dans l’AIPAC, y compris moi-même, ont toujours considéré comme essentielle la solution des deux États », déclare-t-il (5).

Il y a donc là aussi beaucoup de préjugés, pour ne pas dire des fantasmes sur l’AIPAC. Des fantasmes qui ne sont pas justifiés et qui occultent le fait que cette organisation oeuvre inlassablement pour la Paix au Proche-Orient. Aujourd’hui, le directeur de la communication de l’AIPAC, monsieur Josh Block, déclare que l’organisation « soutient résolument une solution à deux États, et espère que les négociations en cours entre Israël et les Palestiniens seront couronnées de succès, assurant la paix et la sécurité tant aux Israéliens qu’aux Palestiniens » (6).

La propagande accuse les Juifs américains d’inonder la scène américaine par des dons massifs alors que le poids relatif des donateurs juifs est bien moindre que ce que certains croient; les autres catégories de donateurs (industries diverses, retraités, syndicats, communautés chrétiennes, etc.) les surclassent de très loin.

Contrairement à une autre légende, l’AIPAC ne verse pas d’argent pour financer les campagnes électorales des hommes politiques (d’ailleurs, la loi américaine le lui interdit). Il se contente de faire savoir au grand public, et surtout à ses adhérents, lesquels des hommes politiques en vue ont de « bonnes » positions envers Israël; à chacun, ensuite, d’en tirer les conséquences.

Les médias antisémites présentent l’AIPAC comme un Lobby juif, il faut ici rappeler sans cesse que cette organisation n’est pas un lobby, et encore moins un « lobby juif », parce que ses adhérents ne sont pas nécessairement juifs. Et d’autre part, parce qu’ils ne traitent pas exclusivement du soutien à Israël, mais aussi d’autres sujets concernant la société américaine. Et après tout, les juifs américains sont des citoyens comme tous les autres citoyens américains, ni plus ni moins et il n’y ’a pas donc de raison de polémiquer sur un leur rôle.

On sait qu’ils ont le cœur plus à gauche que la moyenne de leurs compatriotes, et qu’ils se soucient davantage de la sécurité de l’État d’Israël qui est constamment menacée. Cela ne suffit pas pour faire d’eux des acteurs privilégiés de l’élection présidentielle, sauf si l’on croit les journalistes qui disent que ” les juifs détiennent la clé de la politique extérieur des USA ” ou si l’on croit Walt et Mearsheimer qui disent que les Juifs dirigent le monde !!!

Des journalistes et intellectuels délinquants ont tendance à confondre, même s’ils ne le disent pas, lobby israélien et lobby juif. Le lobby israélien n’existe pas (Cette élection a confirmé cette réalité) reste le soit disant « lobby juif » qui défend réellement l’ensemble des causes que peuvent défendre tous les américains, qui sont extrêmement diverses et non limitées à la politique extérieure.

Par exemple, les institutions juives sont hostiles à la notion de « nation chrétienne » qui pourrait être proposée par tel ou tel groupe. Elles sont également hostiles à l’idée que l’État soit trop lié à la religion. Elles sont favorables à l’avortement, souhaitent une libéralisation de la société. Les institutions juives penchent vers le progrès, la réforme et le changement plus que vers le conservatisme.

C’est la raison pour laquelle la plupart des Juifs votent démocrate. En 2004, le président George W. Bush, qui est soit disant le plus pro israélien de tous les présidents des États-Unis, n’a obtenu que 24 % du vote juif, et 76 % se sont portés sur le candidat démocrate John Kerry. Beaucoup de Juifs américains étaient hostiles à l’intervention en Irak, et le sont encore davantage aujourd’hui. De plus, une grande majorité des Juifs américains ont critiqué, de façon parfois virulente, la politique de George W. Bush sur la manière de combattre le terrorisme.

De plus la communauté juive américaine est divisée. Les orthodoxes (8 % de la communauté) ont des positions infiniment plus pro israéliennes que les réformés. Les conservateurs, qui sont au milieu, ont des positions encore différentes. Donc, il n’y a pas véritablement unité dans le monde juif, et par conséquence il n’y’ a pas de « lobby juif ».

En ce sens, l’affirmation selon laquelle les Juifs font aux États-Unis font la pluie et le beau temps est, au minimum une erreur, et en réalité une absurdité. Les Juifs américains ont une position très modeste sur l’échiquier politique. En plus la plupart des Juifs américains qui sont très attachés à Israël, ne considèrent pas que ce soit là un sujet de débat dans la campagne présidentielle.

