La communauté juive du Venezuela est passée en 10 ans de 18.000 à 9.500 personnes, selon les chiffres donnés par le président de la Confédération des associations israélites du Venezuela. Les causes principales de cette réduction seraient l’économie, la sécurité et les attaques antisémites contre la communauté.
Les dirigeants de la communauté juive, ont décidé de fermer certaines écoles juives vu la monté d’actes de violences envers des élèves juifs et le départ des familles.
Le Grand Rabbin Brenner, qui est ouvertement opposé au président Chavez, rappelle quelques incidents qui se sont passés durant les dernières années dans le pays. Il rappelle qu’à deux par exemple il y’a eu une irruption subite de douzaines de policiers armés dans une école juive de Caracas, puis dans un Centre Communautaire de Caracas.
Pinh’as Brenner, Grand-Rabbin du Venezuela, témoigne que « les Juifs du Venezuela, sont inquiets et préoccupés par la tournure des événements les concernant. La propagande anti-israélienne est très présente dans les médias, qui sont dirigés par le pouvoir, et la plupart des citoyens ne font pas la différence entre Juifs et Israéliens».
Cette curieuse et regrettable situation est due essentiellement au dictateur mégalomane qui dirige le pays depuis maintenant neuf ans. Virulemment anti-américain, ami et admirateur de Fidel Castro et d’Ahmadinejad, Chavez nourrit aussi une obsession anti-israélienne et antisémite.
L’avenir de la communauté juive au Venezuela semble aujourd’hui plus sombre que jamais. C’est le site d’information de Gauche Huffington Post qui l’affirme après une enquête d’une journaliste sur place. Le HuffPost est souvent très critique à l’égard de la politique Israélienne et ne peut en aucun cas être soupçonné de parti pris pro juif systématique. Cela ne rend ses conclusions que plus effrayantes.
Un rapport de l’organe de surveillance des droits de l’homme de l’Organisation des Etats américains met aussi en garde contre une possible « menace pesant sur la vie et l’intégrité physique de la communauté juive du Venezuela », par suite de violations par le régime de Chavez des droits politiques et humains de ses citoyens.
Dans un long rapport publié à la fin du mois de février 2010, la Commission interaméricaine des droits de l’homme (IACHR en anglais) accuse le gouvernement vénézuelien d’encourager une atmosphère d' »intolérance politique » et « un climat hostile au libre exercice d’une opposition politique ».
Elle réprouve « l’insécurité civile » qui prévaut dans le pays et réserve ses critiques les plus acerbes à « l’impunité qui prévaut dans les cas de violation des droits de l’homme », y compris dans les cas où la police se rend coupable de mauvaise conduite, d’abus de pouvoir et même de tortures.
L’IACHR, dont le siège se trouve à Washington, est un organe de l’Organisation des Etats américains qui surveille les violations des droits de l’homme chez les membres de cette organisation de coordination et enquête à leur sujet.
A partir du paragraphe 780 du rapport, que l’on peut consulter en ligne sur le site Internet de IACHR , la commission exprime sa préoccupation face aux « informations affirmant que la communauté juive du Venezuela est particulièrement affectée par des incidents violents ».
Le rapport consacre deux longs paragraphes à une descente effectuée par la police en décembre 2007 au Centre hébraïque social culturel et sportif de Caracas, où selon les autorités vénézueliennes, étaient sensées se trouver « des preuve de nature criminelle liées à la perpétration présumée d’un crime contre l’ordre public, la communauté ou la sécurité nationale ».
Le rapport poursuit en rappelant le développement, au cours des dernières années, de la rhétorique « de tonalité antisémite » chez les officiels et dans les médias, et cite un discours prononcé en 2005 dans lequel le président Hugo Chavez accusait « certaines minorités, les descendants de ceux qui ont crucifié le Christ, les descendants des mêmes qui ont chassé Bolivar d’ici et l’ont aussi crucifié à leur manière à Santa Maria, ici en Colombie » de « [s’emparer] de l’or, de l’argent, des minerais, des bonnes terres, du pétrole, des richesses de la planète, et de [concentrer] les richesses entre les mains d’un petit nombre ».
Ces propos et d’autres similaires tenus par des officiels ont été suivis par des « expressions à contenu antisémite dans des programmes et des articles d’opinion, y compris dans les médias contrôlés par le gouvernement ou dans ceux alignés sur le gouvernement comme Cadena Venezolana de Televisión (VTV) ».
La communauté juive a décidé de faire appel à Chavez contre l’antisémitisme.Les commentaires de plus en plus antisémites des médias vénézuéliens ont poussé les dirigeants de la communauté juive de ce pays à demander une rencontre urgente avec le président Hugo Chavez. Les bureaux de la présidence leur ont promis une rencontre dans les dix prochains jours.
Ftouh Souhail, Tunis
