Le commandant de la marine iranienne, l’amiral Habibollah Sayari, est arrivé cette semaine en Syrie où deux navires de guerre iraniens ont accosté jeudi, pour mener des exercices conjoints avec la marine syrienne.

Ces deux bâtiments sont les premiers navires de guerre iraniens à traverser le canal de Suez depuis la révolution islamique iranienne de 1979.

S’exprimant sur la chaîne d’information américaine CNN le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, est revenu sur le récent passage de deux navires iraniens dans le canal de Suez, pour une opération navale conjointe avec la Syrie. « Je ne suis pas inquiet », a-t-il simplement rassuré.

« Vous savez vos transporteurs d’avions américains passent à travers le canal, nos bateaux missiles et nos sous-marins le traversent aussi. Les Egyptiens n’ont pratiquement aucun moyen d’empêcher les Iraniens de se déplacer s’il s’agit d’une frégate ou d’un vaisseau transportant des officiers », a-t-il expliqué.

Le ministre également estimé que ce passage était une « provocation » évidente, ajoutant qu’elle ne devait toutefois inquiéter personne.

« Mais ils ne font que venir, avec des armes, ils viennent avec des officiers, des officiers de la marine, pour se rendre dans un port syrien comme un moyen de projeter leur pouvoir et leur confiance en eux dans la région. Vous savez nous sommes dans une région turbulente et je ne vois aucune raison de s’inquiéter », a-t-il développé.

Cette semaine n’a pas été marquée seulement par les navires de guerre iraniens venus envahir la méditerranée. L’agence onusienne de contrôle nucléaire, a déclaré vendredi avoir “récemment reçu” une information qui ajoute des inquiétudes sur le développement des armes nucléaires en Iran.

Dans le même temps, le dernier rapport de l’Organisation internationale de l’énergie atomique note que “Téhéran continue à faire obstruction à ses efforts (de l’AIEA) et souligne des expériences possibles avec les composants d’un programme d’armement nucléaire. “

L’annexe au rapport confidentiel appelé “les questions en suspens qui suscitent des inquiétudes sur d’éventuelles dimensions militaires du programme nucléaire de l’Iran” rapporte des travaux de conception sur une charge nucléaire, des expériences avec des explosifs spéciaux et d’autres travaux iraniens qui pourraient être liées aux armes nucléaires.

L’Iran a confirmé samedi qu’il devait décharger le combustible nucléaire du réacteur de Buchehr, son unique centrale nucléaire, laissant entendre que cette centrale de construction russe connaissait de nouveaux problèmes. Ali Asghar Soltanieh, représentant de l’Iran auprès de l’Agence internationale de l’Energie atomique (AIEA), a déclaré à l’agence Isna que des ingénieurs russes qui ont construit la centrale avaient recommandé le déchargement du combustible en vue de tests. Le directeur de la centrale a indiqué pour sa part que le déchargement était effectué pour des raisons de sécurité.

Reza Sajjadi, ambassadeur d’Iran à Moscou, a assuré ce dimanche que le déchargement du combustible nucléaire de la centrale de Bushehr n’avait « rien à voir » avec le virus informatique Stuxnet qui a frappé les ordinateurs.

Les chercheurs nucléaires iraniens ont réussi rapidement à surmonter les pannes causées par le ver informatique Stuxnet, introduit dans son réacteur nucléaire de Natanz, indique le Washington Post le 16 février 2011. Un diplomate occidental a confié au journal que les Iraniens sont parvenus à remplacer rapidement les centrifugeuses touchées et il semble  »qu’ils travaillent dur » pour préserver le rythme de production d’uranium faiblement enrichi.

La course iranienne pour la suprématie régionale est supportée par son programme nucléaire, malgré l’antagonisme et les sanctions internationales Téhéran est sous quatre séries de sanctions de l’ONU pour son refus de cesser l’enrichissement d’uranium.

Ftouh Souhail

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