Le vote de la minorité juive ne mérite bas toute cette agitation médiatique. Cette élection a brisée un des grands mensonges favoris de la presse antisémite, c’est celui de la soit disant puissance de lobby israélien

J’ai constaté, hélas, que nombre de spécialistes malhonnêtes véhiculent leurs préjugés, pour ne pas dire leurs fantasmes contre nos frères juifs. Leur anti-américanisme et leur antisémitisme vont souvent de paire. On est assourdi aujourd’hui a force d’entendre les absurdités comme « l’Amérique est juive », ou  « les Juifs dominent complètement les États-Unis », que  « tous les Juifs sont américains, et tous les Américains sont juifs ». L’année 2008 était un vaste champ à ce genre de fantasmes en raison des élections présidentielles aux États-Unis.

On devrait plutôt rendre hommage à la minorité juive américaine, qui dans l’histoire a toujours été à côté de la minorité noire américaine qui a réussi aujourd’hui à obtenir que l’un de ses enfants accède au poste le plus élevé de l’État. Nous aurions espéré un tel succès avec l’ex-futur vice-président de l’an 2000, le démocrate Joe Liebermann.

Des esprits malades qui ne veulent rien entendre, qui ne veulent rien comprendre, et qui veulent seulement propager le sentiment antijuif n’arriveront pas, avec leurs analyses qui sont d’une pauvreté accablante, à nous faire croire que les juifs commandent le monde. Les apôtres du mensonge et de l’antisémitisme sont tout simplement jaloux que ce petit Peuple de la prophétie soit l’âme de ce monde.

Ftouh Souhail, Tunis

Citoyen du Monde

(1) James Petras est un professeur de sociologie à l’Université Benjamin à New York .Il est auteur de 19 Livres traduits en 29 langues et plus de 560 articles. Il écrit aussi à l’American Sociology Review et dans le Monde Diplomatique.

(2) Le livre de John Mearsheimer et Stephen Walt « Le lobby pro israélien et la politique étrangère américaine » (dont une traduction française a été publiée en 2007 par les éditions La Découverte) prétend que le lobby pro israélien est très puissant aux Etats Unis.
(3) Parmi ces fameux swings states, l’Ohio, est souvent considéré comme le prototype du swing state, ou l’avenir d’un candidat peut être potentiellement basculé

(4) Nous avons là aussi contredit les mesonges antisémites qui ont accompagné le feuilleton juridique de la Floride dans un article publié (en arabe) dans un quotidien tunisien le 16 / 12/ 2000.

(5) Propos recueillis par James Kirchik, The New Republic, 28 mai 2008.
(6) Propos recueillis par Julie Kosterlitz, The National Journal, 16 avril 2008

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 La victoire de Barack Obama, qui est devenu un mardi soir de novembre 2008 le 44e président des Etats-Unis, me rappel que le peuple juif, dont la longue et douloureuse histoire est marquée par les atrocités et les pogromes, était le peuple qui s’est battu le plus ardemment pour la cause des Noirs.

Cette victoire m’interpelle car les valeurs propres au peuple juif et au vécu israélien ne s’opposent pas aux valeurs de l’égalité entre tous l’homme qui sont chers aux juifs de la diaspora mais aussi aux juifs américains. Peut-être aussi parce que la discrimination était toujours la règle contre les juifs.

Il n’est pas donc étrange de voir que ce sont les Juifs qui etainet en première ligne pour participer aux manifestations de la lutte pour la cause des noirs. Des Américains juifs comme Andrew Goodman et Michael Schwerner étaient prêts à mourir aux côtés d’un homme noir, James Chaney, pour la liberté et l’égalité (1).

Pas seulement aux Etats-Unis, l’engagement juif pour la cause des populations noires était universel. De nombreux Juifs ont combattu contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Des grands hommes comme Nelson Mandela ou Martin Luther King étaient reconnaissants pour les juifs qui luttaient tout au long du siècle dernier pour l’égalité et les droits de l’Homme.

La responsabilité sociale et la compassion que promeut la tradition juive expliquent encore aujourd’hui l’appui que donne la grande majorité des juifs américains aux programmes d’aide aux démunis et aux projets d’assurance-maladie dont sont privés des millions d’Américains.

Personne ne peut nier aussi le rôle important que les juifs américains ont joué dans la syndicalisation des industries et des services, dans l’émancipation des femmes noires américaines et dans toute une pléiade de causes progressistes.

Il ne faut pas cesser de rappeler cela aujourd’hui car la propagande antijuive a failli nous faire croire que les juifs américains étaient des partisans inconditionnels d’un candidat blanc à la Maison Blanche Blanche déformant ainsi la réalité pour fomenter, comme d’habitude , le sentiment antijuif.

