Sameh Shoukry, ambassadeur égyptien aux États-Unis
L’ambassadeur d’Égypte en poste aux États-Unis, Sameh Shoukry, a assuré le 13 février 2011, dans une interview accordée à la chaîne ABC, que le traité de paix signé entre son pays et Israël serait maintenu. Un traité, souligne-t-il, qui a été bénéfique pour son pays pendant 30 ans. «Nous avons retiré de nombreux bénéfices de cet accord de paix», a déclaré Shoukry avant d’ajouter : «Nous avons pu maintenir la sécurité et la stabilité dans la région».
Le conseil suprême des forces armées a également annoncé le 12 février 2011 dans son « communiqué numéro 4 » que l’armée égyptienne, chargée du pays depuis la démission vendredi du président Hosni Moubarak, qu’il garantira une « transition pacifique » vers « un pouvoir civil élu », et assuré que l’Egypte respecterait les traités « régionaux et internationaux » qu’elle a signés.
Les événements qui bouleversent l’Egypte et plus généralement le monde arabe inquiètent Israël. Le départ d’Hosni Moubarak a surtout laissé des doutes sur le sort des accords qui ont été signés avec son voisin Israélien.
L’Egypte a été, en 1979, le premier pays arabe à signer un accord de paix avec Israël, mais celui-ci ne s’était guère traduit dans des gestes concrets. Le Caire a même rappelé son ambassadeur à tel-Aviv, en 2000, au début de la seconde Intifada. De nombreux observateurs estiment que la continuité et la stabilité des relations entre l’Égypte et Israël est dans l’intérêt des deux pays.
Pour Israel, le Traité de 1979 bouleversa la donne au Moyen Orient. Pour la première fois, un grand pays arabe reconnaissait l’État hébreu, optant pour une non-belligérance à laquelle se sont ralliés de jure la Jordanie et de facto d’autres pays arabes. Les accords de Camp David avaient le mérite de détruire la vision d’un front arabe uni conte Israël. La frontière du Sinaï est paisible, à l’exception des trafics d’armes qui transitent vers la bande de Gaza par des tunnels clandestins.
Pour l’Égypte, le Président Sadate a eu la prévoyance et le courage de changer la politique de son pays et de le mener jusqu’à la paix ne voulait pas laisser son peuple mourir pour les slogans. Les motivations de Sadate étaient d’ordre économique, surtout l’aide des États-Unis à une économie égyptienne en mauvaise posture.
«Nous avons retiré de nombreux bénéfices de cet accord de paix», a déclaré l’ambassadeur Shoukry aux États-Unis Shoukry.
L’histoire de l’accord sur les QIZ illustre ce que peut faire la coopération entre deux pays voisins en paix. Il s’agit des Qualified Industrial Zones – des zones industrielles spéciales.
L’accord signé par Israël et l’Egypte avec l’assentiment des États Unis à la fin 2004 permet à l’Egypte d’exporter ses produits industriels aux États Unis sans avoir à payer des droits de douane dans le cadre de la Zone commerciale libre qui existe entre les États Unis et Israël, à la condition que 12% du produit fini soient fabriqués en Israël et que la production en Egypte se fasse dans des zones industrielles agréées par les Américains. Ceci a sauvé l’industrie textile égyptienne qui était sur le point de perdre le marché américain à la suite de la nouvelle réglementation de l’Organisation Mondiale du commerce.
Cet accord a même permis à l’Egypte d’augmenter ses exportations de textiles vers l’Amérique qui sont passées de 200 millions de dollar à 800 millions de dollars.
Le même type de ZIQ a déjà été réalisé entre Israël et la Jordanie en 1996. Il devrait porter les échanges commerciaux israélo-égyptiens de 44 millions à 70 millions de dollars par an.
Les États-Unis sont actuellement le premier client et le deuxième fournisseur de l’Egypte, avec en 2003 1,14 milliard de dollars d’exportations (essentiellement du pétrole) sur le marché américain et 2,66 milliards d’importations. Suivent l’Union européenne et le Japon.
En soulignant l’importance du traité de paix entre le Caire et Jérusalem, l’ambassadeur égyptien aux Etats-Unis a fait preuve de pragmatisme en rassurant que son pays veut préserver la paix avec Israel.
Malgré l’impasse totale dans les perspectives de règlement du conflit israélo-palestinien et les cris des fanatiques, les égyptiens qui sont épuisés par le chômage et la pauvreté ont besoin de travailler en fructifiant les échanges commerciaux avec Israel ainsi que les flux touristiques. L’économie égyptienne n’y trouvera que des avantages.

