Face aux nombreuses critiques suscitées par les propos tenus par Avigdor Lieberman à l’ONU, ce dernier s’est estimé soutenu par « la majorité du peuple ».

Le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, interviewé ce jeudi 30 septembre 2010 sur les ondes de Kol Israël, a estimé que tant qu’il n’y avait pas de percée dans les pourparlers de paix avec les Palestiniens, rien ne l’empêchait de présenter ses positions tel qu’il l’a fait à l’Assemblée générale de l’Onu.

Il a aussi ajouté que la semaine dernière le ministre de la Défense Ehoud Barak a appelé à partager Jérusalem sans que cela ne suscite aucune protestation, alors que ces propos ne sont ni conformes avec la position du gouvernement ni avec ses principes directeurs.

A contrario, a-t-il estimé, ses positions à lui sont claires, constantes et connues de tous et ne sont pas en opposition avec les principes directeurs du gouvernement, même si elles ne les reflètent pas forcément…

Hier le ministre de la Défense israélien Ehoud Barak avait estimé que la manière dont Avigdor Lieberman, ministre des Affaires étrangères, s’était exprimée à l’ONU, n’était pas « appropriée ».

Le ministre travailliste Binyamin Ben-Eliezer a aussi considéré que le discours prononcé par Avidgor Lieberman à l’ONU avait « placé des mines sur le chemin du processus de paix du Premier ministre Netanyahou ».

Avigdor Liebermann, chef de la diplomatie israélienne subit, de plus en plus fortement, des pressions au sein du gouvernement. Mais l’opinion publique ne lui est pas favorable car elle défend le fait de ne plus valser sur le refrain bien connu des concessions unilatérales. La gauche  » bobo « , en Israel tire à boulets rouges sur Lieberman et son parti, systématiquement qualifiés d’  » extrême droite « .

Libermann a le mérite de poser les bonnes questions absentes depuis trop longtemps du débat en Israël et principalement : peut on encore faire des au principe le principe de  »terres contre la paix » ?

Pour Libermann et la majorité du peuple israélien, les accords d’Oslo ont conduit à un échec, pire à un terrorisme sanguinaire. Le retrait du Liban a conduit au Hezbollah, le retrait de Gaza a conduit au Hamas.

Le pays au seuil maintenant de nouvelles demandes qui pèsent sur lui.
En septembre 2005, Israël a démantelé 25 implantations juives dans la bande de Gaza et en Judée Smarie. Afin de faire progresser la coexistence israélo-palestinienne, de renforcer les modérés et d’isoler les extrémistes, Gaza est donc devenue judenrein «pure de Juifs», d’après la terminologie des génocidaires nazis.

Mais ces attentes ont été déçues. Le démantèlement des implantations et l’expulsion des citoyens israéliens des localités de la bande de Gaza a été perçu par les palestiniens comme une preuve de faiblesse de la part d’Ariel Sharon, le symbole par excellence de l’opiniâtreté israélienne.

A l’évidence, le désengagement unilatéral de la bande de Gaza, de 21 implantations et 9000 résidents ne comptent pour rien. La direction terroriste et la rue palestinienne ont refusé d’accepter un Etat juif au cours des huit années écoulées.

Le but des palestiniens est de créer à terme une entité arabe se substituant à Israël et englobant plusieurs états de la région. Il suffit pour s’en convaincre de lire les diverses déclarations de leurs dirigeants et, mieux, de dirigeants arabes qui leur sont favorables.

En plus , Mahmoud Abbas s’exprime en ce momment comme s’il était investi d’un pouvoir de représentation de la population palestinienne et comme s’il pouvait parler en son nom.

Or, faute d’unité nationale palestinienne, il ne peut prendre des décisions qui l’engagent. Le Hamas de la bande de Gaza le lui a encore rappelé il y’a une semaine lorsqu’il a contesté s légitimiyé de négocier avec les israéliens. La communauté internationale est également paralysée par cette absence d’unité nationale palestinienne, dans la gestion du conflit.

Le gouvernement israélien craint aussi que les pourparlers ne se terminent par un échec à un stade précoce. Le Premier ministre israélien a déclaré hier à l’émissaire américain pour le Proche Orient que son « gouvernement est engagé pour la paix » et qu’il veut la poursuite des négociations avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas.

Ftouh Souhail, Tunis

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