Les tenants de ces mensonges ignorent superbement que l’égalité qui est si chère aux juifs israéliens l’est aussi pour la grande majorité des juifs américains dont l’engagement pour les valeurs libérales reste inébranlable. Les juifs américains peuvent surtout être fiers qu’Israël soit un État multiethnique et multiconfessionnel. En Israël, tu as des noirs, des blancs, des Chinois, des marocains pures souches, des nord-africains qui sont toujours pris pour des musulmans…Il y a un mélange inimaginable et ça me correspond à aucun pays.

Si les Juifs américains ont voté en masse pour le sénateur noir (78 % d’entre eux ont voté Barack Obama alors que seulement 21 % se sont prononcés en faveur de John Mccain…) c’est parce qu’ils sont fiers du combat de leurs parents et grands-parents en faveur de la juste cause de leurs concitoyens noirs. Mais aussi parce qu’ils sont certains que le président Barak Obama sera le meilleur garent de la consolidation de l’amitié judéo noire.

D’ailleurs l’un des thèmes de campagne de Barack Obama était l’appel à reconstituer « la coalition judéo noire » qui s’était formée quatre décennies auparavant, au temps de la lutte pour les droits civiques. Les Noirs et les Juifs «ont en commun un ensemble de principes quant à l’exigence que l’État mette un terme aux injustices», déclarait-il alors à l’hebdomadaire juif Forward.(2)

En octobre 2004, peu avant l’élection sénatoriale, Barack Obama revenait, dans une longue interview au Chicago Jewish News, sur l’alliance des Juifs et des Noirs. «Le mouvement des droits civiques, rappela-t-il, n’aurait pas réussi comme il l’a fait sans l’énorme contribution de la communauté juive.» Dans la même interview, il évoquait les violences de l’Intifada palestinien : «La politique américaine devrait reconnaître la menace démesurée à laquelle Israël fait face, et devrait soutenir le besoin qu’a Israël de définir lui-même les moyens propres à assurer sa sécurité. Si j’avais peur que mon enfant soit victime de l’explosion de son bus scolaire, je tiendrais à prendre toutes les mesures nécessaires pour éliminer ce danger.»(3)

Plus qu’une consolidation de l’amitié judéo noire, M Barack Obama va plus loin en parlant à une reconstitution de la "coalition judéo noire " du temps de la lutte pour les droits civiques. il y a de quoi être optimistes ; non seulement pour Israël …. mais aussi pour le Darfour !

Le nouveau locataire de la Maison Blanche sait très bien qu’il a une dette en vers le Peuple Juif qui a aidé à émanciper les noirs américains. D’ailleurs il aime à souligner que son prénom ‘Barack’, «béni» en swahili (dérivé de l’arabe) est étymologiquement lié au prénom hébreu ‘Baroukh’. Si il n’y a pas de Juif dans sa famille, son épouse a un cousin juif noir, Capers Funnye, un rabbin de Chicago.

Ira Silverstein, juif orthodoxe qui a partagé son bureau pendant 8 ans avec Barack Obama au Sénat d’Illinois a offert la possibilité au futur locataire de la Maison Blanche de découvrir la dimension religieuse du judaïsme. Silverstein a témoigné aussi qu’Obama s’exprimât chaleureusement envers Israël et il a même passé une loi locale autorisant que des fonds de retraites achètent des « Bonds » du Trésor israélien.

Barack Obama, le nouveau président noir à la tête de la première puissance du Monde a un respect particulier pour le sionisme. Il a évoqué le sionisme comme «la préservation d’une culture pour un peuple déraciné, avec le projet d’un retour à la terre ancestrale ayant parfois exercé une forte attirance sur le jeune métis que j’étais, en quête de racines ». Sa formation intellectuelle a été influencée par des auteurs juifs comme Philip Roth ou Léon Uris confirmant «l’attachement sentimental et la sympathie pour Israël ; L’idée d’un État juif jouissant de la sécurité est une idée fondamentalement juste, et une idée nécessaire». Le Jerusalem Post a même publié un article soulignant que «son rapport à Israël est personnel, authentique et intransigeant».

Le 26 février 2008, Barack Obama a participé à un débat télévisé avec Hillary Clinton. «J’ai un des plus forts soutiens de la part de la communauté juive, dans ma ville de Chicago et dans cette campagne présidentielle». Ce soutien, dit-il, provient de ce qu’il est «un ami résolu d’Israël» dont «la sécurité» est pour lui «sacro-sainte».

