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Cette semaine marqué le 15e anniversaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Itzhak Rabin.

Yitzhak Rabin fut assassiné à Tel Aviv le 4 novembre 1995 à 21h40 par un extremiste juif. Âgé de 73 ans, Yitzhak Rabin est assassiné de deux balles, l’une dans le bras, pour attirer son attention, et l’autre lui sectionna la colonne vertébrale pour ressortir par la poitrine, près du coeur. L’assassinat eut lieu le 4 novembre 1995, juste après avoir prononcé un discours lors d’une manifestation pour la paix sur la place des rois de Tel Aviv. Son assassin est Ygal Amir, un Juif israélien étudiant en droit et opposé aux accords d’Oslo, conclus en 1993 avec les Palestiniens.

Itzhak Rabin est né à Jérusalem le 1er mars 1922. Pendant la guerre d’indépendance, il sert dans la nouvelle armée israélienne et prend le commandement de la Brigade Harel chargée de protéger les convois de ravitaillement pour Jérusalem. En 1941, il s’engage dans le Palmah (unité de commandos ) et joue un rôle important dans la première guerre arabo-israélienne (1948). A la fin de cette guerre, il fait partie de la délégation israélienne aux négociations d’armistice.

En 1949, il est nommé membre de la délégation israélienne lors des premières négociations avec l’Egypte. En 1952, il part étudier en Angleterre à l’Ecole supérieure de Guerre Britannique. Il revient un an plus tard et est nommé général, chargé de la section de l’éducation.

En 1956, il devient commandant de la Région Nord, poste qu’il occupera jusqu’en 1959 lorsqu’il sera nommé chef d’Etat Major adjoint.

De 1964 à 1968, Rabin occupe le poste de Chef d’Etat major. C’est lui qui dirigera Tsahal pendant la guerre des six jours qui sera sans aucun doute la plus grande victoire militaire d’Israël jusqu’à ce jour.

Absent de la scène intérieure lors du quasi-désastre militaire d’octobre 1973 – la guerre du Kippour, – Itzhak Rabin est appelé l’année suivante par Golda Meir, démissionnaire, à prendre la direction du Parti travailliste et, un peu plus tard, la tête du gouvernement

De 1985 à 1990, il participe au gouvernement d’union nationale de la dixième Knesset où il occupera le poste de ministre de la communication puis du 29 juillet 1985 au 15 mars 1990, il sera ministre de la Défense. En mars 1989, le gouvernement adopte son plan d’accord progressif avec les Palestiniens, plan qui servira de base au processus de paix.

En mars 1992, il est élu secrétaire général du parti travailliste face à son éternel rival Shimon Pérès et en juin 1992, il gagne les élections législatives et devient Premier ministre.
Le 13 septembre, il signe les Accords d’Oslo à la Maison Blanche.

Durant l’année 1994, il signe au nom du gouvernement les accords du Caire avec les Palestiniens puis le Traité de Paix avec la Jordanie 24 juillet.
Le 10 décembre de la même année, il reçoit, en même temps que Shimon Pérès et Yasser Arafat, le prix Nobel.

Ftouh Souhail, Tunis
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Il y a 15 ans, le 4 novembre 1995, quelques minutes avant d’être assassiné, Itzhak Rabin prononçait un discours lors d’une manifestation pour la paix, sur la grande place de Tel-Aviv qui, depuis, porte son nom. En hommage à sa mémoire, nous le reproduisons ici

Tel-Aviv, 4 novembre 1995

“Permettez-moi de dire que je suis profondément ému. Je souhaite remercier chacun d’entre vous, qui êtes venus ce soir manifester contre la violence et pour la paix. Ce gouvernement, dont j’ai le privilège d’être à la tête, avec mon ami Shimon Peres, a décidé de donner une chance à la paix – une paix qui résoudra la plupart des problèmes d’Israël.

Pendant 27 ans, j’ai été un soldat. Tant qu’il n’y avait aucune chance pour la paix, j’ai combattu. Je crois qu’aujourd’hui, il existe une chance pour la paix, une grande chance. Nous devons en profiter, pour tous ceux qui sont présents ici, et pour tous ceux qui sont absents, et ils sont nombreux.

J’ai toujours pensé qu’une majorité du peuple aspirait à la paix et était prête à prendre des risques pour elle. En venant ici ce soir, vous démontrez, ensemble avec de nombreux autres qui ne sont pas venus, que le peuple désire sincèrement la paix et s’oppose à la violence. La violence s’attaque à la base de la démocratie israélienne. Elle doit être condamnée et isolée. Ce n’est pas la voie de l’Etat d’Israël.

Dans une démocratie, il peut y avoir des désaccords, mais la décision finale sera tranchée par des élections démocratiques, comme celles de 1992 qui nous ont donné un mandat pour faire ce que nous faisons, et pour continuer dans cette direction.

Je voudrais dire que je suis fier du fait que des représentants des pays avec lesquels nous vivons en paix soient présents avec nous ce soir, et continueront à l’être : l’Egypte, la Jordanie et le Maroc, qui nous ont ouvert la route vers la paix. Je voudrais remercier M. le président de l’Egypte, le roi de Jordanie, et le roi du Maroc, représentés ici ce soir, pour avoir été des partenaires dans notre route vers la paix. Mais, plus que tout autre chose, depuis un peu plus de trois ans que ce gouvernement est en place, le peuple israélien a prouvé qu’il est possible de faire la paix, que la paix ouvre la porte à une économie et a une société meilleures, que la paix n’est pas seulement une prière.

La paix est d’abord dans nos prières, mais elle constitue aussi l’aspiration du peuple juif, une aspiration sincère à la paix.

La paix a des ennemis qui tentent de nous atteindre, pour torpiller le processus de paix. Je voudrais dire sans détour que nous avons trouvé chez les Palestiniens aussi un partenaire pour la paix : l’OLP, qui était notre ennemi, et qui a cessé de s’impliquer dans le terrorisme. Sans partenaires pour la paix, il ne peut y avoir de paix. Nous exigerons qu’ils accomplissent leur part du travail, comme nous accomplirons la notre, pour la paix, afin de résoudre l’aspect du conflit israélo-arabe le plus complexe, le plus long, et le plus chargé en émotions : le conflit israélo-palestinien.

Il s’agit d’un parcours semé de difficultés et de douleur. Pour Israël, il n’est pas de chemin qui soit sans douleur. Mais la voie de la paix est préférable à celle de la guerre. Je vous dis cela en tant qu’ancien soldat, en tant que ministre de la Défense qui connaît la douleur des familles des soldats. Pour elles, pour nos enfants, et dans mon cas, pour mes petits-enfants, je veux que ce gouvernement exploite chaque ouverture, chaque occasion de promouvoir et de parvenir à une paix totale. Même avec la Syrie, la paix sera possible.

Cette manifestation doit envoyer un message au peuple israélien, au peuple juif partout dans le monde, au monde arabe et en fait au monde entier : le peuple israélien veut la paix, il soutient la paix.

Pour tout cela, je vous remercie.

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