Le Caire aurait décidé de couper tout contact avec les leaders du Hamas, à en croire le journal Al Masryoun, citant des sources égyptiennes haut placées. L’Egypte aurait également décidé de ne plus leur accorder de visa pour accéder à son sol prochainement, et de geler tous les canaux de communication diplomatiques et sécuritaires avec eux.
Les relations entre Le Caire et le mouvement islamiste de Gaza se sont détériorées ces dernières semaines lorsque les forces égyptiennes ont envoyé le 29 avril dernier du gaz toxique dans un tunnel transfrontalier utilisé pour l’acheminement de produits dans la Bande de Gaza, provoquant la mort de quatre Palestiniens, ont rapporté mercredi des responsables du Hamas.
Depuis la mort d’un soldat Egyptien en janvier 2010 durant les manifestations entre des Palestiniens et les soldats Egyptiens à la frontière dans la région de Rafah, le Hamas n’est plus en odeur de sainteté en Egypte, qui le rend directement responsable l’échec de la réconciliation inter-palestinienne, mais également responsable de la tension entre l’Egypte et la Syrie et par extension de la tension qui persiste entre les axes sunnite des pays dits « modérés » (Arabie saoudite, Jordanie, Egypte) et chiite composé de l’Iran, de la Syrie et des mouvements terroristes régionaux (le Hamas, le FPLP, le Hezbollah, ..)
Hosni Moubarak a refusé en mars 2010 la participation du Hamas au sommet arabe à Tripoli. L’Egypte a posé comme condition que seule les « gouvernements et régimes politiques » soient représentés alors que les axes des pays dits « durs » ont tenté d’imposer Khaled Meshaal, le chef du bureau politique du Hamas à l’étranger .
Le construction d’une barrière antitunnels a participé aussi à la détérioration des relations avec le régime semi clandestin de Gaza. Le nouveau mur souterrain en acier que l’Égypte construit, avec l’aide des États-Unis, le long de sa frontière avec la bande de Gaza a poussé les fondamentalistes d’ accusée le Caire de participer activement au « blocus de Gaza ». Le accuse aussi le régime modéré du Moubarak de détenir plusieurs hauts responsables du mouvement islamiste, qui sont emprisonnés en Egypte depuis leur infiltration illégale en 2007 lorsque le Hamas avait pratiqué des brèches dans la clôture frontalière de Rafiah.
Il ne faut pas oublier aussi que les terroristes du Hamas, ne sont rien d’autres que des terroristes au nom des « frères musulmans » égyptiens dont Moubarak avait eu tant de mal à se débarrasser quand ils lui « plombaient » son territoire avec attentats divers et variés, égorgements à la carte des terroristes aux pieds des pyramides…
Depuis la fin de l’année dernière et sur ordre du ministre égyptien des Renseignements, Omar Suleiman, les forces de Police égyptiennes on procédé à des dizaines d’arrestations de responsables des « frères musulmans » au Caire, y compris de leurs proches et sympathisants du Hamas.
Mieux vaut tard que jamais ; la décision de l’Egypte de couper tout contact avec les leaders du Hamas, de ne plus leur accorder de visa et de geler tous les canaux de communication diplomatiques et sécuritaires avec ce mouvement vient confirmer le malaise des autorités égyptiennes de ce mouvement issu des frères musulmans d’Égypte et financé par Téhéran.
L’islam radical que le Hamas préconise devrait inquiéter plus qu’un régime arabe .L’islam radical demeure la menace omniprésente qui pèse plus spécialement sur l’Egypte et la Jordanie voisine. Le Hamas croit, tout comme les « frères musulmans » égyptiens, le Hezbollah et d´autres organisations religieuses que les régimes arabes sont des instruments aux mains des occidentaux. Les positions du Hamas sont d’ailleurs sans ambiguïté. Le Mouvement de la Résistance Islamique ambitionne d’établir un califat islamique.
A nous donc de saluer cette décision égyptienne de rompre tout constat avec ce mouvement radical, puisque le Hamas ne peut en au cas être un interlocuteur valable dans cette région. Fort du soutien de l’Iran, le Hamas qui, a pris le pouvoir au Fatah à Gaza (dans le sang ne l’oublions pas), ne représente pas l’ensemble des palestiniens. Ceux qui ont été basculés du haut des immeubles à Gaza, les familles éventrées en Algérie vous le diraient mieux que moi s’ils étaient encore en vie. Le Hamas manipule les palestiniens : Il se sert de leur situation, de leur rancœur, de leur désespoir (lié à leur situation) pour les rallier a sa cause.
Il est dommage par contre que certains pays respectables comme La Russie par exemple veulent présenter le Hamas comme un mouvement fréquentable. Le président russe Dmitri Medvedev s’est rendu en Syrie, le 10 Mai dernier, où il a rencontré le chef terroriste du Hamas Khaled Mechaal, et a même appelé à joindre le Hamas aux pourparlers de paix au Proche-Orient, contrairement à l’avis des égyptiens et des jordaniens. Le président russe Medvedev a discuté, longuement avec le principal terroriste assassin du Hamas, Khaled Meshaal, responsable d’un terrorisme islamique semblable à celui dénoncé par la communauté internationale dans le Caucase Nord.
Pire encore et alors que Le Caire et Amman n’ont plus de contact avec le Hamas, l’attitude de certains responsables à Washington se caractérise par l’ambiguïté à ce sujet. Le 2 Avril dernier nous pouvons lire au Wall Street Journal que l’administration Obama a renouvelé le contact avec des dirigeants du Hamas.
Le chargé des Affaires étrangères au sein du Hamas a même indiqué que l’administration Obama n’est pas comme l’administration Bush et que l’hostilité de Washington envers l’organisation terroriste s’est notamment modérée ! Le responsable du mouvement terroriste a espéré que le message du Hamas parvient aux bonnes oreilles à la Maison Blanche. Il a même confirme qu’il y a eu plusieurs réunions avec des Américains. Robert Malley le diplomate maison de Bill Clinton et Thomas Pickring ambassadeur des Etats-Unis à Tel Aviv dans les années 90 comptent parmi ces diplomates américains qui ont rencontré à Zurich l’été dernier Mahmoud A-Zahar et Oussama Hamdan.
A nous donc de saluer Le Caire et Amman en faveur d’un boycott total du Hamas
Ftouh Souhail, TUNIS