Autre raison, selon lui, de ses bonnes relations avec les Juifs: «Ils savent que non seulement je ne tolérerais aucune forme d’antisémitisme, mais aussi que je veux reconstruire ce qui est à mes yeux une relation historique entre la communauté afro-américaine et la communauté juive». Abraham Foxman, le directeur général de l’Anti-Defamation League, la principale organisation de lutte contre l’antisémitisme s’est félicité …

Le 18 mars 2008, Barack Obama avait réussi un coup de maître. Il a prononcé un magnifique discours salué par la presse de l’Outre Atlantique. C’était, le discours de « Philadelphie »que certains présentent déjà comme l’un des textes majeurs de la politique américaine contemporaine. Dans ce discours, Obama avait commencé par faire le constat que l’esclavage est «le péché originel» de la nation américaine. Mais c’est pour souligner aussitôt la remarquable aptitude de l’Amérique à conjurer les démons du passé, une aptitude dont sa propre candidature était le témoignage. Et il n’a pas passé sous silence pour rendre hommage à Israël, constamment menacé par l’islamisme au Proche Orient.

Dans ce discours Obama a dénoncé «une vision profondément déformée de notre pays, une vision qui considère le racisme blanc comme endémique et qui élève tout ce qu’il y a de mal en Amérique au-dessus de tout ce que nous connaissons de bon en Amérique, une vision qui considère les conflits du Moyen-Orient comme foncièrement ancrés dans les actions de solides alliés comme Israël, et non comme résultant des idéologies perverses et haineuses de l’islam extrémiste».

Ce discours émouvant était l’un des grands moments de la campagne de Barack Obama, Il contient beaucoup de passages manifestement destinés à rassurer les amis d’Israël: le candidat a confirmé son attachement au «solide allié» qu’est Israël et il a condamné « les idéologies perverses et haineuses » de l’islamisme extrémiste.

Si donc il y a un Peuple qui peut se réjouir, plus que les autres, de la victoire du premier Président noir à la tête de la première puissance du Monde c’est bien le Peuple juif qui s’est battu le plus ardemment pour la cause des Noirs et qui mérite aujourd’hui la reconnaissance de Barack Obama.

C’est le Peuple juif lui-même exterminé, qui a subi les atrocités des pogromes en Russie et en Europe, ce Peuple massacré, convertit de force, expulsé d’Espagne, des pays arabes, ce peuple massacré, spolié de ses biens, brûlé, violé, anéantit par la barbarie mondiale, oui ce Peuple qu’on appelle les "JUIFS" et dont je considère comme ami avec "FIERTE" CE PEUPLE, qui aime la paix, ce Peuple aime la Justice pour tous les Hommes.

Ftouh Souhail, Tunis

Citoyen du Monde

(1) Andrew Goodman (20 ans), Michael Schwerner (24 ans) et James Chaney (21 ans) étaient trois jeunes juifs, engagés dans la lutte pour les droits civiques des Noirs dans les États du sud, ils furent assassinés le 21 juin 1964 par des membres du Ku Klux Klan.

(2) E.J. Kessler, «Illinois Senate Candidates Eyeing State’s Jewish Voters», Forward, 9 mai 2003.

(3) Pauline Dubkin Yearwood, «Senate Showdown», Chicago Jewish News, 22 octobre 2004
 

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Barack Obama est donc élu 44éme président des Etats-Unis d’Amérique: "I have a dream today" est enfin arrivé. Le 4 août 1961, jour de la naissance d’Obama, la lutte pour l’intégration des noires dans les écoles du Sud des États-Unis n’était pas encore gagnée.

Il faut rappeler que le mouvement des droits civiques n’aurait pas réussi sans l’énorme contribution de la communauté juive. L’idée de justice sociale qui fait partie, dès le début, du mouvement sioniste, a poussé des Américains juifs comme Andrew Goodman et Michael Schwerner à mourir aux côtés d’un homme noir.

Une lecture honnête et réfléchie de l’histoire nous montre que le sionisme, où mouvement de libération nationale du peuple juif, à la fin du XIXe siècle était à côté de la communauté noire américaine dans son combat pour retrouver ses droits civiques et contre la ségrégation.

En août 1967, le Pasteur américain Martin Luther King, le chantre du pacifisme et de la non-violence, combattant la ségrégation touchant les populations noires américaines, qui avait obtenu le Prix Nobel de la Paix en 1964, écrivait ce texte remarquable. Il s’agit d’un Extrait de "Letter to an Anti-Zionist Friend", de Martin Luther King.

Lettre à un ami antisioniste ; par Martin Luther King

« L’antisémitisme, la haine envers le peuple juif, a été et reste une tache sur l’âme de l’humanité. Nous sommes pleinement d’accord sur ce point. Alors sache aussi cela : antisioniste signifie de manière inhérente antisémite, et il en sera toujours ainsi. »

Pourquoi en est-il ainsi ? Tu sais que le Sionisme n’est rien de moins que le rêve et l’idéal du peuple juif de retourner vivre sur sa propre terre. Le peuple juif, nous disent les Ecritures, vécut en union florissante sur la Terre Sainte, sa patrie. Ils en furent expulsés par le tyran de Rome, les mêmes Romains qui assassinèrent si cruellement Notre Seigneur. Chassé de sa patrie, sa nation en cendres, le peuple juif fut forcé d’errer sur le globe. Encore et encore, le peuple juif souffrit aux mains de chaque tyran qui vint à régner sur lui.

