Les pays africains en général, et le Cameroun en particulier, doivent sortir de leur position de neutralité pour soutenir ouvertement Israël dans ce conflit au Moyen-Orient. Plus que jamais, les Camerounais doivent renforcer leurs alliances stratégiques et géopolitiques dans un monde multipolaire où chacun défend avant tout ses intérêts.

La guerre Iran-Israël doit être bien perçue par les Africains. Il s’agit, selon cette analyse, de la survie de l’État hébreu. À Tel-Aviv, le terrorisme palestinien constitue une menace sécuritaire gérable, contrairement à l’Iran, qui menace directement l’existence même de l’État d’Israël.

Si la Russie peut faire la guerre à l’Ukraine pour garantir sa sécurité face à l’OTAN, si la Chine a fait de Taïwan un enjeu majeur de sécurité nationale en s’opposant fermement aux velléités indépendantistes de l’archipel, pourquoi Israël devrait-il laisser l’Iran développer l’arme atomique alors que Téhéran affiche ouvertement son hostilité envers l’État hébreu ?

L’erreur de nombreux Africains est parfois de tomber dans la manipulation des médias occidentaux et arabes qui présentent Israël comme un État génocidaire alors qu’il affirme agir dans le cadre de sa légitime défense.

Pourtant, un véritable drame humanitaire est en cours sur le continent africain. Au Soudan, les FSR sont accusées de massacres, de viols et d’exactions contre des communautés non arabes, notamment les ethnies Massalit, Four et Zaghawa. Malgré les enquêtes en cours de la Cour pénale internationale (CPI), le sujet bénéficie d’une couverture médiatique limitée. Aucun pays du Golfe ne semble prêt à intervenir, comme ce fut également le cas face aux discriminations dénoncées en Mauritanie.

L’enjeu pour l’Afrique

Plus de 60 ans après les indépendances et près de 20 ans après le début de la coopération sino-africaine, les Camerounais continuent de solliciter l’expertise étrangère, y compris dans des domaines élémentaires, faute de véritables politiques de transfert de compétences.

L’État d’Israël est trois fois plus petit que la région de l’Est du Cameroun. Pourtant, il constitue une puissance agricole et technologique majeure. Il compense son manque d’espace par une productivité exceptionnelle et des innovations de pointe qui lui permettent d’atteindre une quasi-autosuffisance alimentaire tout en exportant ses produits. On dit souvent qu’Israël a « dompté le désert ». Une opportunité pour le Cameroun qui, malgré ses millions d’hectares de terres cultivables, dépend encore fortement des importations alimentaires.

Contrairement à d’autres puissances industrielles, Israël, en attente d’une reconnaissance pleine au sein de certaines instances africaines, a mis à la disposition du continent une partie importante de son savoir-faire agricole. L’Afrique gagnerait à en tirer profit.

Israël est également une puissance technologique et économique, parmi les rares à mettre l’accent sur le transfert de technologies dans ses partenariats. Le Cameroun devrait saisir cette opportunité.

Israël n’a pas besoin des matières premières africaines et ne cherche pas à imposer une quelconque civilisation.

En 2023, Israël a été réintégré au statut d’observateur auprès de l’Union africaine.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est l’un des dirigeants israéliens ayant le plus visité l’Afrique. Son discours à l’endroit du continent a toujours été axé sur le renforcement de la coopération et des partenariats stratégiques.

Isolé sur la scène internationale en raison de sa politique sécuritaire, Israël cherche à renforcer ses amitiés en Afrique. Sa stratégie est claire : commerce, aide économique et renforcement des capacités de défense des États africains.

Renseignement, fourniture d’armes, formation, livraison d’outils technologiques de surveillance et d’espionnage : Israël ne ménage aucun effort pour soutenir les pays africains qui ont choisi d’en faire un partenaire privilégié.

L’exemple du Tchad

Le Tchad, pays à majorité musulmane, a ouvert une ambassade en Israël en février 2023, après les accords conclus en 2019. Israël s’est engagé à soutenir le Tchad dans sa lutte contre le terrorisme en lui apportant une assistance en matière de formation, de renseignement et d’équipements militaires.

Selon le ministère israélien de la Défense, les exportations de matériel de défense vers l’Afrique ont fortement augmenté ces dernières années. Elles concernent notamment les technologies de surveillance, de collecte de données et de cyberguerre.

Eau potable

Israël a surmonté ses contraintes hydriques grâce à la technologie de dessalement de l’eau de mer. Ce procédé permet aujourd’hui d’alimenter une grande partie du pays en eau potable. Par ailleurs, près de 90 % des eaux usées sont traitées et recyclées pour l’irrigation agricole.

Ces technologies figurent parmi les plus avancées au monde dans le domaine de l’eau, et Israël les met à la disposition de plusieurs pays africains.

Plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à un service de base d’eau potable. Israël ne se limite pas à l’octroi de prêts ; il exporte également son expertise technologique et déploie des systèmes innovants permettant de purifier l’eau et d’exploiter durablement les ressources souterraines.

L’exemple du Maroc

Dans plusieurs classements récents relatifs à l’industrialisation du continent, le Maroc figure parmi les pays africains les plus performants. Cette dynamique s’est accélérée après la signature d’accords stratégiques avec Israël à partir de 2020.

L’État hébreu a investi dans les énergies renouvelables, l’agro-technologie, les technologies de l’eau et l’industrie. Le constructeur israélien BlueBird Aero Systems, filiale d’Israel Aerospace Industries, a notamment développé des projets dans le domaine des drones.

Le groupe israélien Gandyr, via sa filiale Marom, et la société marocaine Gaia Energy ont signé un partenariat stratégique portant sur plusieurs milliards de dirhams d’investissements dans les énergies renouvelables.

Israël a également contribué au développement de centres d’innovation, de partenariats universitaires et de projets de dessalement et d’irrigation intelligente.

Le cas de l’Éthiopie

Israël investit massivement en Éthiopie, notamment dans le transfert de technologies, l’agriculture durable, les infrastructures et l’innovation.

Grâce à son expertise en gestion de l’eau et en irrigation, Israël contribue à l’amélioration des rendements agricoles éthiopiens.

L’Éthiopie est aujourd’hui l’un des principaux producteurs de blé du continent africain.

Israël accompagne souvent ses accords économiques par une coopération sécuritaire et militaire. Le Cameroun ne devrait pas se limiter à l’expertise israélienne dans le domaine militaire à travers le BIR. Israël peut également contribuer à résoudre les déficits en eau, en électricité et dans d’autres secteurs technologiques stratégiques.

S’il existe un pays qui est resté fidèle à ses alliés au fil des décennies, c’est bien Israël.

Le Qatar fut le premier soutien occidental dans la guerre contre la Libye de Kadhafi. Bien qu’étant un pays arabe, aucun pays du Golfe n’a soutenu l’Afrique dans cette guerre contre le Guide libyen.

Abandonné par le monde arabe, le Guide libyen avait espéré que l’État hébreu utilise son influence auprès des États-Unis et de la France pour faire cesser les bombardements. Cette requête est restée sans suite.

Et pourtant , après les événements de la place Tian’anmen et l’embargo occidental imposé à la Chine, Pékin s’est tourné vers plusieurs partenaires pour accéder à certaines technologies de pointe. Israël a alors figuré parmi les pays ayant entretenu des relations de coopération technologique avec la Chine, malgré les pressions internationales.

Albin Michel Njilo

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