La Chaîne de télévision Israël Channel 2 vient de faire savoir ce samedi 26 juin que Le chef du Mossad, le célèbre Meir Dagan, devrait quitter son poste dans les trois prochains mois. Aucun détail n’a été ajouté.
Meir Dagan, le « Superman » des israéliens selon la presse arabe, fut nommé chef du service des Renseignements et des fonctions spéciales (Mossad) par le Premier Ministre, Ariel Sharon en 2002. Son mandat fut prolongé deux fois par l’ancien premier Ministre, Ehud Olmert : une première fois, en février 2007 et il fut alors chargé de la direction du Mossad jusqu’en 2008, et une seconde fois, pour un an, en février 2008.
En juin 2009 Mr Benjamin Netanyahu a prolongé encore d’une année le contrat de l’ancien général Meir Dagan à la tête du Mossad.
Meir Dagan est né en Ukraine de parents survivants de la Shoah. Il immigra en Israël en 1950, dans un camp de transit « Mahane Israel » voisin de la ville de Lod. En 1963, il commença son service militaire dans l’unité des parachutistes. Lors de la guerre des Six jours, il commanda une compagnie lors des combats du Sinaï.
Durant son mandat, qui est d’une rare longévité, on écrivit qu’il avait agi autant pour la promotion d’activités opérationnelles que pour la diplomatie et le Renseignement. Selon des sources étrangères dont l’authenticité n’est pas clairement vérifiée, au cours de son mandat, le Mossad aurait mis en oeuvre plusieurs actions de liquidation de terroristes au Liban et en Syrie, l’une des principales d’entre elles ayant été celle de l’assassinat de l’officier des opérations de l’organisme du Hezbollah, Imad Moughnieh.
Mr Dagan, 65 ans, est considéré comme celui qui a redoré le blason de l’agence de renseignements israélienne dont la réputation avait été sérieusement écorné par une série de revers dans les années 1990. Depuis, il y a eu les bombardement d’une centrale nucléaire syrienne en construction en septembre 2007, l’assassinat de Imad Moughnieh, le chef militaire du Hezbollah, à Damas en février 2008, et une série de «bugs» dans le programme nucléaire iranien.
L’un des dernier succès du Mossad est la « liquidation », le 20 janvier dernier à Dubaï, de Mahmoud al-Mahbouh, l’un des fondateurs de la branche armée du Hamas chargé de sa logistique (1).
Il n’y a aucun moyen d’établir avec certitude qui a orchestré ces actions non revendiquées, mais les observateurs sont unanimes pour désigner cet homme bedonnant aux petites lunettes cerclées d’acier, qui règne sur les bureaux de l’agence de renseignements située à Herzliya, dans la banlieue de Tel-Aviv.
Mr Dagan a prouvé durant sa brillante carrière que son travail porte ses fruits. Il avait accompli avec dévouement toutes les taches difficiles et compliqués dédiés généralement aux services de renseignement israéliens contre l’Iran et ses alliés.
«Je ne peux évidemment pas rentrer dans les détails opérationnels, que je connais bien, mais Dagan a fait un travail formidable. Il a fait ce qu’il y a à faire», dit Ephraïm Sneh, ministre adjoint de la Défense d’octobre 2006 à juin 2007. Et d’ajouter : «Il fait preuve d’une grande compétence opérationnelle, de créativité et d’ingéniosité.»
Une opinion apparemment partagée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui a décidé de prolonger une troisième fois Dagan dans ses fonctions jusqu’à cette année. Une performance inégalée dans l’histoire de l’Etat hébreu où les dirigeants du Mossad ne restent jamais plus de trois ou quatre ans en fonction.
Les hauts responsables militaires et de sécurité israéliens ne sont en général nommés que pour quatre années, parfois prolongés une fois d’un an.
En juin 2008 la seconde chaîne de télévision israélienne a choisi Dagan comme personnalité de l’année juive (5768).
En Janvier 2010 le journal égyptien d’Etat « Al Ahram » a fait l’éloge du chef du Mossad, Meir Dagan, le qualifiant de super héros (2). En effet, le journaliste Ashraf Abou Al-Hul a affirmé que sans l’actuel chef du Mossad, l’Iran aurait obtenu la bombe atomique depuis des années. L’article avait rapporté que chaque Iranien sait ce que signifie le nom magique de Dagan, et qu’il se trouve derrière les multiples attentats, enlèvements ou destructions qui affectent les milieux nucléaires iraniens.
Jamais le chef du Mossad n’a été un personnage aussi charismatique et aussi admiré en dehors d’Israël. Espérant que son successeur sera aussi efficace.
Ftouh Souhail, Tunis
(1) La presse israélienne a suggéré, mardi 16 février 2010, que l’assassinat à Dubaï de Mahmoud Al-Mabhouh, un responsable militaire du Hamas, retrouvé mort dans un palace de Dubaï le 20 janvier, a été perpétré par les services secrets israéliens, le Mossad, après la diffusion d’une vidéo par la police de l’émirat. Mahmoud Al-Mabhouh a été l’un des artisans de la première Intifada, lancée en 1987, et il était soupçonné d’avoir organisé deux ans plus tard l’enlèvement de deux soldats israéliens.
(2) « Le superman d’Israël. » C’est en ces termes que le quotidien égyptien Al Ahram décrivait le 17 janvier dernier Meïr Dagan, le tout-puissant directeur général du Mossad (les renseignements extérieurs israéliens). Ce compliment inhabituel dans un journal arabe n’est pas isolé. Il s’ajoute à ceux des commentateurs israéliens et anglo-saxons qui ont, ces derniers mois, transformé le Memouneh (le pseudonyme du patron du Mossad) en une icône vivante. (Voir YouTube)