Aujourd’hui, le 30 novembre 2015, Jérusalem commémore pour la seconde fois de l’exode forcé des Juifs des pays arabes pour rendre justice à ces réfugiés qui ont été contraints de tout abandonner et n’ont jamais été reconnus comme réfugiés par la communauté internationale.
Le Comité ministériel de la Knesset a approuvé cette date comme date officielle dans le calendrier national israélien pour commémorer les réfugiés juifs des pays arabes.
La Knesset a voté le 23 juin 2014, cette initiative qui a introduit la journée du 30 novembre de chaque année comme une journée du commémorative en l’honneur des réfugiés juifs des pays arabes qui ont souffert de la persécution dans les années 40 du siècle dernier.
Le 30 Novembre de chaque année est donc le jour officiel pour commémorer les milliers de Juifs qui ont été chassés des pays arabes ou qui ont dû les fuir.
Pourquoi le 30 Novembre ? Parce que c’est le 30 novembre 1947 que l’ONU a voté la résolution 181, c’est le début officiel de l’Etat Juif mais c’est aussi le début du calvaire pour les juifs qui vivaient dans les pays arabes.
Sur un million au total, environ 850 000 Juifs des pays arabes et musulmans (principalement la Libye, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Iran, la Syrie, l’Irak, le Liban, le Yémen et l’Egypte) ont émigré contraints ou par choix au XXE siècle, et particulièrement au lendemain de la création de l’Etat d’Israël en 1948 et l’indépendance de nombreux pays arabes du joug colonial.
Notons que la Knesset a créé un comité charger de demander auprès de l’ONU des indemnisations pour les juifs expulsés, cela n’est pas du gout de tout le monde mais ce n’est que justice pour ces milliers de familles juives qui sont parties sans rien laissant leur biens aux pillards et autres voleurs musulmans…
Selon le professeur canadien d’origine marocaine David Bensoussan le problème des réfugiés juifs des pays arabes n’a jamais été à l’ordre du jour des institutions internationales. Alors que les réfugiés palestiniens font la manchette, le sort des réfugiés juifs des pays arabes laisse indifférent l’opinion internationale.

Une campagne pour la reconnaissance des revendications des réfugiés juifs a pris de l’ampleur ces dernières années, en partie en réponse aux demandes des réfugiés palestiniens à retourner à Israël.
En 2012, le ministère israélien des Affaires étrangères a lancé une campagne internationale intitulée « Je suis un réfugié » afin de faire connaître l’histoire des 850.000 Juifs forcés selon l’Etat hébreu de quitter les pays arabes et l’Iran depuis la création d’Israël en 1948
Une ONG basée à San Francisco, la JIMENA (Juifs indigènes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord) qui œuvre pour la reconnaissance du sort des Juifs contraints de fuir les pays musulmans suite à la création de l’État d’Israël, avait lancé un site internet en anglais et en arabe pour raconter l’histoire de ces Juifs réfugiés de neuf pays musulmans, y compris de Turquie et d’Iran.
Le site relate l’histoire unique de chaque pays à l’aide de vidéos, de photos et de récits écrits et comprend aussi des témoignages de l’histoire orale de ces Juifs qui ont fui vers l’Amérique du Nord. Ce site s’inscrit dans le cadre de l’intensification des initiatives des organisations juives mondiales, y compris du gouvernement israélien, pour obtenir que les 850 000 Juifs expulsés des pays arabes soient reconnus comme des réfugiés.
Selon plusieurs organisations juives, au-delà du préjudice moral subi par ces réfugiés juifs, les pays arabes leur sont redevables de plus de 7 milliards de dollars pour la valeur de biens perdus.
Le Canada a officiellement reconnu le statut des réfugiés juifs des pays arabes. En mars 2014 Ottawa avait accepté un rapport déposé en 2013 qui appelait le gouvernement fédéral à «reconnaître officiellement l’expérience des réfugiés juifs qui ont dû quitter les Etats du Moyen-Orient et l’Afrique du Nord après 1948. »
Souhail Ftouh
