Nicolas Sarkozy recevra ce jeudi 10 mars 2011 deux dirigeants de l’opposition libyenne au colonel Moammar Kadhafi. Le chef de l’Etat français s’entretiendra à l’Elysée avec Mahmoud Jibril et Ali Essaoui, chargés des affaires internationales par le Conseil national libyen de transition (CNLT). Dans un communiqué diffusé mercredi soir, l’Elysée précise que cet entretien « sera l’occasion d’évoquer la situation générale en Libye, en particulier la situation humanitaire et l’action du Conseil national libyen de transition ».

La présidente suisse Micheline Calmy-Rey a reçu mercredi un représentant du Conseil national de transition (CNT) libyen, constitué par l’opposition, ont annoncé mercredi les autorités helvétiques. « Au cours de cet entretien, Jebril El-Waalfarvi a présenté sa perception de la situation actuelle et des possibles développements en Libye », indique Berne dans un communiqué, soulignant que « l’hôte libyen a également présenté les revendications, ainsi que le programme politique du CNT ».

Des diplomates américains, dont Gene Cretz, l’ambassadeur américain en Libye, ont rencontré au Caire des membres de l’opposition libyenne au colonel Kadhafi, a rapporté mardi le département d’Etat. M. Cretz, rentré à Washington depuis janvier, s’est rendu à Rome, puis au Caire où il a rencontré des membres du Conseil national de transition, a indiqué le porte-parole Philip Crowley. « Ce n’est pas à nous de choisir les principaux acteurs de cet effort », a souligné M. Crowley, ajoutant que Washington contactait également des personnes « au-delà de ce groupe ».
Le chef de la diplomatie libyenne Moussa Koussa a accusé la France les États-Unis de « conspirer » en vue de diviser la Libye.

Le régime libyen a même promis mercredi une récompense en échange de la capture du principal représentant de l’opposition, au moment où les forces fidèles à Mouammar Kadhafi multipliaient les attaques dans l’Est, touchant notamment des installations pétrolières.

Cette menace intervient lors que alors que Paris et Londres tentent d’obtenir un appui des pays de la région à leur projet de « zone d’exclusion aérienne » au-dessus de la Libye.

« Nous appelons la communauté internationale, et en premier lieu le Conseil de sécurité de l’ONU, à assumer ses responsabilités historiques et à protéger le peuple libyen », a déclaré le ministre à l’ouverture d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Kadhafi a proposé aux insurgés de réunir le Congrès général du peuple, qui fait office de parlement, pour qu’il puisse se retirer avec des garanties
L’opposition libyenne fait savoir qu’elle n’entamera pas de poursuites judiciaires contre le numéro un libyen Mouammar Kadhafi s’il démissionne et quitte le pays, a assuré le président du Conseil national mis en place par les insurgés pour préparer la transition.

Les insurgés libyens ne poursuivront pas Mouammar Kadhafi pour les crimes qu’il a commis à condition de quitter le pouvoir dans les prochaines 72 heures, a annoncé mardi le président du Conseil national libyen. « S’il quitte la Libye dans les 72 heures et met un terme aux bombardements, nous nous abstiendrons de le poursuivre pour crimes », a déclaré à la télévision qatarie Al Djazira Moustafa Abdeldjeïl, ancien ministre de la Justice passé dans le camp des insurgés.

Le dictateur libyen aurait proposé de renoncer au pouvoir et de quitter la Libye, s’il reçoit des garanties que lui et sa familles seront sains et saufs, affirme le journal Asharq al-Awsat. Il aurait demandé à ce qu’on lui permette de choisir n’importe quel pays comme destination et qu’on ne lui intente pas de poursuites internationales. La réponse de l’opposition n’a pas été transmise, mais la tendance serait, selon le journal, à bannir tout dialogue avec Kadhafi.

D’autre part le gouverneur de la Banque centrale libyenne Farhat Omar Bengdara, qui avait quitté le pays dès le début des mouvements de contestation populaire, a révélé avoir trouvé refuge à Istanbul, en Turquie, indique le Financial Times. Il n’a pas précisé s’il était encore fidèle au régime du dictateur Mouammar Kadhafi.

Le ministre libyen des Finances, Abdoulhafid Zlitni, assure provisoirement les fonctions de gouverneur de la banque centrale, le titulaire du poste Farhat Omar Bin Guidara se trouvant à l’étranger, a annoncé un responsable gouvernemental mardi.

Ftouh Souhail

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