La 13e Foire aux vins d’Israël a ouvert ses portes ce mercredi 6 octobre 2010 au Musée d’Israël à Ramat Aviv, sous le signe du succès des grandes caves israéliennes dans des compétitions internationales. La foire durera 2 jours et accueillera des dizaines de grandes caves mais aussi des plus petites entreprises, voire des caves familiales.

Plusieurs producteurs israéliens de vin présenteront leur vin aux visiteurs qui pourront profiter aussi des spectacles musicaux et de la gastronomie israélienne. Parmi les producteurs du vin qui participent cette année on trouvera Dalton, Binyamina, Recanati, Ramat Hagolan, Tishbi, Harei Galil, et bien d’autres.

En tête de liste : des vins provenant des vignobles du Yatir, des plateaux du Golan, du kibboutz Tzora, du domaine du Castel et du Carmel. Et encore beaucoup d’autres à découvrir, pour les amateurs.

Le vignoble israélien couvre seulement 4?500 ha pour une production annuelle de 33 millions de bouteilles qui représentent un chiffre d’affaires de 160 millions USD. Des 200 exploitations viticoles que compte le pays, les 5 plus importantes (qui produisent plus d’un million de bouteilles par an), Barkan-Segal, Binyamina, Carmel, Golan, Golan Heights et Teperberg 1870, assurent 85 % de la production du pays.

A côté de quelques structures de taille moyenne, on a vu éclore des dizaines de caves “boutiques” exclusivement orientées vers des vins de très haute qualité qui se sont développés dans tout le pays, surtout en altitude, dans des zones plus fraîches qui jouissent également d’une grande amplitude thermique. Ici, le facteur limitant n’est pas le sol, mais l’eau indispensable pour l’irrigation au goutte à goutte.

La qualité du vin israélien ne cesse de surprendre. L’excellence de plusieurs domaines israéliens a été démontrée au siège de l’OIV (Organisation international de la Vigne et du Vin), en janvier 2010 à Paris au siège de l’OIV où s’étaient réunis une vingtaine de producteurs.

Israël cherche une destinée internationale pour sa production vinicole, dont la révolution technologique s’est enclenchée il y a moins de 5 ans. On hésite à parler d’un vignoble du Nouveau Monde pour des vins dont l’histoire est gravée dans les textes bibliques, et attire l’attention à la fois des historiens et des connaisseurs éclairés comme Robert Parker, Hugh Johnson ou Oz Clarke qui le comparent à une étoile filante dans le monde du vin.

En réalité, la modernisation de l’industrie viticole a débuté à la fin des années 90 sous l’influence de l’expertise française, et plus particulièrement au milieu du siècle dernier grâce à la générosité du Baron Edmond de Rothschild, copropriétaire des domaines Baron de Rothschild dont le château Lafite 1er cru classé à Pauillac.

Le vin israélien était évidemment très bien vendu à travers le monde dans les communautés juives, et le challenge est actuellement de le faire apprécier plus pour sa qualité intrinsèque que pour sa classification en vin kasher (1).

Pour ce qui est des vins non kasher, les chiffres record sont enregistrés pendant la période de Pessah (la Pâque) ainsi que pendant la période qui précède Rosh Hashana (le Nouvel an juif) : les ventes explosent littéralement avec une hausse de plus de 40%.

Il faut dire que la qualité du vin israélien ne cesse de surprendre. L’année dernière, un critique américain reconnu, Robert Parker, récompensa de plus de « 90 points » quatorze vins israéliens, les classant à l’échelle mondiale comme des vins de caractères exceptionnels.

Tal Pelter est l’exemple typique de la nouvelle génération d’entrepreneurs en Israël. Issu d’une famille d’agriculteurs, il part en Australie où il obtient son diplôme d’œnologue à Perth et y reste trois ans de plus pour se faire la main auprès de producteurs locaux. De retour au pays en 2005, il déniche en altitude, dans un coin du Golan, un site sec et frais, idéal pour planter avec l’aide de sa famille son vignoble et développer sa “boutique Winey”.

Aujourd’hui, il produit 80?000 bouteilles à partir de shiraz, cabernet sauvignon, cabernet franc et sauvignon récoltés dans le Golan, près de Jérusalem, et en Galilée.

Ftouh Souhail, Tunis

(1)Qu’est-ce qu’un vin kasher? Un vin est considéré kasher s’il a été élaboré conformément aux prescriptions rituelles du culte hébraïque en respectant scrupuleusement les lois de la kasherout, le code des prescriptions alimentaires du judaïsme. Les vins kasher sont élaborés comme les autres vins, mais avec des précautions supplémentaires. Tout le matériel est nettoyé méticuleusement par jets de vapeur — pompes, cuves, tuyauteries, pressoirs, matériel de mise en bouteille, etc. — afin d’éliminer toute “impureté”. Aucun additif non-kasher ne peut être utilisé. Seuls les délégués rabbiniques ou Shomrim sont aptes à effectuer, sous la responsabilité du viticulteur, les diverses opérations de vinification — pressurage, tirage, filtrage, échantillonnage, collage, ouverture et fermeture des cuves, etc. —, jusqu’à la mise en bouteille. Une fois les bouteilles bouchées, un “sceau rabbinique” est apposé sur la capsule et sur l’étiquette garantissant la certification kasher. Tous les vins israéliens ne sont pas kasher, mais la majorité des caves commercialisent au moins une partie de leur production kasher.

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