Le cinéaste iranien Jafar Panahi a été condamné à six ans de prison, et la justice lui a interdit de réaliser des films ou de quitter le pays pendant les vingt prochaines années, a annoncé son avocat lundi.
Berlin a qualifié de « scandaleuse » la condamnation du cinéaste iranien.
« C’est bouleversant de voir un cinéaste renommé si durement condamné pour son travail artistique. Jafar Panahi peut compter sur notre soutien total », a déclaré Dieter Kosslick, directeur du festival de cinéma berlinois qui se tiendra du 10 au 20 janvier.
Jafar Panahi qui soutient l’opposition à Ahmadinejad est arrêté mars 2010. Selon les sites internet de l’opposition iranienne, le cinéaste a été jugé car il préprait un film sur les manifestations de juin 2009, qui ont suivi l’élection contestée d’Ahmadinedjad.
Jafar Panahi, 50ns, fait partie de la « nouvelle vague » iranienne, et ses films ont été plusieurs fois primés dans des rencontres internationales cinématographiques (Lion d’or à la Mostra de Venise en 2000, Ours d’argent à Berlin en 2006, primé également à Cannes)
La plupart de ses films sont interdits en Iran.Il avait déjà été arrêté et détenu avec sa famille après avoir assisté à une cérémonie à la mémoire de Neda Agha Soltan, jeune manifestante tuée lors des manifestations de protestation contre la réélection du président Ahmadinejad en juin 2009.
Jafar Panahi, qui soutient ouvertement l’opposition au dictateur perse est détenu à la prison d’Evine dans le nord de la capitale. Selon Amnesty International, qui a également demandé sa libération, le cinéaste est actuellement détenu avec un autre cinéaste iranien, Mohammad Ali Shirzadi.
Il y’a quelques jours, un site d’opposition affirme que les autorités iraniennes ont libéré les membres de la famille d’un autre cinéaste emprisonné. Le site kaleme.com a déclaré que la femme, le fils, les deux filles, les parents et les frères du cinéaste Mohammad Nourizad ont été libérés quelques heures après avoir été placés en détention.
Les réalisateurs indépendants, qui font la renommée du cinéma iranien dans le monde, voient la plupart de leurs films interdits de diffusion en Iran. Seules les productions locales subventionnées par l’Etat sont la plupart du temps autorisées. Les réalisateurs indépendants nt soit jétés en prison, soit obligés de vivre en exile.
Par ailleurs, Onze membres du groupe rebelle sunnite Joundallah, qui a revendiqué l’attentat antichiite du 15 décembre dans le sud-est de l’Iran, ont été pendus ce lundi à Zahedan.
Mahin Qadiri, une Iranienne condamnée pour des meurtres en série, a été aussi éxécutée par pendaison dans la prison de Qazvin dans le centre de l’Iran. Cette pendaison porte à au moins 151 le nombre de personnes exécutées en Iran depuis le début de l’année, selon un décompte de l’Agence France Presse.
Ftouh Souhail
