Lors du premier conseil des ministres de l’après-Ben Ali, le gouvernement tunisien de transition a adopté ce jeudi 20 janvier 2011 un projet de loi d’amnistie générale qui concernera aussi les islamistes du parti interdit Ennahdha, proche de la mouvance d’Oussama ben Laden.
A la sortie du premier conseil de l’après Ben Ali, le message était clair : La loi de l’amnistie englobera le mouvement islamiste tunisien, qui défend l’instauration l’instauration de la Charia (la loi islamique) et le port du voile intégral.
C’est une mesure d’apaisement de la part des nouveaux dirigeants tunisiens qui vont présenter cette loi au Parlement. Tous les membres de ce parti religieux vont bénéficier de cette mesure législative ont annoncé deux ministres.
Le gouvernement tunisien d’union nationale a aussi décidé de reconnaître l’ensemble des mouvements politiques interdits et de décréter une amnistie pour tous les prisonniers politiques, ont annoncé des membres du nouveau cabinet à l’issue d’un conseil des ministres.
« Nous sommes tombés d’accord pour une amnistie générale », a déclaré le ministre de l’Education supérieure, Ahmed Ibrahim, chef d’un parti d’opposition qui a rallié le gouvernement formé après le renversement du président Zine ben Ali.
Plusieurs détenus islamistes, dont certains condamnés à perpétuité, seront libérés à la faveur de cette amnistie générale décidée par ce gouvernement tunisien de transition qui parle désormais d’une volonté d »ouvrir une nouvelle page dont le pays a grandement besoin ».
Parmi les prisonniers qui seront libérés figurent des centaines membres du mouvement islamiste interdit Ennahdha condamnés à de lourdes peines de prison pour « tentative de changement du régime par la violence et appartenance à association non reconnue ».
Beaucoup de ces prisonniers purgeaient des peines d’emprisonnement à perpétuité.
La justice tunisienne a infligé des peines allantes jusqu’à la peine de mort sur des prévenus poursuivis pour appartenance à des mouvements islamistes, et qui ont fourni armes et explosives à des «organisations terroristes».
Le gouvernement provisoire aurait aussi accepté les revendications avancées par les islamistes, notamment le retour au pays du chef d’Ennahdah, Rached Ghannouchi, exilé à Londres depuis 1990.
Selon Ziad Doulatli, un dirigeant du mouvement « Ennahdha » qui est interdit jusqu’ici, la loi sur l’amnistie générale envisage le retour du chef du mouvement islamiste. Les islamistes se dirigent aussi vers la participation et la constitution du nouveau gouvernement.
Les forces de l’ordre tunisiennes vont aussi stopper les coups de filet dans les milieux islamistes. Cela risque de multiplier les risques d’attentats dans le pays. Nous avons toujours en esprits l’attaque contre la synagogue Al Ghriba de Djerba, qui fit 21 morts en avril 2002.
L’avenir dira, très vite, si les problèmes sociaux que traverse la Tunisie ne servent pas de paravent à d’autres actions violentes comme par exemple les attentats sanglants qui seront difficiles à prévoir après la fin de la traque policière. Cela risque, en particulier, de décourager les investisseurs occidentaux à s‘installer dans le pays mais aussi le retour des touristes qui se sentiront en danger .
Enfin il y’a un risque réel de plonger les malheureux juifs tunisiens dans la peur qui très vite s’est installer au point que certains ont commencés à quitter le pays et d’autres envisagent de prévoir des solutions pour se mettre à l’abri des violences aveugles qui se préparent…
Ftouh Souhail, Tunis