Le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahu a affirmé cette semaine qu’Israël doit passer à l’énergie alternative pour réduire sa dépendance au pétrole et aux pays producteurs de brut, dans une allocution retransmise à la conférence sur les énergies alternatives à Eilat.
»Si nous parvenons à réaliser cette révolution, cela ressemblera à la découverte de la réfrigération au XIXe siècle », a-t-il ajouté.
Le vice-Premier ministre Sylvan Shalom a pris part dans cette conférence dédié aux énergies renouvelables.
Une dizaine d’intervenants israéliens et étrangers se sont succédés pour évoquer les problématiques transverses aux énergies alternatives (biomasse, éolien, solaire , géothermie).
Pres de 100 participants ont pris part à l’évènement pendant trois journées avec un focus spécial sur les jeunes chercheurs qui ont eu l’occasion de présenter leurs travaux. Les participants ont fortement apprécié le fait de pouvoir rencontrer des intervenants d’autres pays mais aussi d’autres disciplines que la leur.
Cet évènement était l’occasion de parler d’une problématiques importante liées aux énergies intermittentes : le stockage efficace de l’énergie solaire, éolien, biomasse et géothermique. Les interventions ont permis d’introduire les différentes approches utilisées dans chaque domaine de manière générale mais aussi de présenter des procédés parfois originaux pour produire de l’énergie.
La conférence a permis de présenter l’approche israélienne sur chacune des questions des énergies alternatives. Par exemple, en matière de l’utilisation de la biomasse pour la production de biocarburants, des chercheurs en Israel proposent d’utiliser les déchets organiques issus des cultures pour fabriquer des biocarburants. Cette proposition permet de diminuer la compétition pour les terres arables dans la production de nourriture. Et pas seulement ! Son processus peut aussi utiliser notamment du fumier, des eaux usées ou des déchets solides. Une série d’étapes naturelles ou forcées permet d’obtenir, à partir de la lignocellulose contenue dans ces produits, une foule de composés chimiques utiles : alcools, hydrocarbures, esters.
Plusieurs étapes et chemins réactifs peuvent être utilisés pour obtenir des résultats similaires. Le processus proposé par présente l’avantage de ne se baser que sur des processus chimiques bien connus.
Les matières premières humidifiées subissent un pré-traitement qui permet de retirer la lignine. Puis celles-ci sont fermentées pour produire des carboxylates. Le résidu obtenu est ensuite déshydraté. A ce titre, le processus peut donc être utilisé pour traiter des eaux usées. Par conversion thermique, les carboxylates sont transformés en cétones. Un processus chimique utilisant du dihydrogène permet d’obtenir des alcools. Par oligomérisation, ces alcools peuvent être transformés en hydrocarbures. Le processus permet, au final, de produire les mêmes composés que ceux obtenus à partir du pétrole en utilisant la biomasse.
En matière de l’énergie solaire (abondante au Moyen Orient) plusieurs techniques sont utilisées en Israel : récupérer la chaleur produite par le rayonnement solaire, utiliser l’effet photoélectrique pour produire un courant ou encore reproduire les processus chimiques de la photosynthèse et stocker l’énergie de manière chimique (hydrogène ou molécules organiques).
Dans une centrale solaire thermique, des miroirs permettent de concentrer le rayonnement sur une structure dans laquelle un fluide est chauffé. Ce fluide caloporteur vient ensuite chauffer de l’eau, la vapeur produite activant des turbines pour produire de l’électricité.
Les israéliens travaillent aujourd’hui sur des nanofluides caloporteurs qui assurent une meilleure conduction et un meilleur transfert de chaleur dans ces centrales.Ce fluide est capital d’un point de vue technique mais aussi d’un point de vue économique puisque son coût représente généralement 40% du coût d’une centrale solaire thermique. Mettre au point des fluides plus performants et plus économiques est donc un enjeu important dans le développement de cette forme d’énergie solaire.
L’efficacité de l’effet photoélectrique est dépendante du matériau photocatalyseur utilisé. Ce matériau doit présenter un gap énergétique favorable, ne pas se dégrader à l’usage et être économiquement compétitif. La production d’un tel matériau est une problématique centrale dans les recherches sur l’énergie solaire.
L’effet photoélectrique permet de créer une paire électron-trou dans le matériau utilisé. Le processus consiste à drainer cet électron avant qu’il ne se recombine avec le trou. Dans une cellule photovoltaïque, la récupération des électrons permet de produire directement un courant.
La société israélienne MST, spécialiste de l’énergie solaire, a aujourd’hui reliée son premier système de production d’énergie solaire au réseau israélien. Elle devient ainsi la première entreprise israélienne à développer ce type de technologie.
Bien que les 50 KW d’électricité produits ne représentent pas une grande quantité, ils démontrent que la compagnie a dépassé la phase de test, pour passer à la production.
MST a été fondée en 2002 par Dov Raviv, connu pour être le créateur des missiles antibalistiques. Ses panneaux photovoltaïques utilisent un système de miroirs qui bougent avec le soleil afin de concentrer les rayons sur les cellules photovoltaïques, et d’optimiser leur rendement. Selon MST, ce type d’installation serait 10 à 12 % plus efficace que des panneaux solaires classiques. L’idée est d’utiliser le moins de terres cultivables possible pour installer les panneaux solaires, en augmentant leur efficacité.
MST fait remarquer que ce type d’installations étant surélevées, les espaces occupés peuvent également servir à l’agriculture. MST appartient à un consortium israélien qui comprend plusieurs entreprises dans le domaine de la sécurité et de l’énergie. D’autres sociétés travaillent en Israel sur les champs de panneaux solaires, telles que Zenith Solar.
La société MST, basée à Rehovot, a installé son système au sud de la ville d’Arad. Elle envisage de construire une autre installation dans le nord du pays. « Ce nouveau système représente un réel progrès dans le domaine de l’énergie solaire », explique Raviv.
« Notre objectif, à moyen terme, et notre prochaine étape, sera la construction d’une usine de production en série de cette nouvelle génération de panneaux solaires, dans le nord d’Israël, avec une capacité de 75 MW par an. » Ce projet engendrera également la création de 300 emplois. « Cette nouvelle unité de production nous permettra d’être compétitifs sur le marché de l’énergie solaire avec notre technologie révolutionnaire », poursuit-il (1)
En 2011, les Israéliens ont vu apparaître sur le marché une nouvelle forme de transport écologique, des voitures fonctionnant aux piles lithium ions rechargeables. Un véhicule peu coûteux pour lequel les consommateurs paiyent un tarif mensuel fondé sur un kilométrage prévu à l’avance et qu’il faudra recharger dans un « parcomètre ». Encore quelques années, et le pétrole ne sera peut-être plus l’Or Noir en Israël.
Rappellant enfin que près de 90 pays, représentant 90% de la demande et de la consommation mondiales de pétrole et de gaz, ont signé mardi, 22 février 2011, à Ryad la charte du Forum international de l’Energie (IEF), a annoncé le secrétaire général de l’IEF Noé van Hulst.
Ftouh Souhail
(1) Source : Jerusalem Post

