Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, s’est rendu ce dimanche, 6 mars, en Italie pour un entretien avec son homologue Franco Frattini et avec le Premier ministre Silvio Berlusconi.
Il a abordé avec ses hôtes le problème des réfugiés qui inondent l’Europe et de ceux qui s’infiltrent en Israël via la frontière égyptienne. Il a proposé d’instaurer une législation unique et internationale pour lutter contre ce fléau (1).
Lieberman a eu durant cette visite, des entretiens avec plusieurs haut responsables italiens, pour traiter le dossier de l’immigration clandestine à la lumière des événements récents dans les pays arabes.
Les révolutions arabes en cours ont renforcé la perspective d’un afflux massif d’immigrés en provenance des pays du Maghreb. «L’Italie, c’est la digue qui ne doit surtout pas céder» disent les europeens. En effet, les clandestins des pays arabes en crise provoquent aujourd’hui une «pression migratoire» énorme.
L’Italie subit l’arrivée massive de clandestins sur l’île de Lampedusa, située à138 km des côtes tunisiennes. Cette vague a provoqué une crise entre la Tunisie et l’Italie suite à une déclaration du ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni, durant laquelle il a annoncé l’intention de son pays de demander l’autorisation de déployer des policiers italiens en Tunisie.
Plus de 800 réfugiés ont atteint l’île italienne, cette semaine à l’avant-poste de l’Europe, réinvestissant le centre d’accueil que les autorités italiennes avaient eu tant de mal à vider après l’arrivée soudaine de 6000 immigrants illégaux débarqués des ports tunisiens de Djerba et Zarzis en février dernier. Bien que la traversée soit relativement courte, le périple n’en est pas moins dangereux. Jeudi dernier, des pêcheurs siciliens ont sauvé de la noyade les passagers clandestins d’une petite embarcation qui avait dérivé jusqu’aux côtes de la péninsule italienne.
La récente révolution tunisienne a poussé des dizaines de milliers de personnes aux portes de l’Europe, malgré la présence des patrouilles de contrôle portuaire largement financées par l’Union pour endiguer le flux migratoire. Le soulèvement populaire en Lybie a contraint à l’exil des milliers ouvriers égyptiens, bangladeshis et sub-sahariens, ce qui fait craindre aux autorités italiennes que le pire reste à venir.
Israel est aussi un pays de destination pour les réfugiés d’Afrique et surtout de ceux qui fuient le « génocide » au Darfour, au Soudan. Israel continue d’accueillir les réfugiés darfouriens , comme ils avaient accueilli les « boat people » du Viet Nam, du Cambodge et du Laos que le monde entier laissait périr en mer.Des Congolais, des Ivoiriens et des Ghanéens qui fuient la misère de leur pays, trouvent aussi refuge dans ce petit pays .
L’immigration irrégulière en Israel passe par la frontière égypto israélienne. Le gouvernement a entreprit la construction de la barrière de sécurité le long de la frontière israélo-égyptienne afin de contrer les multiples tentatives d’infiltrations illégales.
Selon les chiffres de la haute autorité pour l’Immigration pour l’année 2010, 149.750 personnes se trouvaient en situation irrégulière en Israël, soit deux fois plus que de travailleurs munis d’un permis de travail (75.820). 41% des clandestins sont originaires des pays de l’ex-Union soviétique, 9% de Jordanie. 33.273 personnes sont originaires d’Afrique. 2.570 clandestins seulement ont été expulsés dans le courant de 2010.
Le ministre de la Défense et chef du parti Travailliste israélien Ehoud Barak a estimé que l’immigration clandestine portait atteinte à la cohésion sociale au sein de l’Etat juif.
Avigdor Lieberman veut un plan d’action international de prévention et de lutte contre l’immigration illégale basé la mise en œuvre des nouveaux instruments pour la lutte contre la traite des êtres humains et les réseaux d’immigration clandestine.
Le ministre israélien veut aussi le renforcement de la coopération avec les pays de transit afin de les aider à s’attaquer au problème des défaillances des contrôles aux frontières. Le plan prévoit aussi le développement du système d’alerte qui permet une analyse périodique tant des flux migratoires légaux que de l’immigration clandestine (2).
Il propose notamment la promotion de la paix, de la stabilité politique, des droits de l’homme, des principes démocratiques ainsi que d’un développement économique, social et environnemental durable dans les pays d’origine.
Israel espére enfin mettre en place un système international d’échange d’informations sur l’asile, l’immigration et les pays d’origine. Cela est de nature à faciliter la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière.
Ftouh Souhail
(1) Au niveau de l’Europe, le plan d’action de Vienne avait déjà souligné la nécessité d’améliorer la lutte contre l’immigration clandestine. En outre, lors du sommet de Tampere (octobre 1999), le Conseil européen a précisé qu’il était nécessaire d’assurer une gestion plus efficace des flux migratoires et de combattre l’immigration clandestine à sa source. En novembre 2001, la Commission a adopté une communication concernant une politique commune en matière d’immigration clandestine qui vise à mise au point d’une approche commune et d’une coopération entre tous les pays menbres en vue de l’exécution des mesures de rapatriement.
