Lors de la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines qui tient sa réunion annuelle à Jérusalem, les discussions et les séances ont fait face à trois questions principales: les soulèvements et les révolutions dans la région, et leurs implications en Israël, aux États-Unis et dans le monde entier, ainsi que la menace iranienne et la campagne mondiale pour la délégitimation d’Israël.
Il est manifeste que le terrorisme n’a pas jamais l’intention de s’étouffer. Au Moyen-Orient, l’ennemi de la paix n’est pas la guerre, mais le terrorisme. Les attentats meurtriers de Bagdad, les combats de rue au Pakistan, la guerre en Afghanistan qui a coûté la vie à des centaines de soldats de la coalition, se sont déroulés dans des pays en guerre contre le terrorisme. Il en est également ainsi en Israël. Jérusalem doit faire front à la menace terroriste, c’est-à-dire à une guerre imprévisible et à une menace permanente de conflit, sur plusieurs fronts.
Aujourd’hui l’inquiétude augmente en Israël sur les rapports disant que la police égyptienne a abandonné la péninsule du Sinaï face à la violence croissante des bédouins, et que le territoire se transforme en un terrain fertile pour le Djihad mondial. Selon les informations qui sont arrivées en Israël, les autorités policières égyptiennes ont abandonné des dizaines de postes de police dans toute la péninsule après avoir été attaqués par des bédouins armés de missiles et de fusils d’assaut. Cette préoccupation est derrière la décision d’Israël, il y a deux semaines, de permettre le déploiement de 800 soldats égyptiens à Charm el-Cheikh et Rafah..
Dans le nord du pays, le Hezbollah a renforcé ses capacités et ses ressources. Il dispose actuellement d’un arsenal de quelque 50.000 roquettes. En vertu de l’état actuel, si la guerre devait éclater, le Hezbollah pourrait lancer entre 500 et 600 roquettes par jour en direction d’Israël. Le Hezbollah qui occupe le sud du Liban et y agit à sa guise a a été pris en flagrant délit de non respect des résolutions de l’ONU.
Selon un responsable du Pentagone cité le 6 décembre 2010 par le New York Times. « Le groupe chiite libanais a 50.000 roquettes et missiles, y compris des Fatah-40, 50 et 110. Il a aussi au moins 10 Scud-D ». Les derniers câbles publiés par WikiLeaks prouvent également que le président syrien Bachar al-Assad est réprimandé pour la fourniture d’armes sophistiquées au groupe terroriste chiite Hezbollah.
Selon des sources de renseignements militaires ont confirmées qu’une trentaine d’officiers du génie des Gardiens de la Révolution auraient pénétré au Sud-Liban sous escorte du Hezbollah à partir de la Syrie. Les militaires iraniens sont postés au plus près des lignes israéliennes en réponse aux exercices de simulation de pénétration au Sud-Liban qu’Israël a effectués la semaine dernière.
La frontière nord d’Israël a été brièvement exposée ce vendredi, 11 février 2011, à d’éventuelles infiltrations, car des voleurs de métaux ont dérobé un câble de télécommunications militaires intégré dans la barrière de sécurité séparant Israël du Liban. Deux Israéliens suspects ont été arrêtés, et le système d’alerte a été aussitôt rétabli.
La possibilité d’une Égypte encore plus islamiste est plus réelle que jamais, et s’avérerait une grave menace pour Israël. Le ministre de la Défense Ehoud Barak interviewé, le 10 février 2011, par la chaîne de télévision ABC a estimé que les Frères musulmans risquent de gagner les élections en Egypte si elles se tiennent d’ici 3 mois, car ce groupe d’opposition proche idéologiquement du Hamas.
Les dirigeants israéliens craignent au plus haut point un scénario « à l’iranienne », aux termes duquel les Frères musulmans s’empareraient du pouvoir au Caire ou exerceraient au moins suffisamment d’influence pour obtenir l’abrogation du traité israélo-égyptien de 1979.
A l’occasion d’une tournée d’inspection du front nord, en compagnie du tout nouveau chef d’état-major, le général Benny Gantz, le ministre de la Défense, Ehoud Barak, a relativisé ce scénario en estimant, qu’en dépit de l’instabilité de la région et des évènements qui ont bouleversé l’Egypte, il n’a pas lieu de craindre une remise en cause du traité de paix par les nouvelles autorités égyptiennes.
Ftouh Souhail