Le peuple noir, sait, mon ami, ce que signifie souffrir les tourments de la tyrannie, sous un joug que l’on n’a pas choisi. Nos frères en Afrique ont supplié, plaidé, demandé, EXIGE la reconnaissance et la réalisation de leur droit naturel de vivre en paix sous leur propre souveraineté, dans leur propre pays.

Pour quiconque chérit ce droit inaliénable de toute l’humanité, il devrait être si facile de comprendre, de soutenir le droit du peuple juif à vivre sur l’antique Terre d’Israël. Tous les hommes de bonne volonté se réjouiront de la réalisation de la promesse de Dieu, que son peuple retourne dans la joie sur la terre qui lui a été volée. C’est cela le Sionisme, rien de plus, rien de moins.

Et qu’est l’antisionisme ? C’est le déni au peuple juif d’un droit fondamental que nous réclamons à juste titre pour le peuple d’Afrique et accordons librement à toutes les nations de la terre. C’est de la discrimination envers les Juifs, mon ami, parce qu’ils sont juifs. En un mot, c’est de l’antisémitisme.

L’antisémite se réjouit de chaque occasion qui lui est donnée d’exprimer sa malveillance. L’époque a rendu impopulaire, à l’Ouest, de proclamer ouvertement sa haine des Juifs. Ceci étant le cas, l’antisémite doit à chaque fois inventer de nouvelles formes et de nouveaux forums pour son poison. Combien il doit se réjouir de la nouvelle mascarade ! Il ne hait pas les Juifs, il est seulement antisioniste.

« Mon ami, je ne t’accuse pas d’antisémitisme délibéré. Je sais que tu ressens, comme je le fais, un profond amour pour la vérité et la justice, et une révulsion envers le racisme, les préjugés, la discrimination. Mais je sais que tu as été trompé, comme d’autres l’ont été, en te faisant croire que tu pouvais être antisioniste tout en restant fidèle aux principes que nous partageons toi et moi du fond du cœur. Que mes paroles sonnent dans les profondeurs de ton âme : quand les gens critiquent le Sionisme, ne te trompe pas, ils pensent les Juifs. »
In Saturday Review, XLVII, août 1967 p. 76 Rééd.

Bonne lecture

Ftouh Souhail , Tunis, Citoyen du monde

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Par Ftouh Souhail

Si les Juifs américains ont voté en masse pour le sénateur démocrate (78% d’entre eux ont voté Barack Obama alors que seulement 21% se sont prononcés en faveur de John McCain….) ce résultat vient pour démentir plusieurs fausses rumeurs et confirmer le sondage annuel effectué, par le Comite juif américain, à quelques jours de l’élection présidentielle du 4 novembre, qui a montré qu’une bonne partie des juifs américains appuyaient le candidat du parti démocrate Barack Obama, même s’ils sont moins nombreux qu’ils ne l’étaient en 2004 derrière John Kerry (1)

Il faut dire que les Juifs américains se situent massivement chez les démocrates. Dans l’histoire récente des États-Unis, seuls deux républicains, Dwight Eisenhower et Ronald Reagan, sont parvenus à attirer un tiers des électeurs juifs. C’est dire que les Juifs américains restent fidèles aux candidats démocrates. Mais il est vrai que Barack Obama a fait peur, ses déclarations sur le Proche et le Moyen-Orient avaient inquiétés, surtout en Israël, certains qui ont préférés John McCain. Mais le candidat Obama a parvenu à dissiper les craintes, il a rassuré suffisamment les juifs américains et il a réussi à conserver la grande majorité des suffrages des milieux juifs.

C’est ainsi que les trois quarts des juifs américains ont voté Obama, ce dernier a parvenu à mobiliser la plus grande partie de l’électorat juif. Ce n’était pas une surprise. Près de 80 % des juifs américains appartiennent au parti démocrate ou du moins à une mouvance culturelle démocrate.

Le vote juif (important dans certains "swing states", comme la Floride et la Pennsylvanie) a toujours été majoritairement démocrate. En 2000, Al Gore avait même atteint le score historique de 80% des voix dans cette communauté (ce qui ne l’avait cependant pas empêché de perdre l’élection de la façon que l’on sait).

