Le comité d’éthique de la Knesset a décidé de réprimander le député arabe israélien Ahmed Tibi (Taal) pour s’être rendu en Libye et avoir rencontré à cette occasion le dictateur Mouhamar Kadhafi il y a environ six mois. Les deux pays n’entretiennent pas de relations diplomatiques et la Libye ne reconnait pas l’existence d’Israël.

A la demande du dictateur lybien, Ahmed Tibi avait accepté en Avril dernier cette invitation officielle de venir à Tripoli. C’est l’ambassadeur libyen en Jordanie, Mohammed Hassan al-Barghouti, qui avait alors formellement transmit l’invitation au député israélien.

Au milieu du désert, dans une gigantesque tente traditionnelle, Ahmed Tibi a été reçu à la tête d’une délégation d’une quarantaine d’intellectuels arabes israéliens.

Selon la loi israélienne, il est interdit à des citoyens du pays de se rendre dans des pays ennemis, sauf autorisation spéciale du ministère de l’Intérieur, mais certains leaders politiques ou religieux arabes israéliens ne respectent point les lois en vigueurs.

A Jérusalem, cette rencontre a soulevé de vives critiques : Le président de la commission de l’Education de la Knesset, Zevulun Orlev du parti Habyit Hayehoudi, s’est adressé quelques jours plus tard au conseiller juridique du gouvernement pour demander l’ouverture d’une enquête contre les membres de la délégation.

Le député Mickaël Be-Ari (Ihoud Leumi) avait déjà proposé « de lever l’immunité parlementaire de ces ennemis d’Israël ».

Ahmad Tibi, quant à lui, déclarait « qu’il était fier de cette invitation de Mouammar Kadhafi et satisfait de cette rencontre ».

Lors de son séjour à Tripoli, Tibi est allé très loin dans l’audace. Il a demandé au colonel Mouammar Kadhafi, actuel Président tournant de la Ligue Arabe, d’intervenir pour que les députés arabes de Knesset puissent obtenir un statut d’observateurs au sein de la Ligue !

Ahmad Tibi qui a eu le suprême honneur de rencontrer Kadhafi trois heures durant dans sa ville natale de Syrte, et même de dîner sous sa tente, a profité de son séjour pour stigmatiser de manière extrême la démocratie dont il est l’élu.

Ce traitre , qui joue à visage découvert, a toujours utilisé son statut de député pour porter atteinte à l’État d’Israël.

En fait, et en dépit de ses responsabilités politiques au sein de l’État d’Israël, Ahmed Tibi n’a jamais caché son appartenance à la « grande nation palestinienne » comme il avait déjà eu l’occasion de le rappeler le 2 décembre 2008, lors de la conférence sur le Développement et le Libre Échange à Doha, au Qatar.

Lors de cette manifestation, Ahmed Tibi s’était présenté comme chef de file de la délégation palestinienne en justifiant ce statut par le caractère individuel et non national de l’invitation.

Ahmed Tibi fut d’abord le conseiller du président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat et membre de la délégation palestinienne qui négocia les Accords de Wye Plantation, en 1998. Il démissionne de ses fonctions en 1999 pour se présenter à la Knesset. Il est alors élu sur la liste d’union arabe pour le parti Ta’al (Mouvement arabe pour le renouveau).

En 2002 il s’est rendu aux territoires disputés pour soutenir les factions terrorises liées au Fatah palestinien. La Cour suprême d’Israël lui a même reconnu le droit de circulation en tant que parlementaire.

En 2003, Ahmed Tibi a même réussi à se représenter aux élections par la Commission électorale nationale, par une décision de la Cour suprême et il est réélu.

En février 2006, Ta’al, le parti laïque d’Ahmed Tibi, a constitué une coalition avec le parti islamique d’Ibrahim Sarsur. Tous deux ont affirmé leur volonté de défendre « l’identité culturelle et religieuse des arabes israéliens » face à un système juridique qui soit disant prive les non juifs de l’exercice de leurs droits. (Remarquant qu’à chaque fois la Cour suprême d’Israël lui donne pourtant raison)

Il faut espérer, qu’ après la décision de la Le comité d’éthique de la Knesset de le réprimander pour s’être rendu en Libye et avoir rencontré à cette occasion le dictateur Kadhafi, une action serai engagée pour la levée de l’immunité parlementaire à ce traitre au sein de la Knesset.

Les israéliens ont bien tardé pour exiger de la part du leadership arabe une fidélité inconditionnelle à l’Etat d’Israël comme État juif et démocratique, comme n’importe quel autre état démocratique éclairé exige cela de ses élus.

Ftouh Souhail

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