Un tribunal allemand a condamné deux personnes âgées de la République fédérale à des peines de prison et des amendes pour avoir nié l’Holocauste.
Une femme de 81 ans, chef d’un groupuscule, interdit en 2008, le “Philosophical Society Humanum Collegium” a été condamnée à six mois de prison et 1000 euros d’amende pour dissémination de propos néo-nazis et antisémites niant l’Holocauste devant des écoles.
Son complice, âgé de 91 ans, a lui été condamné à 600 euros d’amende pour avoir fourni du matériel antisémite publié dans la presse néo-nazie.Il s’agit d’anciens membres du NSPDA.
La négation de la Shoah est la remise en cause de la réalité du génocide commis par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale à l’égard des Juifs est un délit dans le droit allemand. En Allemagne, le génocide nazi est un thème particulièrement sensible de la mémoire nationale.
L’Allemagne, qui, pour objurguer le passé nazi, ne cesse de répéter son devoir historique particulier, a introduit , en 1985 , dans le code pénal allemand (section 130) l’interdiction de nier ou de minimiser l’importance du génocide, la peine encourue allant jusqu’à un an de prison. En 1994, la négation de la Shoah a été incorporée dans une loi générale contre l’incitation à la haine, la peine encourue étant élevée à cinq ans de prison.
La législation allemande a été entérinée par la Cour européenne des droits de l’homme, dans un arrêt rendu le 6 septembre 1995 suite à une plainte de l’ancien officier nazi Otto Ernst Remer, qui avait été condamné en octobre 1992 à une peine de prison pour incitation à la haine raciale et négation de la Shoah.
Contrairement à la demande de Remer, la Cour jugea sa condamnation – et la législation qui la fondait – conforme à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales. (Remer, entre-temps, avait fui l’Allemagne, s’établissant en Espagne puis en Egypte et en Syrie. Il est mort en 1997.)
En Pologne, par exemple, une loi adoptée en 1998 prévoit une peine allant jusqu’à trois ans de prison pour « celui qui nie, publiquement et au mépris des faits, les crimes nazis et communistes commis entre le 1er septembre 1939 et le 31 décembre 1989 ».
En France , La loi Gayssot innove par son article 9, qui qualifie de délit la contestation de l’existence des crimes contre l’humanité, tels que définis dans le statut du Tribunal militaire international de Nuremberg. Cet article 9 introduit en effet dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse un article 24 bis dont voici le premier alinéa :
« Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l’article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23, l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale. »
En Suisse, c’est l’article 261bis du Code pénal, adopté en 1994 par référendum, qui permet et a permis de condamner des négationnistes.
Son homologue belge est la loi du 23 mars 1995, tendant à réprimer la négation, la minimisation, la justification ou l’approbation du génocide commis pendant la Seconde Guerre mondiale par le régime national-socialiste allemand, puis celle du 12 décembre 2002, dite « Loi Mahoux », tendant à lutter contre les discriminations.
Les antisémites et nostalgiques du nazisme bénéficient malheureusement dans le monde arabe d’une protection. Il se trouve que, justement, les négationnistes arabes sont à la tété des grands médias qui privilégient les discours négationnistes sur la shoah. L’existence même du peuple juif, l’existence même d’Israël est contesté dans ces pays .
Ftouh Souhail
