Le gouvernement israélien a approuvé ce mercredi 17 novembre 2010 le retrait de ses troupes de la partie nord du village divisé syro-libanais de Ghajar, pour en remettre le contrôle à la Force intérimaire de l’ONU au Liban (Finul).

La décision entérinée par le gouvernement israélien est en conformité avec la résolution 1701, qui a mis fin au conflit et qui préconisait le retrait d’Israël de tous les territoires libanais occupés.

La nouvelle proposition concernant ce retrait, qui vient d’être approuvée par le cabinet israélien, a été présentée au mois de septembre 2010 par le commandant de la Finul. Elle a mis fin à des négociations qui duraient depuis environ deux ans avec le gouvernement libanais. C’est pour cette raison qu’Israël n’obtiendra rien en contrepartie.

« La commission ministérielle pour les questions sécuritaires a décidé d’accepter le principe d’une proposition de l’ONU et du commandant de la Finul qui prévoit le retrait des forces israéliennes de la partie nord du village de Ghajar », a indiqué un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu. La date effective du retrait sera fixée ultérieurement.

M. Netanyahu avait annoncé le 8 novembre au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon son intention de retirer les troupes israéliennes de la partie nord du village lors d’entretiens au siège des Nations unies à New York.

De leur côté, les habitants de Ghajar qui ont obtenu (à leur demande) la nationalité israélienne, s’opposent catégoriquement au retrait de l’armée israélienne de la partie nord de leur village, synonyme de partition selon eux.

Les habitants de Ghajar, des musulmans alaouites d’origine syrienne, ont obtenu à leur demande la nationalité israélienne et ont conservé également la nationalité syrienne. Ils ont exprimé à plusieurs reprises leur refus d’une partition du village.

La partie sud de ce village se trouve sur le plateau du Golan conquis par Israël sur la Syrie en 1967 et annexé en 1981. Le député du parti chiite libanais Hezbollah Ali Ammar a salué l’annonce israélienne et souhaité que le retrait concerne également d’autres zones disputées le long de la frontière libano-israélienne.

Annexé par Israël en 1981, ce village syrien situé au pied du Golan (conquis par Israël en 1967) s’est étendu au fil du temps vers le nord, en territoire libanais, au point de créer un casse-tête frontalier. Après le retrait israélien du Sud-Liban en 2000, une commission de l’ONU chargée de la démarcation de la frontière libano-israélienne avait placé la portion nord du village (la plus habitée) au Liban et la partie sud en Syrie.

L’État hébreu avait évacué une première fois le nord de Ghajar, avant de le réoccuper en marge de la guerre de l’été 2006 qui l’a opposé au Hezbollah.

Durant ce conflit, l’armée israélienne a réoccupé la partie nord de Ghajar, où vivent quelque 1.500 personnes. Elle y a ensuite érigé une clôture provisoire pour empêcher l’infiltration de combattants du Hezbollah dans la partie sud où vivent de 500 à 800 habitants.

Il faut rappeler qu’avant 2006, date de la Deuxième guerre du Liban, le secteur Nord de Ghajar était le théâtre d’actions violentes et criminelles du Hezbollah et de trafiquants de drogue. En 2005 par exemple, l’organisation terroriste d’obédience chiite avait tenté de perpétrer un attentat d’envergure, avait bombardé une position de Tsahal et avaient tenté d’enlever des soldats. L’attaque avait été déjouée grâce à la vigilance des militaires israéliens qui avaient finalement abattu quatre miliciens du Hezbollah.

Ftouh Souhail

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