Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a été l’invité le 13 décembre 2010 au Festival mondial des arts nègres à Dakar (Sénégal)
Il appeler à créer «une seule armée africaine» et «un seul gouvernement africain», tandis que le président sénégalais Abdoulaye Wade réclamait «l’instauration des Etats-Unis d’Afrique».
«Nous sommes en train de vivre un nouvel assujettissement», a lancé le dictateur libyen, présentant l’Afrique comme «une proie que tous les loups de par le monde veulent dévorer» en pillant ses ressources minières et halieutiques.
«A bas l’impérialisme! L’Afrique doit s’unir, pour qu’on ne redevienne pas des serfs ou des esclaves. Il faut mettre en place un gouvernement d’union pour le continent africain, que l’Afrique ait une seule armée (…) qui se composerait d’un million de soldats», a-t-il insisté.
C’est vraiment honteux que Kadhafi parle de l’impérialisme! La Libye qui n’a jamais caché ses ambitions de domination politique et économique sur les Etats d’Afrique Noire, cherche aujourd’hui à mettre la main sur l’ensemble du Contient en abusant de ses moyens financiers et l’autorité du pétrodollar .
Qui pourra occulter l’implication de la Libye au Tchad ? Une stratégie visant à occuper et même annexer de larges portions du territoire tchadien combinée à un soutien continu aux opposants du régime, qui a conduit dans les années 1980 à plusieurs confrontations militaires que le Tchad a été en mesure de gérer grâce à l’aide de la France, son ancienne puissance coloniale.
La Libye a ensuite été tenter d’ex¬ploiter la chute d’Hissène Habré et l’arrivée au pouvoir d’Idriss Déby, ces évènements coïncidant avec les sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU, qui l’ont isolé et affaibli dans les années 1990. Tripoli a toujours voulu intimider son voisin tchadien.
La Libye ne pouvait fondamentalement pas changer le cours de sa politique de conquête
La Libye a, rappelle-t-on, depuis des décennies cherche à contrôler les pays africains . C’est dans ce cadre qu’a été créée en 1990 la Libya Arab Africa Investment Company (LAAICO), avec comme principal objectif de contrôler économies africaines à travers des investissements de fonds libyens dans des secteurs stratégiques.
Le capital de la LAAICO est placé sous la tutelle de la Libya Africa Portfolio (LAP), qui pèse 8 milliards de dollars et qui englobe Oil Libya Holding Company, LAP GREEN Holding Co, Rascom Star – QAF, et Laptech Holding Co ltd, la Libya Africa Financial Company (LAFICO), Afriqiya (la compagnie aérienne à vocation panafricaine), la Banque sahélo-saharienne pour l’industrie et le commerce (BSIC) et Oilibya.
D’importantes bases d’influence économique libyenne en Afrique noire gagnent en importance dans plusieurs pays africains dont le Ghana, le Nigeria, le Niger, le Tchad, le Madagascar, le Cap-Vert, l’Ouganda, entre autres.
Au Togo, les investissements libyens sont déjà visibles dans la banque, l’agriculture et l’hôtellerie. Les Libyens ont ainsi racheté récemment l’hôtel du « 2 février » de Lomé. Une tour de verre de près de 35 étages.
En raison de la crise du Darfour, la Libye a été en mesure, depuis 2003, de consolider sa position en Afrique .Tripoli a utilisé son autorité pour accueillir les négociations sur le Darfour. Moyennant quelques pétrodollars de plus, le dirigeant libyen s’est offert une autre petite consécration, en accueillant l’ONU et l’Union africaine pour les pourparlers sur le Darfour.
Au Tchad, Kadhafi a fournit les moyens financiers et politiques de la stratégie de Déby de cooptation des opposants, grâce à des postes et de l’argent, entravant ainsi toute réforme interne sérieuse qui pourrait éventuellement conduire le pays à sortir de sa longue crise politique.
En effet, la Jamahiriya arabe libyenne lutte contre toutes les idées démocratiques en Afrique Elle utilise la propagande à outrance parmi les peuples d’Afrique .Elle a aussi des relations très étendues avec tous les mouvements violents en Afrique. Tripoli tente seulement de développer sa présence politique, économique et militaire en Afrique et, à travers elle, le rôle des Fonds libyen d’investissements.
La Libye, le pays de Kadhafi, le « Chef de fille » de l’unité africaine figure au premier des pays qui expulsent les frères africains.
Et je n’ai jamais entendu un seul Chef d’Etat africain condamner cette pratique. Mieux ce Kadhafi est salué pour ses idées d’unificateur. Pire, il est aujourd’hui le Président de l’Union Africaine. Une preuve irréfutable de la politique négrophobe en Libye, celui qui s’autoproclame le »roi des roi » de l’Afrique et ami des africains. Cache bien son jeu à des millions noirs africains et tente de les embobinés avec comme support la religion islamique.
Ftouh Souhail, Tunis
