Le 13e Sommet de la Francophonie s’est déroulé les 23 et 24 octobre dernier à Montreux (Suisse), en présence de 70 chefs d’État et de gouvernement.
L’ex-président sénégalais Abdou Diouf a été reconduit, pour la troisième fois, au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie, à l’unanimité des participants au 13e Sommet de la Francophonie?.
La fin du sommet a été marquée par la déclaration de Nicolas Sarkozy, plaidant pour une présence de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU.
La présidente de la Confédération suisse, Doris Leuthard a présidé la cérémonie de clôture. Elle a affirmé que les débats du sommet ont été fructueux et constructifs. « La déclaration de Montreux remplit nos attentes, elle contient des engagements forts, concrets, et mesurables », a-t-elle ajouté.
Dans la déclaration de Montreux, les chefs d’État et de gouvernement ont réaffirmé leur soutien à une paix au Moyen-Orient.
« Nous réaffirmons notre soutien aux efforts en vue de parvenir à une paix juste, durable et globale au Moyen-Orient, permettant notamment l’existence de deux États, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, à l’intérieur de frontières internationalement reconnues » dit la déclaration.
« La paix devra être fondée sur les résolutions pertinentes des Nations Unies, particulièrement les résolutions 242, 338, 1397 et 1515 du Conseil de sécurité, les termes de référence de la Conférence de Madrid, la feuille de route du Quartet et l’ Initiative de Paix Arabe telle qu’adoptée au Sommet de Beyrouth, ont indiqué les pays francophones », poursuit la déclaration.
Certes il est bien de parler des espoirs de la paix et de rappeler les résolutions des Nations Unies. Néanmoins, dans cette déclaration, les pays francophones ont oublié une chose fondamentale : La Non adhésion d’Israël à la Francophonie. Israël est toujours écarté de cette organisation malgré ses 20% de francophones alors que son voisin, Égypte y adhère avec 2% sans oublier l’Albanie et les Iles Seychelles avec moins de 1%.
Les Sommets de la Francophonie ont beau, à chaque fois, de nous répéter les mêmes formules classiques du genre « une paix juste » ; « une paix durable » ; « l’existence de deux États » ; mais aussi de faire rappeler les vertus de « la Conférence de Madrid » ; « la Feuille de route » ; la soit -disant « Initiative de Paix Arabe » …et je ne sais pas quoi d’autres expressions et slogans émanant de la langue de bois.
Mais quant il s’agit par exemple de constater tristement que l’adhésion d’Israël à La francophonie est toujours impossible ; on pourrait poser beaucoup de questions sur le sérieux de ces déclarations des pays francophones sur leur pseudo soutien à une paix au Moyen-Orient !
Quelle paix juste dans un Sommet de Francophonie qui se veut « judenrein » ? Comment parler des espoirs des pays francophones dans cette paix alors qu’Israël n’est pas convié à cette fête ni même à rejoindre l’Organisation ? Qui peut vraiment croire qu’une paix sera possible dés lors que les plus proches pays d’Israel exercent un véto (voir une sorte d’apartheid) de sorte que l’Etat hébreu ne puisse rejoindre les institutions de l’Organisation Internationale de la Francophonie ?
Israël reste le grand absent des 56 pays de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Cette non admission d’Israël dans la francophonie est un signe d’intolérance de la part du cercle des pays francophones qui ne reconnaît pas l’existence d’un million d’israéliens connaissant le français.
Le Sommet de Montreux a-t-il ignoré qu’Irsael est une société multiculturelle et que le français arrive en 2è position après l’hébreu et l’anglais ? Que se soit dans le milieu universitaire, culturel, scientifique ou économique, vous observez une démonstration de l’influence de la francophonie dans ce pays. En effet, le fait francophone en Israël est une réalité socioculturelle bien vivace.Les Israéliens francophones sont surtout dépositaires de cette la culture française qui est, par principe, humaniste, ouverte et tolérante.
L’absence d’Israël de la Francophonie est une grande injure à la Culture française. En effet, le fait d’interdire à Israël, la seule démocratie en partie francophone du Moyen-Orient, et le pays où il y a le plus grand nombre de parution littéraire française dans la région , constitue en soi une double offense à la démocratie et à la langue de Molière.
On ne peut que déplorer le blocage psychologique de la France qui empêche l’Etat d’Israel d’intégrer La Francophonie. Paris qui table depuis plusieurs décennies sur une politique Proche-Orientale déséquilibrée en faveur des pays arabes, s’obstine de ne pas abolir la règle absurde de l’unanimité, ou plus exactement du consensus, qui régit le processus décisionnel de la Francophonie. Cette règle permet à la Syrie et au Liban d’interdire à Israël d’en faire partie.
Le peuple israélien, qui a choisi courageusement de continuer le processus de paix, attend aujourd’hui un geste positif en provenance de Paris. Le peuple juif, dont l’histoire est millénaire et qui a vécut longtemps dans la solitude et l’isolement, attend de la France et des autres peuples francophones une initiative qui brise le véto Syrien et libanais dans l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) afin de faire joindre un million de francophones israéliens à cette institution.
Ce sera le meilleur accomplissement de la francophonie en face des tentatives des fondamentalistes, qui aujourd’hui encore, enseignent la haine d’Israel en arabe.
Il faut dire aussi que les intérêts des pays francophones et d’Israël sont semblables: nous voulons un espace francophone démocratique, libre et fraternelle.
L’adhésion d’Israël pourrait conforter les solidarités francophones et établir des liens entre les peuples en matière de paix, de sécurité ainsi qu’à promouvoir les négociations entre les arabes modérés et les juifs francophones.
Il normal donc qu’Israël, l’une des plus authentiques démocraties du bassin méditerranéen puisse retrouver un jour sa place dans les institutions de la Francophonie et contribuer activement, de manière constructive et responsable, au développement de cet espace en particulier en ce qui concerne l’échange des connaissances, du savoir scientifique et technologique entre pays francophones.
L’année 2010 coïncide avec le 40e anniversaire de la Convention de Niamey, acte fondateur de la Francophonie institutionnelle. Le prochain sommet aura lieu à Kinshasa (RDC) en 2012, écrit le quotidien de Dakar. Un Forum mondial de la langue française sera organisée au printemps 2012 au Québec selon La Presse du Canada.
D’ici là, intégration d’Israël au sein l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) pourrait être la source d’une immense joie pour les francophones. En Israël, nous voyons un pays admirable de libre expression, attaché à la démocratie et que les francophones de tous les continents admirent son peuple, si créatif et si courageux.
Ftouh Souhail , Tunis