Alors qu’une fausse rumeur disait que les juifs américains seraient des anti-Obama, le sondage annuel du Comité juif américain a montré qu’une bonne partie des juifs américains appuient le candidat du parti démocrate. Le Comité juif américain qui avait procède à ce sondage a permis de préciser que 57% des électeurs juifs interrogés disaient vouloir voter pour M. Obama, contre 30% pour John McCain. Le résultat du scrutin du 4 novembre a confirmé ce sondage en faisant une bonne douche froide à la propagande anti-juive qui a alimentée cette rumeur.

Même si la candidature Obama avait suscité un certain flottement, en fin de compte les Juifs américains ont toujours un penchant pour un candidat démocrate. Les Juifs ont voté majoritairement démocrate à toutes les élections depuis le début du vingtième siècle (la seule exception est l’élection de 1920, mais c’est parce qu’une partie des votes juifs sont allés au candidat socialiste Eugene Debs).

L’alliance entre les Juifs et le parti démocrate est enracinée dans l’histoire américaine du siècle écoulé. Une histoire où le syndicalisme ouvrier, la lutte contre les discriminations et la défense des droits de l’Homme ont uni des individus très divers par leurs origines et leurs croyances mais partageant – comme le montre bien le roman de Philip Roth ( Le complot contre l’Amérique ) – une aspiration à la justice et à la liberté. Certes, les démocrates du sud des États-Unis n’adhéraient pas toujours, il s’en faut, à ces valeurs. Mais dans les zones de fort peuplement juif, les relations avec le parti démocrate étaient le plus souvent chaleureuses.

Dans les années plus récentes, aussi, le vote juif est resté massivement démocrate. Bill Clinton a reçu 80 % des voix juives en 1992, et 78 % en 1996; et les deux adversaires démocrates de George W. Bush ont reçu respectivement 79 % (Al Gore, en 2000) et 76 % (John Kerry, en 2004) des voix juives.

Même si les Juifs américains étaient nombreux, semble-t-il, à s’interroger. Qui est cet Obama, quelles sont ses racines intellectuelles, quel rapport émotionnel entretient-il avec les Juifs? Ils ne le savent pas vraiment. Mais malgré cela le sondage annuel (de septembre 2008) commandité par l’American Jewish Committee (AJC), a montré que les juifs américains préféraient le candidat Obama (comme on a vu plus haut). Plus que ça, les juifs américains étaient plus clairs en ce qui concerne les colistiers des deux candidats. Soixante-treize pour cent sont satisfaits qu’Obama ait choisi le sénateur Joe Biden comme numéro deux. Seulement 37% pensent que McCain a fait un bon choix en désignant la gouverneur de l’Alaska Sarah Palin comme candidate à la vice-présidence.

Les juifs américains ne portaient pas de préjugés sur la personnalité d’Obama. Tout simplement parce ce que les Etats-Unis, tout comme Israël, sont tous les deux des sociétés multiculturelles, multiconfessionnelles et démocratiques. Qu’Obama soit musulman ou pas cela n’est pas un obstacle pour l’ascension aux pouvoirs dans ces deux pays (d’ailleurs en Israël il y’a des 10 musulmans à la Knesset et un autre qui siége à la Cour Suprême).

La preuve que les juifs américains n’avaient pas de préjugés sur le sénateur Barack Obama , avant même les élections du 4 novembre, c’est que cet afro-américain était aussi bien placé dans les sondages juifs que le candidat républicain. Si l’on en croit les sondages réalisés auprès des électeurs juifs américains, le rapport des forces entre Obama et McCain s’est stabilisé très tôt dans la campagne. En avril 2008, un sondage Gallup indiquait que 61 % des Juifs avaient l’intention de voter pour Obama, et 32 % pour McCain. Un autre sondage, réalisé entre fin juin et début juillet 2008 pour l’organisation pro-israélienne de gauche J Street, donnait à Obama 62 % des voix juives, contre 32 % à McCain. Enfin, en septembre 2008, c’est un sondage pour l’American Jewish Committee qui crédite Barack Obama de 57 % des intentions de vote chez les Juifs, contre 30 % à John McCain. En gros, pour un Juif qui préfère McCain, deux Juifs préfèrent Obama. La préférence juive pour les démocrates semble donc confirmée.

Le jour du 4 novembre 2008 est une victoire des préférences politiques des Juifs américains. L’alliance entre les Juifs et le parti démocrate est désormais plus forte que jamais.

Ftouh Souhail, Tunis
Citoyen du Monde

(1) Il s’agit d’un Sondage annuel (de septembre 2008) commandité par l’American Jewish Committee (AJC), une des principales organisations juives américaines.

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Par Ftouh Souhail

150 millions d’électeurs aux Etats-Unis se sont précipités sur les urnes le 4 Novembre 2008 pour élire celui qui, selon eux, est en mesure de représenter leur nation aux 50 états, celui qui sera capable de « changer ». Barack Obama, est élu justement de l’écrasante majorité des … Juifs américains, qui auraient été près de 80 % à voter pour lui.

