La France a subi une série effroyable d’attentats terroristes islamistes au cours des dernières années.

Nous pourrions nous sentir soulagés que le pays ait échappé à un tel attentat vendredi dernier. Ce ne sera bien sûr pas une consolation pour la famille de l’homme qui a été tué par Nathan C, 22 ans, récemment converti à l’islam, qui a poignardé sa victime alors qu’il défendait sa femme dans la banlieue parisienne de Villejuif.

Elle est en convalescence à l’hôpital, tout comme une autre femme, alors qu’un passant a apparemment sa religion à remercier pour sa survie. Confronté à l’assassin qui était vêtu d’une djellaba et criait “Allah Akbar”, l’homme a plaidé la pitié, soulignant qu’il était musulman. Le terroriste lui a ordonné de réciter une prière en arabe, ce qu’il a fait, et il est parti à la recherche d’autres victimes.

Certains médias ont averti que l’auteur, qui a été abattu par la police et dont le nom de famille n’a pas été révélé, avait des antécédents de maladie mentale. Mais ce qui est sans doute plus pertinent, c’est son apparente adhésion au salafisme ultra-conservateur, l’idéologie qui lie de nombreux terroristes islamistes français.

Le fait que l’agresseur ait apparemment épargné un musulman va faire frissonner le gouvernement français. Les groupes de droite en font déjà grand cas sur les médias sociaux. La stratégie des islamistes en France est de fracturer le pays, en dressant les musulmans contre les non-musulmans et, ce faisant, en attirant la gauche et la droite dans des camps opposés.

Ils n’y sont pas parvenus avec les attentats de 2015 et 2016, au cours desquels ils ont commis des atrocités contre des cibles symboliques telles que l’église (l’assassinat du vieux prêtre alors qu’il prononçait la messe), la République (l’attentat du jour de la Bastille à Nice) et la liberté d’expression (Charlie Hebdo). Parmi leurs victimes, on trouve des musulmans français, qui ont été abattus alors qu’ils appréciaient un repas à Paris ou écrasés par le camion qui s’est arrêté sur la Promenade des Anglais à Nice.

Y a-t-il eu un changement de stratégie ? Les islamistes ont-ils pris conscience que s’ils veulent plonger la France dans une guerre civile, il faut une terreur plus nuancée ? Il ne suffit pas de tuer, il faut aussi créer un climat de peur, de suspicion et d’hostilité entre les non-musulmans et les musulmans.

La stratégie a commencé par le meurtre de quatre policiers en octobre, massacrés avec un couteau manié par un de leurs collègues, un autre converti à l’Islam. L’État islamique était en liesse : si nous pouvons infiltrer le QG de la police à Paris, quelles autres cibles pouvons-nous viser ? Par la suite, il est apparu que ces dernières années, plusieurs policiers et soldats ont été licenciés ou ont déserté en raison de leur allégeance à l’extrémisme islamique.

Et maintenant l’attentat de Villejuif où une distinction capitale a été établie, dans laquelle la religion a sauvé un homme et en a condamné un autre. Depuis de nombreuses années, la classe politique française défend le “vivre ensemble”, l’équivalent gaulois du “multiculturalisme”, mais c’est un anathème pour les islamistes. Ils ne veulent pas que les Français “vivent ensemble”, ils veulent qu’ils se battent entre eux. Il est probable qu’il y aura d’autres attentats d’ici l’élection présidentielle de 2022 où la religion d’une personne pourrait déterminer si elle vit ou meurt.

C’est l’un des deux volets de la stratégie des islamistes pour diviser le pays, ce que les Français appellent les “coupeurs de têtes” ; l’autre est celui des “coupeurs de langues”, par lequel quiconque parle négativement de l’islam est qualifié d’islamophobe.

Dans son excellent livre de 2016 : La Fracture: Chroniques 2015-2016, le politologue Gilles Kepel explique comment les islamistes, avec l’aide des crédules de la gauche française, ont utilisé l’islamophobie pour transformer les musulmans en victimes perpétuelles. Dans la perspective de l’élection de 2017, Kepel a écrit que quelle que soit l’issue, le président serait confronté dans les cinq années qui suivraient à une “crise sociale et culturelle très profonde”, qui nécessiterait une “vision politique” extraordinaire pour éviter une catastrophe.

La France attend toujours cette vision politique, et le temps presse.

Traduit de l’anglais : https://blogs.spectator.co.uk/2020/01/islamists-have-opened-a-terrifying-new-front-in-their-war-with-france/

Pour plus d’information concernant le livre de Gilles Kepel, cliquez l’image suivante:

0 0 voter
Évaluation de l'article