Le président israélien, Isaac Herzog, vient d’atterrir en Azerbaïdan, un partenaire important d’Israël pour une visite courte et importante.Cette rencontre internationale vise à renforcer la coopération, le dialogue et les relations entre les pays du continent asiatique. Une visite officielle d’un jour et demi, à l’occasion du septième sommet de la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA).
« J’ai hâte de rencontrer mon ami, le président d’Azerbaïdan Ilham Aliyev presidentaz et de participer au sommet CICA – le sommet international pour la coopération et la renforcement des liens entre les pays asiatiques, aux côtés d’autres dirigeants de toute l’Asie, ici à Baku», a affirmé M. Herzog
Au cours de son déplacement, Isaac Herzog doit rencontrer ce mercredi son homologue azerbaïdjanais, Ilham Aliyev. Les deux dirigeants discuteront notamment du renforcement des relations bilatérales et de l’approfondissement de leur coopération stratégique, dans un contexte de rapprochement entre Israël et l’Azerbaïdjan.
L’Azerbaïdjan est un pays musulman à majorité chiite.Israël et l’Azerbaïdjan ont multiplié ces dernières années les visites officielles et les mots d’amitié.
Des liens qui remontent aux années 1990 : Israël a été l’un des tout premiers pays à reconnaître l’indépendance azerbaïdjanaise en 1991, lors de la dislocation de l’Union soviétique. Dès 1993, il ouvrait une ambassade dans la capitale Bakou. De son côté, si l’Azerbaïdjan a tardé à inaugurer sa représentation officielle, soucieux notamment de ne pas froisser les pays musulmans voisins hostiles à l’Etat hébreu, il a finalement franchi le pas et inauguré en mars 2023 son ambassade à Tel-Aviv, après que de nombreux pays ont normalisé leurs relations diplomatiques avec Israël en 2020 avec les accords d’Abraham.
Israël et l’Azerbaidjan se retrouvent également liés par un ennemi commun : l’Iran. Nul besoin de décrire l’hostilité entre Jérusalem et Téhéran. De leur côté, quoique moins évidents, les griefs entre Bakou et Téhéran sont anciens, principalement liés à l’importante minorité azerbaïdjanaise d’Iran, deuxième en nombre, et dont les velléités indépendantistes sont régulièrement ravivées par l’irrédentisme azerbaïdjanais.
Dans ce contexte de tensions permanentes, le clan Aliyev au pouvoir en Azerbaïdjan entreprend depuis plus de quinze ans de renforcer son arsenal militaire. Pour ce faire, il s’est tout naturellement tourné vers son allié stratégique, Israël, dixième exportateur mondial d’armement et particulièrement réputé pour ses pièces de haute technologie. Selon le Stockholm’s International Peace Institute (Sipri), qui documente le commerce mondial des armes, les exportations vers Bakou ont commencé dès 2005 avec la vente de plusieurs systèmes de roquettes développés par Israel Military Industries (IMI Systems racheté en 2018 par Elbit Systems).
Depuis, les contrats se sont succédé : drones de reconnaissance, drones kamikazes Harop, missiles antichars Spike, canons automoteurs ATMOS, mortiers de 120 millimètres, missiles antiaériens Barak, navires de patrouille de la marine, supports de canon Typhoon, missiles guidés antichars Lahat, systèmes radar avancés, équipements de communication de dernière génération… Des contrats de plusieurs milliards de dollars. On a identifié, grâce à l’observation de données aéronautiques, des pics de livraisons d’armes en 2016, 2020 et 2021 ? trois périodes d’offensive azerbaïdjanaise dans le Haut-Karabakh, qui avaient d’ailleurs amené les Etats-Unis et plusieurs pays européens à imposer des restrictions aux exportations de matériels de guerre vers l’Azerbaïdjan et l’Arménie.
En retour, l’Etat hébreu n’obtient pas uniquement le paiement de milliards de dollars de factures. Bakou possède bien d’autres ressources à fournir à son allié. En particulier du pétrole. Israël ne publie pas le détail des informations concernant ses approvisionnements énergétiques, mais les experts estiment généralement à 40 % le taux de pétrole désormais importé d’Azerbaïdjan via l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan.
Les deux Etats échangent des renseignements
En outre, l’Azerbaïdjan détient une frontière de plus 600 km avec l’Iran, frontière que, par un accord tacite, les services de renseignements israéliens utilise pour leurs incursions en territoire iranien. C’est ainsi qu’en janvier 2018, des agents du Mossad sont parvenus à voler, dans un entrepôt du sud de Téhéran où elles étaient stockées, une demi-tonne d’archives concernant les recherches nucléaires iraniennes, puis à les exfiltrer via l’Azerbaïdjan.
Souhail Ftouh