Obama a su rassurer cet électorat ainsi que la majorité des amis d’Israël qui s’inquiètent de la fermeté de ce président des États-Unis face à un Iran doté de l’arme atomique. Les discours incendiaires de Mahmoud Ahmadinejad ont bien renforcés les convictions du sénateur de l’Illinois que la sécurité d’Israël est une ligne rouge.

On se rappelle que devant un parterre de 7000 délégués de l’AIPAC, (l’American Israel Public Affairs Committee Barak Obama a prononcé le 4 juin 2008 un discours le plus enflammé que l’on ait entendu de la part d’un président américain ou d’un candidat à la présidence. Il y va d’une assurance d’un Etat qui doit vivre en sécurité dans des frontières sures et reconnues, et d’une promesse absolue que jamais, au grand jamais, il ne négocierait, pour le plaisir de négocier, avec Ahmadinejad.

Lors d’une conférence de presse donnée aux côtés de Tzipi Livni, ministre israélienne des Affaires étrangères, Barack Obama affirmait que « le monde devait empêcher Téhéran d’acquérir l’arme nucléaire ». Dans une interview pour le magazine Atlantique : « je pense que l’idée d’un Etat juif sécurisé est fondamentalement et nécessaire, étant donné l’histoire et l’existence d’antisémitisme ».Pour couronner le tout, le candidat démocrate déclare sur Atlantic.com « mon soutien inébranlable à la sécurité d’Israël reste clair pour eux ».

Un ancien diplomate, Alon Pinkas, avait écrit, dans le Jérusalem Post qu’« Obama n’est pas mauvais pour Israël. […] Il n’a jamais dépassé une limite que les israéliens estimeraient incompatible avec ce qu’une politique moyen-orientale pro israélienne devrait être ».

Afin de dissiper les craintes, Obama, qui s’était rendu, en juillet dernier, en Israël a tenu à affirmer « Je suis ici pour réaffirmer, a t-il déclaré, la relation spéciale entre Israël et les États-Unis, mon attachement indéfectible à sa sécurité, et mon espoir que je pourrais être un partenaire efficace, que ce soit en tant que sénateur ou en tant que président, pour qu’advienne une paix plus durable dans la région ».

Et lorsqu’il a rencontré Mahmoud Abbas, Barack Obama s’était abstenu de toute déclaration publique, en se contentant d’une simple poignée de mains devant les caméras. Même cette poignée de mains, McCain ne l’avait pas accordé au leader palestinien. En mars, lors d’une tournée identique, le candidat républicain a tout simplement zappé l’étape des Territoires palestiniens.

Cette poignée de main avec Mahmoud Abbas doit être interprétée seulement dans le contexte intérieur palestinien et elle signifie que Barack Obama ne reconnaîtra le Hamas. On peut dire aussi que le slogan du « changement » ne signifie pas un abandon d’Israël .Si l’écrasante majorité des Juifs américains, auraient été près de 80 % Obama a voter pour lui c’est parce qu’il a su rassurer l’électorat juif au cours de son voyage en Israël et surtout lors d’un discours devant l’AIPAC (The American Israel public affairs committee). Ce jour là, le message du sénateur Barack Obama était sans ambiguïté : «Ceux qui menacent Israël nous menacent».

Nous avons choisis ces extraits de son intervention devant l’AIPAC, le 4 juin 2008, pour noter que sur le Proche-Orient, ses positions ne différeront pas de ce qui est, depuis un demi-siècle, le consensus américain : il gardera le cap d’une fidélité de principe à Israël.

« C’est quelques années seulement après la libération des camps que David Ben-Gourion déclara la création de l’État juif d’Israël. Nous savions que la création d’Israël était juste et nécessaire, fondée sur des siècles de combats et des décennies de travail obstiné. Mais, soixante ans plus tard, nous savons que nous ne pouvons nous reposer, que nous ne pouvons transiger, et qu’en tant que président je ne ferai jamais aucun compromis lorsqu’il y va de la sécurité d’Israël.

Pas quand s’élèvent encore des voix pour nier l’Holocauste. Pas quand il y a des organisations terroristes et des dirigeants politiques projetant de détruire Israël. Pas quand il existe, un peu partout au Moyen-Orient, des cartes géographiques qui ne reconnaissent même pas l’existence d’Israël, et des manuels scolaires financés par des gouvernements qui sont emplis de haine envers les Juifs. Pas quand des roquettes pleuvent sur Sdérot, et quand des enfants israéliens doivent respirer bien fort et faire montre d’un courage extraordinaire à chaque fois qu’ils prennent un bus ou se rendent à l’école. (…)

Il y a des gens qui attribuent tous les problèmes du Moyen-Orient à Israël et à ses partisans, comme si le conflit israélo-palestinien était la cause de toutes les difficultés dans la région. Ces gens rendent la seule démocratie au Moyen-Orient responsable de l’extrémisme dans la région. Ils font la promesse mensongère que l’abandon d’un fidèle allié serait, on ne sait pourquoi, la voie de la puissance. Ce n’est pas vrai, cela n’a jamais été vrai, et cela ne sera jamais vrai.

