« Dégage » nous pouvons lire en Arabe dans la photo au centre du Caire à l »encontre de Moubarak
L’armée égyptienne, au pouvoir depuis la démission du président Hosni Moubarak, a promis ce samedi une « transition pacifique » vers « un pouvoir civil élu ». L’armée, en grande partie laïque, devrait permettre cette transition démocratique.Les leaders de la contestation populaire en Egypte ont promis de protéger la révolution.
Pour la première fois, les Frères musulmans, première force d’opposition dans le pays, prendront part aux efforts de constitution d’un nouveau régime apres le départ du président Moubarak. Les Frères musulmans, principale force d’opposition en Egypte, ont appelé ce samedi à une passation pacifique du pouvoir à un gouvernement civil. Ce mouvement qui constitue la principale opposition au régime égyptien a annoncé que 34 de ses activistes, dont 6 membres de la direction, se sont échappés de prison au cours d’une émeute.
Près de 600 prisonniers se sont évadés ce samedi d’une prison du Caire après des émeutes. Plusieurs personnes ont été tuées ou blessées, a-t-on appris auprès des services de sécurité égyptiens.
Des centaines de personnes ont trouvé la mort depuis le début du mouvement de protestation contre le président Hosni Moubarak le 25 janvier dernier .La majorité sont des jeunes qui ont été tuées dans les manifestations et les émeutes particulièrement violentes qui ont secoué l’Egypte, ont indiqué des sources officielles au sein du ministère de la Santé.
Des dizaines de personnes ont été tuées aussi dans des altercations entre bédouins et l’armée égyptienne au nord du Sinai. Et une vingtaine de personnes ont été tuées et 75 blessées au cours de plusieurs jours d’altercations entre manifestations et forces de l’ordre à Suez. Le siège de la Sûreté de l’Etat de la ville égyptienne de Rafah, à la frontière avec la Bande de Gaza, a été attaqué à plusieurs reprises lors d’accrochages entre manifestants et policiers.
L’armée égyptienne commençait ce samedi matin à enlever les barricades sur la place Al-Tahrir, au Caire, où les Égyptiens se sont à nouveau réunis aujourd’hui. L’armée a fraternisé avec le peuple durant cette révolution et certains Égyptiens se prennent même en photo avec des blindés.
Des affrontements ont eu lieu avec la police, aux abords du ministère de l’intérieur, où des manifestants ont essayé d’entrer. Trois manifestants partisans de Moubarak auraient été tués, rapporte Al-Jazira.
L’armée égyptienne, chargée de la gestion du pays depuis la démission vendredi du président Hosni Moubarak, a décidé d’alléger de quatre heures le couvre-feu en vigueur dans trois grandes villes dont Le Caire.
Le président Hosni Moubarak avait étendu le couvre-feu à toute l’Egypte.Le couvre-feu, etait décrété pour les trois grandes villes du Caire, Alexandrie et Suez, il était en vigueur de 16H00 à 08H00.
Des dizaines de milliers d’Egyptiens ont bravé ce couvre-feu durant les 18 jours de leur révolte sanglante sans précédent contre le régime du président Moubarak qui a nommé pour la première fois en 29 ans de règne un vice-président ainsi qu’un nouveau Premier ministre.
Hosni Moubarak était surpris par de violentes manifestations hostiles à son pouvoir qui se sont éclatés en Égypte fin janvier 2011. Ces manifestations se sont déroulées peu après la Révolution tunisienne.
Face à des rassemblements records depuis le 25 janvier, le président contesté a ouvert la voie au dialogue en annonçant l’adoption de plusieurs mesures importantes.
Le président égyptien a joué la carte de l’apaisement. Il a d’abord annoncé la formation d’un nouveau gouvernement et a promis des réformes .Le chef du Renseignement égyptien, Omar Souleimane, avait prêté serment en tant que vice-président.
Le 28 janvier 2011, il décide de limoger le gouvernement, mais ne démissionne pas. Le ministre de l’Aviation, le général Ahmad Chafic, a été chargé de former le gouvernement en Egypte par un décret du président Hosni Moubarak, succédant à Ahmad Nazif. Moubarak avait chargé aussi son nouveau Premier ministre Ahmad Chafic de promouvoir la démocratie en dialoguant avec l’opposition.Les manifestants ont jugé ces décisions insuffisantes.
Moubarak avait annoncé 1 février 2011 qu’il ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre, dans un discours officiel retransmis à la télévision nationale. Il souhaitait aussi alléger les conditions de candidature à la présidentielle. Dans son discours du 10 février 2011, il annonce qu’il conserve son poste de président de la République jusqu’à des élections libres et qu’il transfère ses pouvoirs entre les mains du vice-président Omar Souleiman.
Le pouvoir égyptien avait envisagé la formation d’une commission d’enquête sur les violences commises à la place Al-Tahrir lors d’affrontements entre les militants et les opposants du président Moubarak. Les appels à la démission se sont multipliés au fur et au mesur de la répression des manifestations organisées pour réclamer la démission du président Moubarak.
Le Premier ministre égyptien Ahmed Shafik avait présenté aussi ses excuses pour les violences affligées aux manifestants de l’opposition par les partisans du président Hosni Moubarak. Dans une interview diffusée 3 février 2011 par la télévision nationale égyptienne, il s’est engagé à ouvrir une enquête contre les responsables de ces actes.
L’ancien ministre égyptien de l’Intérieur Habib al Adli a été limogé et le gouvernement a promis de le traduir devant un tribunal militaire. D’anciens ministres et responsables égyptiens, dont le magnat de l’acier Ahmad Ezz, ont été interdits de sortir d’Egypte et leurs comptes ont été gelés, a annoncé le parquet général égyptien.
L’ex-ministre égyptien du Commerce et de l’Industrie Mohamed Rachid Mohamed a été interdit de quitter le pays et ses comptes bancaires ont été gelés, a indiqué l’agence de presse officielle Mena.
Les autorités judiciaires en Egypte ont ouvert aussi une enquête officielle pour corruption visant trois ex-ministres du gouvernement et un ancien dirigeant du parti au pouvoir, a annoncé jeudi la télévision publique égyptienne. Les trois ministres faisaient partie du précédent gouvernement Moubarak, dissous le 29 janvier Le bureau exécutif du parti au pouvoir en Egypte avait annoncé 5 février 2011 sa démission, au douzième jour de contestation populaire.
Les États-Unis avaient considérés comme un »pas positif » la démission des cadres du parti au pouvoir en Egypte, et notamment celle du fils du raïs, Gamal Moubarak. Washington avait poussé Moubarak à d’autres mesures en vue d’un changement politique dans le pays. Obama avait conseillé le raïs de se destituer sans bains de sang. Il a appelé Hosni Moubarek à quitter sans tarder le pouvoir.
Le raïs égyptien a fini par céder à la pression de la rue. L’armée prend les commandes du pays. L’onde de choc est en passe de secouer le monde arabe.
Fouh Souhail, Tunis
