Lors d’une visite de la commission parlementaire des affaires étrangères et de la défense le long de la frontière israélo-libanaise, le président de la commission Shaoul Mofaz a déclaré ce dimanche qu’il n’excluait pas une prise de contrôle du Liban, par le Hezbollah, afin de faire du pays du Cèdre, une « tête de pont iranienne ».
Le Vice-premier ministre Silvan Shalom s’est déclaré aussi etre »fortement préoccupé » par la situation politique au Liban et sur la possibilité du Hezbollah de prendre le contrôle du pays.
La Jordanie, l’Egypte et la France ont appelé samedi à préserver la stabilité du Liban, en proie à une grave crise politique.
« Nous invitons tous les partis politiques au Liban à (…) préserver la sécurité, la sûreté, la stabilité, et la cohésion nationale au Liban pour protéger ce pays de toute ingérence étrangère (…) et renforcer sa souveraineté dans le cadre de la légalité internationale », a déclaré le ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Jawdeh.
Le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Aboul Gheit et son homologue française Michèle Alliot-Marie ont appelé ce samedi à préserver la stabilité du Liban.
Le Liban est plongé dans la crise depuis que les 11 ministres du Hezbollah et de ses alliés ont démissionnée à la mi-janvier, provoquant la chute du gouvernement du Premier ministre Saad Hariri. Les ministres du Hezbollah ont voulu exprimer leur désaccord avec l’enquête internationale sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri en février 2005.
Le leader du Hezbollah, le cheikh Hassan Nasrallah, s’est exprimé dimanche à la télévision sur la crise politique au Liban, à la veille du lancement des consultations en vue de nommer un nouveau Premier ministre. Hassan Nasrallah est apparu sur la chaîne Al-Manar
« Pour dissiper toute illusion (…), nous, dans l’opposition, rechercherons un gouvernement de partenariat si (notre) candidat obtient une majorité au parlement. Nous ne préconisons pas un gouvernement fondé sur un seul camp, nous ne préconisons pas d’exclure quelque parti politique que ce soit », a fait savoir le chef du mouvement chiite.
Au Liban, le Hezbollah apparaît comme une force puissante sur la scène politique. La communauté chiite libanaise représente au moins 25 % de la population.
Le Hezbollah est surtout une organisation terroriste. Dans le sud Liban, le Hezbollah apparaît comme une milice armée, autorisée et instrumentalisée par Damas et Théran. Au sud Liban, le mouvement islamiste abuser de l’usage des armes et héberge des centres de logistique militaire mais aussi des explosifs et des roquettes ciblés contre les civils en Israël. Aujourd’hui, selon les spécialistes israéliens, l’arsenal des roquettes du parti deDieu dépasseraient les 50,000 milles.
Au Liban, on dit que le Hezbollah est plus qu’un parti, cest plutot un État. Disposant d’une force militaire, d’un financement indépendant et d’une structure socio-caritative qui supplée aux carences de l’administration centrale, il s’est de fait ménagé un espace d’autorité qui excède largement celui d’un simple mouvement politique. Pratiquement, il a préservé l’essentiel des attributs dont il jouissait pendant la guerre civile.
Ftouh Souhail
