Les Arabes israéliens ont commémoré ce jeudi les émeutes d’octobre 2000 lorsque tréze émeutiers Palestiniens de l’intérieur sont tués.

Lors du soulèvement d’octobre 2000, la police israélienne avait fait face à une vague de violence orchestrée par les Palestiniens de 48 qui manifestaient en soutien à l’Intifada.

Le 28 septembre 2000 à la suite de la visite d’Ariel Sharon sur le Mont du Temple à Jérusalem, les arabes israliens ont voulu manifester par la violence leur réprobation en protestant vivement contre ce qu’ils considéraient comme une provocation.

Suite à ces événements qui allaient entraîner une seconde Intifada, y a eu aussitôt un appel à la grève générale et à des manifestations en signe de solidarité avec les Palestiniens des territoires disputés. Ce mouvement qui a démarré quelques jours plus tard, début octobre, a été très suivi car la mobilisation fut particulièrement forte. Dans plusieurs villes, il y a eu des heurts violents avec la police. Celle-ci a tenté d’éviter les débordements d’une foule hostile. Mais les réactions des arabes d’Israël furent démésurées.

Les forces de l’ordre avaient reçu des instructions précises les autorisant à faire usage de leurs armes en cas de besoin. D’ailleurs le gouvernement (celui d’Ehoud Barak en l’occurrence, avec Shlomo Ben Ami comme ministre de la Police) a avertit de la nécessité de l’arrêt de incitation à la violence, planifié par le chef du Mouvement Islamiste proche du Hamas, Raed Salah. Des dizaines de policiers ont été blessés par des émeutiers palestiniens au cours d’affrontements dans les quartiers de Jérusalem-Est Issawiya, Ras el-Amud et Sur Baher.

Le rapport de la commission Our a estimé que les événements sanglants d’octobre 2000 sont le résultat tragique d’événements qui se sont déroulés en plusieurs endroits à plusieurs jours d’intervalle.

Après ce drame les autorités israéliennes ont pris des initiatives pour tenter d’apaiser la communauté palestinienne afin de la soulager de ce traumatisme qui risquait de déstabiliser aussi, par réaction, l’ensemble de la société israélienne.

Le mot d’ordre de « calmer les esprits » ayant été donné, il est appliqué de manière singulièrement différente par les deux parties : les leaders musulmans continuent à inciter à la haine contre Israël, accusant toujours les Juifs de mener « un pogrom organisés contre la population palestinienne » et du côté israélien la politique israélienne semble guidée par la prudence, a œuvré pour renforcer le sentiment qu’elle est au service de tous les citoyens.

Des Israéliens juifs sont allés dans les municipalités les plus touchées par ces violences pour affirmer leur solidarité, rencontrer les victimes et dire l’importance qu’ils accordaient au maintien de bonnes relations de voisinage entre les communautés. Pour aller plus loin dans cette volonté d’affirmer l’importance de la convivialité sociale entre Juifs et Arabes, des familles juives ont invité leurs voisins arabes sur le balcon où l’on aménage symboliquement une tente à l’occasion de la fête de la Soukot.

Malgré ces gestes forts, ce malaise est resté fort meme aprés dix ans de ces incidents (1). Depuis quelques temps, les Arabes d’Israël se montrent deja de plus en plus agressifs vis-à-vis des autorités et la tension a monté d’un cran lorsque le gouvernement a décidé d’inclure le Tombeau de Rachel et le Caveau des Patriarches dans la liste des sites appartenant au Patrimoine national d’Israël.

L’inauguration , en mars dernier, de la synagogue antique de la Hourva, dans la Vieille Ville de Jérusalem, qui a été totalement rénovée, a donné l’occasion d’une nouvelle flambée de violence et la police, avertie des intentions des Arabes du quartier.

Cette semaine, les esprits se sont enflammés dans le village de Silwan à Jérusalem-est : des dizaines de Palestiniens ont jetté des pierres sur les forces de police intervenues après la mort d’un Palestinien abattu par un vigile qui ripostait à des jets de pierres sur son véhicule.

Ce Mercredi 22 septembre, un palestinien aurait été tué dans des heurts avec des habitants juifs à Jérusalem-est. Un vigile aurait mortellement touché cet habitant du village de Silwan à l’est de la capitale. Il affirme avoir riposté par des tirs après avoir été agressé alors qu’il était à bord de son véhicule. Des dizaines de Palestiniens se sont rassemblés sur place et ils ont affronté les forces de l’ordre. Cagoulés, ils ont jeté des cocktails Molotov contre les forces israéliennes.

Dix Palestiniens, qui ont participé aux émeutes dans la partie orientale de Jérusalem, ont été arrêtés par la police.

Des heurts opposaient encore ce jeudi, en début de soirée, des jeunes Palestiniens à des policiers israéliens dans le quartier arabe d’Issaouia à Jérusalem-Est. Les émeutes se sont aussi propagées sur sur le Mont du Temple. La police israélienne a annoncé avoir pénétré sur ce qui est connu comme l’esplanade des Mosquées « à la suite de jets de pierres » sur des pélerins juifs.

D’autre part les pompiers de Jérusalem ont annoncé avoir éteint un véhicule de police qui a été incendié près de la Vieille Ville.

Les forces de Tsahal ont arrêté, cette nuit, sept Palestiniens recherchés par les services de sécurité dans la région de Shehem (Naplouse) et 5 autres à Bethléem. En outre Tsahal a bouclé depuis mardi soir à minuit la Judée-Samarie en vue des fêtes de Souccot (fête des Cabanes). Le bouclage restera en vigueur jusqu’à ce vendredi soir , après les fêtes de Simhat Torah.

Ftouh Souhail, Tunis

(1) Rien d’étonnant dans ces conditions que ces événements aient alors beaucoup pesé au moment des élections décisives de février 2001 où il fallait choisir entre deux candidats : Ehoud Barak et Ariel Sharon. En général le pourcentage de leur participation électorale est de l’ordre de 70 %. Et là il est tombé à 18 %.

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