Article original de WORTHINGTON PETER, AGENCE QMI
L’une des organisations les plus intéressantes et concernée à la fois par le sort du monde et le sort des gens, est l’organisation UN Watch.
Créée en 1993, c’est une organisation non-gouvernementale basée à Genève avec comme objectif de surveiller l’ONU elle-même.
Ce qui est le plus important est que l’organisation UN Watch utilise la Charte des Nations Unies pour examiner ce qui se passe à l’intérieur de cet organe. En d’autres termes, UN Watch ne fixe pas les normes, l’ONU le fait. UN Watch juge simplement l’ONU en utilisant ses propres critères.
Régi par un conseil international, le représentant canadien est Irwin Cotler, ancien ministre de la Justice et procureur général.
En guise de résumé, l’objectif de la Charte des Nations Unies est la suivante:
1. Pour éviter le «fléau» de la guerre;
2. Pour faire progresser les droits de l’homme et l’égalité de traitement;
3. Pour établir la justice et l’allégeance au droit international;
4. Pour favoriser le progrès social et améliorer la liberté.
Pour atteindre ces objectifs, l’ONU demande la tolérance, la compréhension, l’équité, le progrès social, la pratique de bon voisinage et des intensions pacifiques.
De beaux standards idéalistes. En utilisant ces lignes directrices, UN Watch a gagné beaucoup de respect, mais a accompli peu dans des enfers comme au Darfour et au Congo, ou la Birmanie, ou pour les femmes en Iran, Haïti, le Kirghizistan et ailleurs.
Alors pourquoi, si elle a si peu d’effet, UN Watch poursuit-elle sa mission?
Bonne question. Ce mois-ci son directeur exécutif, Hillel Neuer, s’est adressé au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.
Voici son rapport succinct, sans commentaire, qui me paraît un acte d’accusation si accablant contre l’ONU, qu’il ne nécessite aucun embellissement:
Dans l’article 1 de la Déclaration de Vienne (et le Programme d’action), les Etats réunis ici s’engagent à protéger tous les droits de l’homme. Est-ce que le Conseil est à la hauteur de cette obligation? En mettant l’accent sur la thématique du droit à la vie, prenons comme exemple chacun des 12 derniers mois:
• Juin 2009: Téhéran. Des centaines de milliers de personnes sont réunis pacifiquement pour protester contre une élection contestable. Le gouvernement répond par la brutalité. Des dizaines sont tués, des centaines blessés, des milliers arrêtés.
• Juillet: Chine. Les troupes ouvrent le feu contre des manifestants ouïghours, 200 tués, 1.700 blessés.
• Août: Russie. Deux travailleurs humanitaires ont été tués en Tchétchénie, soupçons sur la complicité du gouvernement.
• Septembre: Yémen. Des avions de combat du gouvernement bombardent un camp de réfugiés, tuant 80 personnes. La réponse de ce conseil? Silence.
• Octobre: Irak. Une attaque terroriste contre une mosquée, tuant l’Imam et 14 autres personnes.
• Novembre: Philippines. Massacre de 57 militants de l’opposition.
• Décembre: Iran. Les protestations renouvelées sont réprimées avec des balles, des coups, des arrestations et 10 tués.
• Janvier: Pakistan. En 42 attaques, 182 civils tués. Réponse du Conseil? Silence.
• Février: Afghanistan. Une attaque des talibans tue 18 civils et en blesse 32, y compris les médecins.
• Mars: Nigeria. Cinq cents chrétiens abattus dans des meurtres religieux.
• Avril: Kirghizistan. Les troupes ouvrent le feu sur des manifestants, 84 tués.
• Mai: la Libye exécute 18 étrangers, sans procès.
« M. le Président, face a ces actes et a d’autres violations flagrantes de la Déclaration de Vienne, quelle a été la réponse permanente de ce Conseil? Le silence. Aucune résolution, aucune session d’urgence; aucune enquête. Rien. »
« Et pourtant … quand Israël s’est défendu contre les jihadistes violents de la flottille dite soit disant humanitaire, nous avons assisté à une autre norme – un double-standard. »
« Soudain, le Conseil est entré en action avec un débat en urgence, une résolution condamnant Israël, et encore une autre enquête, où le verdict de culpabilité a été déclaré à l’avance. Pendant ce temps, dans cette session, pas une seule résolution n’a été adoptée pour 191 d’autres pays. »
« Est-ce que le droit à la vie, comme le garanti la Déclaration de Vienne, a été protégé? Non – bien au contraire. Et des millions de victimes en paient le prix. «
Video de l’intervention de UN Watch:
Article original en anglais: Toronto Sun