En collaboration avec des services de renseignement étrangers, Israël a déjoué un complot iranien visant à infiltrer des agents des factions d’opposition à l’État iranien, les Mojahedin-e-Khalq (MEK).
Le service de renseignement extérieur israélien avorte une opération, orchestrée par le ministère iranien du Renseignement, qui reposait sur des organisations criminelles chargées de recruter des personnes déjà présentes en Albanie qui concerne des Moudjahidines du peuple iranien (Mojahedin-e-Khalq – MEK), l’une des principales factions d’opposition à l’État iranien.
Trois criminels vivant en Europe, sous la protection du ministère du Renseignement iranien, ont ainsi recruté un criminel installé en Albanie. Le Mossad a identifié les officiers traitants dans un pays européen au sein du ministère iranien du Renseignement qui avaient pour mission de recruter une cellule de ressortissants étrangers chargée d’infiltrer le quartier général des MEK à Durres, en Albanie.
L’Albanie est un pôle important pour les mollahs iraniens, dans le nouvel expansionnisme iranien aux Balkans.
L’État iranien a toujours maintenu, et continue de maintenir, un profil bas en Albanie, orientant son action vers l’intensification des relations culturelles et académiques avec la confrérie Rifaiyya de Tirana et La communauté bektashi.
Cette stratégie de soft power vise à maximiser l’infiltration dans la société albanaise par le biais d’organisations et d’associations culturelles servant de véhicule organisationnel aux Pasdarans et au ministère des Renseignements.
Ces organisations et associations agissent comme des satellites de la République iranienne et opèrent principalement dans trois domaines : l’éducation, l’édition et la religion. L’ensemble de ces organisations et groupes pro-iraniens sont rattachés à la fondation Saadi Shirazi et la Fondacioni Rumi , qui gèrent et supervisent les entreprises culturelles iraniennes implantées dans le pays.
L’Albanie est un pays à majorité islamique (environ 65 % de la population), l’installation progressive des réseaux iraniens en Albanie peut être considérée comme une stratégie géopolitique.
L’Iran supervise un certain nombre d’associations et de fondations à but non lucratif en Albanie formé par la fondation Saadi Shirazi et le Kolegji Barleti (une université privée de Tirana) afin de recueillir des renseignements sur des cibles anti-iraniens.
L’implantation du MEK en Albanie, comme mouvement d’opposition au régime iranien orienté à la fois vers l’Europe et vers le Moyen-Orient, vise la lutte contre les réseaux gouvernementaux et paragouvernementaux iraniens et la pénétration de la République islamique d’Iran dans les Balkans.
L’État iranien a étendu sa présence dans la région à travers un réseau d’organisations et d’activités dans les pays balkaniques. L’Iran a mobilisé, durant la guerre de Bosnie, plusieurs membres des gardiens de la révolution (Pasdarans) et des forces spéciales pour soutenir les Bosniaques. De même, certains combattants bosniaques ont été formés en Iran par les Pasdarans.
Souhail Ftouh