Wikileaks : Le Hezbollah aurait lui même assassiné Imad Mughniyeh à Damas en 2008

Selon des propos prêtés au ministre de la Défense libanais Elias Murr par des documents américains rendus public par le site Wikileaks, le Hezbollah aurait fait assassiné son commandant alors en Syrie, Imad Mughniyeh ( en photo) à la suite de la Seconde guerre de Liban dont le Hezb, toujours selon la même source, serait sorti bien moins fier qu’il ne l’a prétendu.

Selon les documents révélés par Wikileaks, le mouvement terroriste chiite Hezbollah aurait planifié cette liquidation dans la soirée du 12 février 2008.

Il faut préciser que la personne en question a été sacralisée tant par ses alliés que ses détracteurs. Les Iraniens et le Hezbollah ont pleuré un martyr, tandis que les Américains et les Israéliens ont toujours vu en lui la preuve d’une alliance présumée entre le fondamentalisme sunnite et l’activisme religieux chiite, principalement iranien.

Wikileaks avance un règlement de compte interne au sein du Hezbollah.
Selon des documents étatiques confidentiels mis en ligne l’assassinat a été préparé et exécuté par des agents du Hezbollah. Les auteurs opérationnels de l’attentat seraient probablement trois agents de libanais entrés en Syrie avec de faux passeports iraniens.

Les documents révélés par Wikileaks révèlent que la Syrie aurait acheté sa réintégration à la communauté internationale en facilitant la liquidation de Mughniyeh. Cette thèse a été renforcée par les propos de l’ancien vice président syrien Abd Al Halim Khaddam, qui a déclaré au journal londonien Al-Sharq Al-Awsat que l’attentat s’est produit dans une zone contrôlée par les services de sécurité syriens.

Cette découverte, si elle est confirmée, indiquerait une rupture qui s’opère entre la Syrie d’une part, et l’Iran et le Hezbollah d’autre part. Cette thèse basée sur l’existence d’une commission d’enquête mixte irano-syrienne avec la participation du Hezbollah a été démentie formellement par la Syrie.

Certains opposants iraniens voient, derrière cet assassinat, la main du général iranien Ali Reza Asghari, disparu mystérieusement en Turquie en février 2007. Cet ancien chef opérationnel des gardiens de la révolution au Liban dans les années 80 est un fin connaisseur du nucléaire iranien.

Les interpellations des diplomates iraniens à Erbil en janvier 2007, l’enlèvement d’un diplomate iranien à Bagdad le 20 février de la même année, ainsi que le retrait de Larijani du poste de négociateur du nucléaire avec l’UE, laissent croire que l’assassinat de Mughniyeh serait le fruit d’une collaboration du général Ali Reza Asghari ayant déserté et les services secrets occidentaux principalement la CIA, qui apportent un soutien logistique au Mossad, désigné comme l’auteur présumé de cet attentat.

Ftouh Souhail