Plusieurs comités de soutien à Sakineh Mohammadi-Ashtiani, Iranienne condamnée à mort par lapidation dans son pays, se sont inquiétés mardi d’une possible exécution de la jeune femme, au vu d’informations dénotant une accélération du calendrier judiciaire.
L’UE »très préoccupée » par la possible exécution de Sakineh .La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, s’est dite « très préoccupée » par les « informations » sur une exécution imminente de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, une Iranienne condamnée à mort par lapidation dans son pays
La France espère que la peine de mort par lapidation prononcée contre l’Iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani sera commuée, a déclaré le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, suite à l’informations selon laquelle une possible exécution aurait lieu mercredi.
L’Iranienne condamnée à mort à la lapidation, Sakineh Mohammadi-Ashtiani, a indiqué le 15 septembre 2010 dans une interview télévisée à la télévision iranienne »ne pas avoir reçu des coups de bâtons ni subi des actes de tortures » dans les geôles de la république islamique. Rappelons que la télévision iranienne est entièrement sous le contrôle des mollahs et ne jouit d’aucune liberté d’informer objectivement.
Sakineh Mohammadi, Iranienne de 43 ans, condamnée à la lapidation pour adultère, s’est déjà livrée à des “confessions” à la télévision d’Etat iranienne le 11 août dernier admettant qu’elle était complice du meurtre de son mari et qu’elle entretenait bien une relation adultère avec le cousin de celui-ci, ouvrant la porte à son exécution prochaine.
Or le lendemain, son avocat Javid Houtan Kian, avait révélé que ces confessions avaient été obtenues après deux journées de passage à tabac.
“Si jamais elle effectue d’autres confessions, explique l’avocat, je les nierai à 100%, étant donné que je n’étais pas à ses côtés au moment de l’interrogatoire. Je crains qu’ils ajoutent des éléments à son dossier de condamnation. Vous savez, ils sont malins. Ils posent des questions à double sens à ma cliente qui est illettrée et ne parle pas le farsi (Sakineh est issue de la minorité turcophone azérie).
Par exemple, j’ai appris qu’ils lui ont demandé aujourd’hui en turc si elle cultivait une relation de ” nazdiki” avec Issa Tahéri (cousin de son mari décédé et reconnu coupable du meurtre de celui-ci). Ce terme, “nazdiki”, signifie en turc “lien familial”. Elle a donc naturellement répondu “oui”. Or ce même terme “nazdiki” signifie en persan “relation sexuelle”… Ils jouent avec les mots. Ils veulent s’en servir”
Sakineh Mohammadi Ashtiani a 43 ans, est veuve et a deux enfants. En mai 2006, le tribunal de la province d’Oskou la condamne à recevoir 99 coups de fouet pour “relation illégale” avec deux hommes, peine qu’elle reçoit quasi instantanément, devant les yeux de son fils Sajjad.
La République islamique affirme depuis que Sakineh, en plus d’être coupable d’un adultère, s’est également rendue coupable de “complicité de meurtre”, une affirmation qui, selon son avocat Javid Houtan Kian, est totalement fausse, étant donné que sa cliente a été lavée de tout soupçon(preuves à l’appui).
En Juillet 2010, grâce aux témoignages du fils Sajjad, mais aussi de l’autre avocat de Sakineh, Mohammad Mostafaei, à la presse internationale, une vaste campagne de soutien se crée, forçant les autorités iraniennes à annoncer la suspension de la lapidation.
En Août 2010, après les révélations du sort de Sakineh à la presse mondiale, l’autre avocat de Sakineh, Mohammad Mostafaei, est forcé de fuir l’Iran pour s’exiler en Norvège suite à un mandat d’arrêt contre lui. Sa femme est détenue pendant une semaine à Téhéran pour le forcer à revenir.
Le 11 août dernier, l’Iranienne est contraint de procéder à des “aveux télévisés”, où elle affirme avoir entretenu une liaison adultère avec le meurtrier de son mari, et surtout avoir joué un rôle dans l’assassinat.
A Paris, un millier de personnes se sont rassemblées à la place de la République, pour soutenir l’Iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani, condamnée à mort par lapidation dans son pays. Les manifestants se sont réunis à l’appel de « La Règle du jeu », revue de Bernard-Henri Lévy, et de l’association « Ni Putes ni soumises ».
« En Iran, malheureusement, on peut dire que les femmes sont dans une véritable situation d’esclavage », a dénoncé le 14 octobre 2010 à Bruxelles, devant la sous-commission des droits de l’Homme du Parlement européen, Mohammad Mostafaei, l’un des avocats de l’Iranienne Sakineh, condamnée à mort par lapidation pour adultère et complicité d’assassinat de son mari.
Ftouh Souhail, Tunis

