Un an après sa dernière visite à Paris, Bachar el-Assad a déjeune ce jeudi, 9 décembre 2010, avec Nicolas Sarkozy à l’Élysée.

Le dictateur syrien Bachar al-Assad a affirmé qu’il n’y avait « pas de partenaire israélien pour la paix ». Selon lui, la nouvele condition imposée par l’Etat juif à tout accord de paix est « tout à fait inacceptable d’un point de vue juridique ».

Le tyran arabe a fait allusion à la décision du 23 novembre dernier, par laquelle Israël avait posé légitimement comme condition l’approbation par référendum populaire de toute concession territoriale aux termes d’un accord de paix.

« Si on veut parler de la paix, il faut parler du droit de la restitution des territoires, il ne faut pas parler des colonies ni de colonisation », a-t-il déclaré après une rencontre avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée.

« Les efforts américains n’ont mené nulle part à cause de l’intransigeance israélienne », a-t-il dit.

Selon le journal Al Watan, le président français, Nicolas Sarkozy, aurait invité le dictateur syrien, Bachar al Assad, à venir à Paris .Après avoir reçu son homologue syrien à Paris, en juillet 2008, à l’occasion du premier sommet de l’Union pour la méditerranée (UPM), Nicolas Sarkozy a été le premier chef d’un État occidental à se rendre à Damas, en septembre 2008, depuis six ans.

Les entretiens étaient concentrés principalement de la situation au Liban. Paris a tenté de convaincre Damas de l’aider à calmer les esprits à l’annonce du rapport du TSL sur l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, mettant en cause la responsabilité du Hezbollah.

Le président français, qui a relancé la relation franco-syrienne en 2008, continue de parier sur l’influence modératrice revendiquée par Damas au Moyen-Orient. Et d’abord au Liban, où son allié chiite, le Hezbollah, fait monter la pression à l’approche de la remise de l’acte d’accusation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre, Rafik Hariri.

Le Parti de Dieu, qui s’attend à être mis en cause par la justice internationale, a même menacé de s’emparer du pouvoir si ses intérêts vitaux étaient mis en danger. Nicolas Sarkozy veut à tout prix conjurer ce scénario, qui risquerait de plonger la région dans la confrontation. Pour Israël, en effet, « un coup de force du Hezbollah est inacceptable, et nous irons jusqu’à Beyrouth pour l’en empêcher », a récemment confié un haut responsable militaire israélien à son homologue français.

Le Syrien Bachar al-Assad, en visite à Paris, s’est montré prudent vis-à-vis du Liban, alors que le Hezbollah, principale milice libanaise soutenue par la Syrie, pourrait être bientôt mis en cause dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Alors que le Hezbollah et Michel Aoun poursuivent leurs tirs croisés (et nourris) contre le TSL et le cabinet gouvernemental, Saad Hariri a affiché sa détermination, en coulisses, à réunir ce samedi le Conseil des ministres, « sans la moindre volonté de défier quiconque ».

Le fragile gouvernement libanais, dont fait partie le Hezbollah, se trouve en difficulté à l’approche des inculpations attendues par le Tribunal spécial pour le Liban, chargé de poursuivre les auteurs de l’attentat du 14 février 2005 qui avait coûté la vie à Rafic Hariri et 22 autres personnes à Beyrouth.

Les spéculations sur de possibles inculpations de membres du mouvement chiite armé du Hezbollah font craindre une nouvelle crise politique et de nouvelles violences au Liban, entre les partisans sunnites de Rafic Hariri et les chiites soutenant le Hezbollah. De son côté, la Syrie, alliée du Hezbollah, a toujours démenti toute implication dans l’assassinat de Rafic Hariri.

Ftouh Souhail, Tunis

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