Le ministère de l’Education a annoncé ce jeudi 3 mars que le prof. Yossef Shilo, un éminent chercheur de l’université de Tel-Aviv, est le lauréat du Prix d’Israël 2011 en Sciences de la vie.

Le Prof. Shilo reçoit cette distinction pour ses recherches en génétique, notamment sur les gênes responsables de la maladie du cancer (1).
Le professeur Yossef Shiloh, scientifique de l’École Médicale Sackler de l’université de Tel-Aviv, et son équipe se sont penchés sur les réponses générées par l’ADN lorsqu’il est endommagé.

Le mois dernier ce scientifique israélien, a décroché le prestigieux Clowes Memorial Award pour ses recherches sur l’ADN. C’est la première fois qu’un chercheur israélien est distingué par ce prix de l’Association Américaine pour la Recherche contre le Cancer, qui n’a été décerné qu’à quatre chercheurs non américains.

Le docteur Margaret Foti, directeur de l’Association, a exprimé son admiration pour le professeur Shiloh :  » C’est un extraordinaire savant. Ses travaux ont lancé une révolution scientifique et ouvert de nouveaux horizons dans la compréhension du cancer « .

Dans une nouvelle étude, une équipe dirigée par des scientifiques du Dana-Farber Cancer Institute -celui-là même ou collabore le professeur Shiloh – a créé la première molécule capable d’empêcher les gènes du cancer de suivre leur « manuel d’instructions internes », étouffant le processus du cancer à sa racine. L’étude, publiée en ligne par la revue Nature, démontre que les protéines qui arrêtent et déclenchent les commandes d’un gène du cancer pourraient être la cible de futurs traitements contre le cancer.

Dans cette étude, les chercheurs ont identifié une molécule qui a deux effets : en bloquant une protéine spécifique dans les cellules anormales, la molécule les empêche de se diviser en grand nombre et leur fait « oublier » qu’elles sont des cellules cancéreuses pour les transformer en cellules normales. La molécule affecte le mécanisme de la cellule qui contrôle l’activité des gènes, un ensemble de structures formant l’épigénome. De grandes parties de chaque gène jouent un rôle de régulation, dictant si le gène est actif, occupé à l’envoi de commandes pour de nouvelles protéines, ou inactif, ou encore temporairement au repos. L’ADN du gène est entouré par une substance appelée chromatine, qui est l’ardoise sur laquelle les instructions de début ou fin d’activité sont inscrites.

Un autre groupe de protéines épigénétiques, connues sous le nom « d’effaceurs » est capable de supprimer ces signets. Les deux types de protéines avaient déjà pu être désactivés avec succès par les scientifiques, par des molécules développées en laboratoire ou isolées in vivo. Ces molécules suscitent aujourd’hui un vif intérêt dans le développement de thérapies anti-cancer qui agiraient en bloquant ces protéines.

Une troisième variété de protéines épigénétiques, encore plus attrayantes en tant que cibles thérapeutiques, qui activent ou désactivent les gènes en « lisant » les signets, et qui n’avaient pas encore été étudiées, a retenu toute l’attention du professeur Shiloh. L’équipe de de l’École Médicale Sackler de l’université de Tel-Aviv, l’Université d’Oxford en Angleterre, de l’Université de Notre Dame (Indiana) et du Dana-Farber Institute, a pu aboutir à l’ingénierie de modèles animaux sur lesquels la molécule pourrait être testée contre ces tumeurs NMC (NUT midline carcinoma).

Les tests chez l’animal se sont avérés particulièrement encourageants : Les chercheurs ont transplanté des cellules provenant de patients NMC à des souris de laboratoire, qui ont ensuite reçu la molécule en question. Toutes les souris qui l’ont reçue ont survécu, les autres sont mortes. Dans le cas de la NMC, la tumeur a tendance à se développer dans la poitrine, la tête ou le cou, le long de l’axe vertical du corps, avec une forte croissance tumorale et des métastases agressives.

Ftouh Souhail

(1) Source Prof. Yosef Shiloh wins Israel Prize – Israel News, Ynetnews

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