Une cérémonie marquant le 150e anniversaire de la naissance du visionnaire de l’Etat, Théodore Herzl, s’est déroulée jeudi 1 juillet après-midi au site du mont Herzl à Jérusalem, en présence du président de l’Etat, Shimon Pérès.

Il y a 150 ans naissait Théodore Herzl, le premier dirigeant juif des temps modernes. Le précurseur de l’Etat d’Israël et l’un des fondateurs du mouvement sioniste, le journaliste autrichien Theodor Herzl, né il y a 150 ans ( en 1860) est célébré aujourd’hui comme celui qui a « sauvé le peuple juif de l’extermination ».

Herzl a dit – à plusieurs reprises – que les juifs doivent mettre en place une armée juive pour défendre l’existence d’un Etat Juif.

C’est en 1896 que Theodor Herzl, né à Budapest, publie le livre visionnaire et précurseur du futur Etat juif : « L’Etat juif, recherche d’une solution moderne de la question juive ». Un ouvrage qui a constitué le fondement intellectuel du futur Etat d’Israël, devant servir de refuge et de patrie aux juifs persécutés d’Europe, Etat n’ayant finalement vu le jour qu’en 1948.

La détermination de Herzl n’était pas une vision utopique.Lors de ses études viennoises, Theodor Herzl est confronté à l’antisémitisme au sein de la corporation étudiante « Albia », dont il est membre, mais qu’il quitte rapidement. Correspondant en 1894 à Paris du quotidien Neue Freie Presse, il est bouleversé par « l’Affaire Dreyfus », du nom d’un officier juif français révoqué pour espionnage et déporté dans un bagne de Guyane sur la base d’accusations mensongères de la hiérarchie militaire.

C’est alors que mûrit lentement dans son esprit l’idée que les juifs doivent émigrer d’Europe et créer leur propre Etat, idée trouvant son aboutissement deux ans plus tard dans son livre « L’Etat juif », qui devait être un état-modèle, déjà multi-culturel, pour le reste du monde.

Un an plus tard, en 1897, Théodore Herzl organise à Bâle, en Suisse, le premier congrès sioniste mondial, dont il sera le président, et où, pour la première fois, il désigne la terre de Palestine, alors partie de l’Empire ottoman, comme devant être « la patrie » des juifs.

Voilà ce qu’il a dit au Premier Congrès sioniste « les Juifs sont une nation. Cette union ne pouvait être possible sans un contexte national »

En 1899, il fonde le « Jewish Colonial Trust » pour l’achat de terres en Palestine et, en 1902, dans son roman utopique « Altneuland » (« Nouveau pays ancien »), il développe l’idée d’un Etat juif avec une structure politique et sociale progressiste.

Herzl a imaginé un pays moderne, démocratique. Un pays ouvert sur le monde, avec une économie libre et sensible aux questions sociales.
Mais ses tentatives de rallier à cette vision les « Grands » du monde de l’époque, notamment au cours d’entrevues avec l’Empereur allemand Guillaume II, le Sultan turc Abdul Hamid II ou le Pape Pie X, se soldent par des échecs.

Le 3 juillet 1904, sans que l’objectif de toute sa vie ait vu le jour, Théodore Herzl meurt près de Vienne des suites d’une déficience cardiaque.

C’est seulement l’effondrement de l’Empire ottoman après la Première Guerre mondiale (1914-1918) et l’Holocauste perpétré à l’encontre des juifs par le régime nazi d’Adolf Hitler au cours de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) qui créeront les conditions de la refondation d’un Etat juif en Palestine en 1948, à l’issue d’un vote à l’Organisation des Nations Unies (ONU).

Un an après, en 1949, le corps du père du sionisme politique moderne est transféré de Vienne en Israël, où il est enterré sur la colline qui porte aujourd’hui son nom, près de Jérusalem. Une ville créée en 1924 par des colons juifs porte également son nom : Herzliya.

Le mont Herzl, une haute colline de Jérusalem fut aussi baptisée ainsi par l’État d’Israël, en l’honneur de Théodore Herzl. Le Mont Herzl est le point le plus élevé de Jérusalem avec 834 mètres .Le mont est situé à proximité du célèbre mémorial de la Shoah, Yad Vashem, le plus important du monde consacré à la Shoah.

Ce jeudi le président de l’Etat, Shimon Pérès, a tenu à rendre hommage à ce grand visionnaire juif au site du mont Herzl à Jérusalem, en présence de plusieurs personnalités.

Le 25 avril dernier, lors d’une séance extraordinaire du Parlement, la Knesset, le chef du gouvernement, Benjamin Netanyahu, a estimé que Herzl avait, « pratiquement en solitaire, sauvé le peuple juif de l’extermination ».

« Sans Herzl, il n’y aurait pas eu Israël », car il a non seulement mis en garde très tôt contre le danger d’une extermination des juifs, mais aussi « mis en avant la proposition révolutionnaire d’une refondation d’un Etat juif souverain », a déclaré Benjamin Netanyahu.

Ftouh Souhail, Tunis

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