Notre alliance repose sur des intérêts communs et sur des valeurs communes. Ceux qui menacent Israël nous menacent. Israël a toujours été en première ligne pour faire face à ces menaces. Et j’amènerai avec moi, à la Maison Blanche, un engagement inébranlable à défendre la sécurité d’Israël.

Cela signifie, d’abord, que l’on garantisse à Israël un avantage militaire qualitatif. J’assurerai qu’Israël puisse se défendre contre toutes les menaces, de Gaza à Téhéran. (…) Nous devrons exporter à notre allié Israël des matériels militaires selon les mêmes règles que celles qui s’appliquent à l’OTAN. Et je soutiendrai toujours le droit d’Israël à se défendre, aux Nations unies et partout dans le monde. (…)

En tant que président, je travaillerai à aider Israël à atteindre l’objectif de deux États, un État juif d’Israël et un État palestinien, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Et je n’attendrai pas pour cela les derniers jours de ma présidence. Je jouerai un rôle actif, et je m’engagerai personnellement à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour promouvoir la cause de la paix, dès mon entrée en fonctions.

Pour entreprendre la longue route vers la paix, il faut des partenaires palestiniens qui s’engagent à faire le voyage. Nous devons isoler le Hamas – à moins qu’il ne renonce au terrorisme, reconnaisse le droit d’Israël à l’existence, et accepte les accords conclus dans le passé. Les organisations terroristes n’ont pas leur place à la table des négociations. (…)

Je veux dire clairement ceci: la sécurité d’Israël est sacro-sainte. Elle n’est pas négociable. Les Palestiniens ont besoin d’un État qui soit contigu et cohérent, et qui leur permettre de prospérer; mais tout accord avec le peuple palestinien doit préserver l’identité d’Israël en tant qu’État juif, avec des frontières sûres, reconnues et défendables. Et Jérusalem restera la capitale d’Israël, et elle doit demeurer indivisible. (…)

N’importe quel Israélien vous dira qu’Israël n’est pas un endroit parfait; mais, comme les États-Unis, il est un exemple pour tous lorsqu’il recherche un avenir plus proche de la perfection. On peut trouver ces mêmes qualités parmi les Juifs américains. C’est pourquoi tant de Juifs américains soutiennent Israël tout en faisant progresser le projet américain. Parce qu’il y a un engagement inscrit dans la foi et la tradition d’Israël: un engagement pour la liberté et pour l’honnêteté, pour la justice sociale et pour l’égalité des chances. Un engagement pour le tikoun olam, l’obligation de rendre le monde meilleur.
Je n’oublierai jamais que je ne serais pas ici, aujourd’hui, si cet engagement n’avait pas existé.

Dans les grands mouvements sociaux qui ont marqué l’histoire de notre pays, les Juifs et les Afro-Américains ont toujours été côte à côte. Ils ont pris ensemble des bus vers le sud. Ils ont défilé ensemble. Ils ont versé ensemble leur sang. Et des Américains juifs comme Andrew Goodman et Michael Schwerner étaient prêts à mourir aux côtés d’un homme noir, James Chaney, pour la liberté et l’égalité. Ce qu’ils nous ont légué, c’est là notre héritage.

Nous ne devons pas tolérer que la relation entre Juifs et Afro-américains soit mise à mal. C’est une alliance qui doit être renforcée. Ensemble, nous pouvons nous consacrer à nouveau à mettre un terme aux préjugés et à combattre la haine sous toutes ses formes. Ensemble, nous pouvons réaffirmer notre engagement pour la justice. Ensemble, nous pouvons joindre nos voix, et ainsi faire tomber les plus puissantes murailles. Ce travail doit comprendre un engagement commun en faveur d’Israël. Vous et moi, nous savons que nous devons faire davantage que demeurer immobiles. C’est le moment d’être vigilants face à tous nos ennemis, au moment même où nous allons de l’avant dans la recherche d’un avenir de paix pour les enfants d’Israël et pour tous les enfants. Le temps est venu de soutenir Israël, qui écrit le chapitre suivant de son extraordinaire voyage. Le temps est venu de nous unir dans l’œuvre de réparation du monde, et je veux être un partenaire de l’AIPAC pour que cela soit possible. »

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