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Adam Ozkose, un journaliste turc (en photo) récemment libéré d’une prison syrienne et qui avait précédemment séjourné dans une prison israélienne pour participation à la flottille pour Gaza a indiqué que comparées à leurs homologues de Syrie, « les prisons israéliennes sont des hôtels 5 étoiles ».

Ozkose a rapporté des témoignages et récits des prisons syriennes, notamment dans la prison centrale de Damas, plus connue sous le nom de prison de Aadra, du nom du quartier où elle est située.

Il affirme que les conditions de détention sont horribles. : « Je suis resté suspendu six jours ». La suspension est un procédé de torture (dit « le spectre ») qui consiste à attacher les mains levées du détenu qui se tient debout sur la pointe des pieds de sorte que tout le poids de son corps se trouve concentré dans ses mains.

A part, « le spectre », Ozkose rapporte qu’il y a d’autres procédés de torture dont la matraque électrique que la plupart des Syriens connaissent désormais. Il y a également « l’armoire », procédé qui vient en tête de la liste des supplices qu’un prisonnier syrien peut subir dans un commissariat et auquel peut succéder « le tapis volant ». Il s’agit d’une planche qu’on attache au corps du détenu allongé par terre. Cette planche étant pliable au niveau du bassin du détenu, on la plie tout en le fouettant partout. Trop pliée, la planche peut entraîner une fracture de la colonne vertébrale.

Cette torture est accompagnée d’un flot d’insultes et d’injures visant la moralité et la dignité humaine du détenu, sans parler des menaces qui ne cessent de pleuvoir sur lui. Lors de l’interrogatoire, dans les salles de torture, les prisonniers sont l’objet des violences physiques et psychologiques et du racket.

Selin Ozkose, la souffrance des détenus ne se limite pas aux violences subies dans les commissariats ou dans les bureaux d’interrogatoires, elle concerne aussi les charges retenues contre eux. Bien que la cour de sûreté de l’Etat ait été dissoute, les chefs d’accusation portés contre les opposants n’ont pas changé et ils les mènent devant les juridictions civiles ou militaires. Il s’agit de charges comme : atteinte au sentiment national, atteinte à la dignité de l’Etat, troubles des structures de l’Etat, divulgation de fausses nouvelles, incitation à la haine confessionnelle, appartenance à une association non reconnue et autres charges pouvant aller jusqu’à la rébellion et le terrorisme (1).

Le journaliste turc précise que de nombreux prisonniers ont passé plus d’une année sans passer devant un juge. Les avocats et les militants des droits de l’Homme soutiennent qu’il existe aujourd’hui près de 17,000 cas de disparition pendant la révolution. La police a maintes fois procédé à l’enlèvement de personnes dont on ne sait pas encore ce qu’elles sont devenues.

Le pays qui saigne depuis 18 mois a mis sous les verrous beaucoup de ses enfants et les fait croupir dans les geôles où même les noms de ces détenus pour les besoins de l’enquête finissent par être oubliés. Néanmoins les détenus se sentent reconnaissants envers leur révolution qui a mis fin à l’état de siège le plus long qu’ait connu l’humanité : près de 50 ans !(2).

Ozkose a rapporté qu’il manque d’hygiène, surpopulation dans les dortoirs, sans parler des carences en soins médicaux, des maladies et infections des voies respiratoires et autres problèmes cutanés affectant un grand nombre d’entre eux. Ce qu’il n’a pas pu voir, ni constater le journaliste turc de ses propres yeux est sans doute pire encore.

Ce journaliste récemment libéré d’une prison syrienne et qui avait précédemment séjourné dans une prison israélienne pour participation à la flottille pour Gaza a indiqué que comparées à leurs homologues de Syrie, « les prisons israéliennes sont des hôtels 5 étoiles »

En fait Israël applique , dans le cadre des conventions sur les prisonniers, les mêmes règles internationales qui régissent la vie carcérale. Les conditions d’incarcération des prisonniers palestiniens sont de loin les plus confortables dans le monde. Les familles, avocats et médecins peuvent venir en permanence ou presque.

Pourtant ils étaient un peu plus de 1.600 à avoir entamé, il y a quelques semaines, une grève de la faim. Les prisonniers palestiniens, coutumiers du fait, aiment attirer les regards sur eux et cela semble fonctionner. Avec cette 7ème grève de la faim majeure en trois ans, ils ont fait beaucoup de bruit pour que leurs voix fait le tour du monde !

Mais au fait, pourquoi faisaient-ils la grève, ces prisonniers palestiniens ?

Figurez-vous qu’ils ne doivent pas être si malheureux que cela dans les prisons israéliennes, surtout si l’on prend qu’ils ont pleinement accès à l’éducation et aux bibliothèques. Il est bon de rappeler qu’ils ont le droit d’étudier dans les universités israéliennes (dont la réputation n’est plus à démonter), aux frais des israéliens bien sûr. Et quand je pense aux frais universitaires que des jeunes israéliens payent pour leurs études à la fac, ça me révolte !

Les prisonniers sécuritaires palestiniens – qui jouissent actuellement de nombreux avantages se plaignent de ne pas pouvoir posséder un téléphone cellulaire dans la cellule. Parmi les autres griefs il y a le fait que le nombre de chaînes arabophones du bouquet satellite a diminué au cours des mois précédents (il y en a déjà une bonne trentaine!).

S’ils n’étaient pas des criminels, la meilleure punition serait de les libérer des hôtels 5 étoiles et qu’ils aillent crever chez eux. Tous ces voyous devraient être trop heureux d’être hébergés dans les prisons israéliennes où ils sont mieux traités que par leurs propres dirigeants.

Alors que dans les pays arabes voisins, ils n’y’a aucun respect pour le droit humanitaire (travaux forcés ou peine de mort sont courants), la seule démocratie du Moyen-Orient offre des avantages pour les détenus palestiniens. L’administration carcérale porte à sa charge : dentifrice, brosses à dent, savon, produits l’hygiène et lessive, etc…

Les prisonniers ont plus le droit à “un jour de copulation” (jour ou les femmes sont théoriquement acceptée dans la prison pour assouvir les désirs de leurs maris).

Ftouh Souhail

(1) De nombreux prisonniers affirment que les charges qui pèsent contre eux n’ont aucun fondement, qu’elles ne sont que des mesures sécuritaires s’appuyant sur des aveux extorqués sous la torture ou sur des délations mal intentionnées.

(2) L’état de siège aura été le corollaire du parti Baath au pouvoir depuis 1963. Avant la levée de l’état de siège, la garde à vue n’était pas limitée à deux mois. Les autorités pouvaient maintenir un citoyen en détention indéfiniment, en renouvelant la garde à vue tous les six mois

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