Plusieurs milliers de femmes turques ont manifesté cette semaine, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, pour dénoncer les « crimes d’honneur » et la violence dont elles font l’objet en Turquie, pays musulman qui souhaite rejoindre l’Union européenne.
A Ankara, elles étaient environ 2.000 à défiler dans le centre-ville aux cris de: « Stop aux meurtres de femmes ! » ou « Ne transformez pas nos robes de mariées en linceul ! ».
A Istanbul, plusieurs centaines de femmes ont défilé sur la place centrale de Taksim, avec les mêmes revendications. D’autres manifestations ont été organisées à travers le pays.
La polygamie, bien qu’illégale, existe aussi en Turquie. Selon un rapport publié récemment, 187.000 femmes turques partagent leur mari avec une deuxième épouse, par le biais d’un mariage religieux.
En Turquie, considérée comme relativement progressiste et ouverte par les occidentaux, les femmes sont victimes de comportement aberrants, en toute impunité. Dans ce pays on estime qu’il existe 100 milles “fillettes fiancées”. Ces femmes n´intéressent pas Erdogan trop occupé à condamner Israël, qui s´offre pourtant comme la seule démocratie moyen orientale. Même chose pour les nombreuses organisations non gouvernementales, » amis » des droits de l´homme et de la femme, qui dans les capitales d´Europe, sont trop occupées aux femmes palestiniennes.
La vie de ces jeunes femmes opprimées vaut bien peu dans la balance des intérêts politiques et stratégiques des pays libres. Pourtant la Turquie est championne du crime d’honneur. Et certain veulent la faire rentrer en Europe !
Certains n’ont pas entendu parler de l´histoire de Medine Memi, jeune fille turque de dix sept ans assassinée par sa propre famille dans les conditions horribles vécues dans sa chair, jusque dans ses poumons d´adolescente. La jeune fille de 16 ans a été enterrée vivante par ses proches, un crime commis dans le sud-est de la Turquie pour laver l’honneur de la famille qui la soupçonnait de fréquenter des hommes.
Medine Memi a été retrouvée en position assise dans une fosse de 2 mètres de profondeur et les analyses ont révélé l’existence de terre dans ses poumons et son estomac, ce qui signifie qu’elle a été enterrée de son vivant. Son corps a été retrouvé dans le jardin de la maison familiale en décembre 2010 après que la victime a été portée disparue pendant plusieurs mois. Le gouvernement turc fait preuve d’un grand laxisme pour lutter contre les crimes d’honneurs, surtout dans les zones kurdes où ils sont le plus souvent commis
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J’ajouterais que si l’on veut faire le compte des femmes kurdes qui manquent à l’appel, là c’est une autre histoire. A l’image des mères de la place de Mai en Argentine, des familles se réunissent chaque année à ?stambul et Diyarbakir, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, pour demander la fin de l’impunité et la vérité sur les disparitions. Des familles et des militantes turques sont toujours à la recherche des informations et espèrent voir un jour les responsables condamnés. A Silopi, à la frontière irakienne, des recherches ont même débuté dans des puits appartenant à une entreprise publique, dans lesquels des corps imbibés d’acide auraient été jetés.
Ftouh Souhail
